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vendredi 12 juillet 2013

1000 et 5

Ceci est la millième entrée de ce blog!
Pis ça correspond incidemment aux 5 ans de ce blog !
Quand même. Je ne suis pas fana des anniv, mais je suis surpris.
Pour le coup je fais une entrée anecdotique mais, gloire à narcisse, auto centrée. Puisque j'ai de temps en temps des demandes : oui les infos sur la disponibilités des 3 magazines que j'ai commis, sont( relativement) à jour, . Entre 10 et 20 exemplaires de chaque titre
Vu ce faible nombre je ne fais plus aucune pub d'aucune sorte (sans compter que j'aime bien l'idée d'en avoir un peu de chaque chez moi) mais c'était l'occasion
Rappel des couv superbes et tout exprès juste pour mes mags 
 
 
Même Spidey vous les conseille (merci Bret Blevins)
 

Sinon, je l'ai dis à plusieurs reprises mais l'intérêt majeur, pour moi, de tenir ce blog réside dans l'échange et les commentaires. Donc...commentez!! Je sais que certains ont dit ne "pas oser" mais c'est dommage. Tout commentaire apporte quelque chose. Ce n'est pas parce que, et j'en suis ravi, des dessinateurs viennent régulièrement lire et commenter (merci aux Laurents, Franck, Thierry, Hervé...) que les non pro ne doivent pas le faire. Ne soyez pas timides

Reprenons maintenant le cours de nos programmes, merci de votre attention

mercredi 10 juillet 2013

Sean vampirisé, et plus

J'ai déjà parlé de cet excellent dessinateur qu'est Sean Murphy. Il me manquait Hellblazer (que je vais commander) et cet opus de American Vampire. Je ne suis pas familier de la série mais ce tome se tient seul et il est très agréable à lire (dans le genre)
Murphy est très bon, bien aidé par l'un des meilleurs coloristes us, Dave-don't call me Eurythmics-Stewart
En n et b c'est top

Et la couleur pour le coup ne gâche rien

Je ne sais plus où j'ai vu ce tout petit making of : belle intégration de réf photos
Petits bonheurs de grands auteurs qui s'admirent : Tony Larivière (cliquez sur son nom, ne serait ce déjà que pour admirer l'affiche du festival à venir d'Andenne, par Pierre Alary) a montré il y a déjà quelques temps des crobards de l'excellentissime Denis Bodart
Mister Bodart rend un hommage extra aux perso de cet album



Restons pour finir sur Denis Bodart qui a eu la très grande gentillesse de bien vouloir réaliser un Photonik pour l'intégrale à venir de ce perso de Ciro Tota. Je tâche, dans la mesure du possible, de ne rien montrer sur le net de ces hommages qui arrivent, pour garder le plus de "surprise" possible à l'album, mais comme il est visible sur différents endroits du net...
un pitit bout du crayonné
Et un bout, à peine plus grand, de l'encrage réalisé par son ami et dessinateur lui même Mauricet

lundi 8 juillet 2013

Junior, mais pas John

Mike Deotao Jr! En voilà un, d'artiste de comics, qui revient de (très) loin, et dont l'évolution est digne d'être observée, indépendamment du goût que l'on peut avoir, ou pas, pour son style
Je trace là les grandes lignes. Ce brésilien d'origine s'est très rapidement fait remarquer, surtout par sa capacité à tenir les délais, quels qu'ils soient. Un peu le Coletta du dessin donc
Maintenant si on parle technique, il était dans l'air du temps, c'est à dire...mauvais
Ce n'est pas de la pure médisance, regardez
Dans les années 80/90, en pleine soupe artistique, DC et Marvel, ne pouvaient que sauter sur un gars au trait à la mode(Image/Lee/Liefeld...) et aussi fiable
Ca restait horrible, tant sur Wonder Woman...
que sur Thor
Il fut dessinateur de l'un des pires titres Marvel ("scénarisé" par le pourtant génial, ailleurs, Milligan) :


Puis il réalisa que ça ne pouvait pas durer et qu'il pouvait choisir entre qualité et quantité
Les premiers pas de son nouveau style, bien plus photoréalsite, datent de Spider-Man (avec JMS au scénar) Dommage qu'il ait tant calqué le physique de Peter sur Jason Prietsley. A part ça l'amélioration était flagrante

Son style fit alors penser à un Greg Land (on y reviendra) qui aurait appris à dessiner, en jetant à oeil à ce que faisait Chris Samnee
Plus beau avec un peu de lavis
La révélation arriva sur Hulk, perso fait pour Déodato jr et son nouveau style
Le gars explose et se révèle aussi très bon en compo
Son style est très photoréaliste mais passe encore bien pour du dessin. Par contre quand le coloriste en fait des caisses ça fait chargé
Tout seul aux commandes il gère bien le bougre
Même en "simple" crayonné il a une bonne pêche
Son réalisme photographique est clairement d'influence Neal Adams, et ne dirait-on pas que sur ce Conan il lui rend hommage?


Parlons technique
Deodato Jr, qui a réussi l'exploit de dynamiser des script de BM Bendis, a depuis pas mal de temps abandonné le papier/crayon, pour le tout digital

Sa technique, partiellement inspirée de modèles peut faire penser à Greg Land. sauf que là où ce dernier copie les photos trait pour trait, Dedo' jr sait s'en détacher. Peu parfois, comme ici
Mais il se révèle en réalité "vrai" dessinateur qui ne se sert de modèles (lui même en l’occurrence) que comme références intégrées (ce qui s'est toujours fait)
Il sait aussi ne pas prendre de modèle
Je termine sur de l'atypique: Il a une facette cartoony, à l'opposée de son approche traditionnelle bien noire. Sympathiques petits strips de famille
Mon préféré

vendredi 5 juillet 2013

Derrière la porte ouverte : la page d'un géant

Les analyses de l’œuvre de Will Eisner par d’autres, et par lui-même, sont légion. Je n’apporte rien ici, si ce n’est une tartine d’avis perso que je voulais « coucher par écrit ». Et encore ne me penche je que sur une seule page. Vous évitez le pire. Passez néanmoins votre chemin si vous voulez plein de visuels, je reviens bientôt avec moins de texte, je le jure.
A mon sens Eisner est le storyteller/narrateur ultime. Il a créé  les bases d’une grande partie du langage BD actuel, l’a développé et en a donné sa propre définition. Certains dessinateurs sont partis de ça, d’autres s’en sont éloignés. Il n’y a pas de bons ou de mauvais dans ces choix qui ne sont que ça, des choix. 
La page, représentative, que je mets là (presque) au hasard synthétise tout ce que j’aime chez cet artiste et qui fait la spécificité de ce mode d’expression.
 Eisner traite la page en « métacase » (expression de son invention). C’est alors un contenant intégrant le contenu en formant un tout narratif spécifique à la BD (essayez donc de transposer ce découpage au cinéma). Cette page/métacase se suffit à elle même tout en n’ayant qu’un but : faire avancer l’histoire.
Nous sommes à l’opposé d’une mode actuelle consistant à traiter les comics (plus que la BD franco-belge) comme un storyboard destiné à vendre ce dernier à Hollywood.
Le lettrage a droit à une attention particulière, qu’il s’agisse des bulles (qu’Eisner plaçait et encrait en premier) et du texte, ou du titre ici manuellement parfaitement intégré à la page. Car le souci est : que voit/lit le lecteur en premier ? Le texte ou le dessin ?  Eternel débat de la poule et de l’œuf. Sans réponse nette Eisner traitait les deux avec autant d’attention. Ici l’œil du lecteur embrasse la page dans son ensemble, constatant sa construction générale et repérant des zones de textes. Il voit le titre puis glisse à droite sur la bulle qui l’amène, avec l’aide de la porte ouverte,  vers le second texte. Il poursuit sa course sur le texte « dans la poubelle » qui le conduit enfin au récitatif de bas de page.
Le dessin suit la même logique dès la porte ouverte qui sert de case et nous entraine sur un glissement gauche/lit, droite/poubelle, bas de page.
Le père ouvre la porte et parle en regardant vers la droite alors que le gamin est caché sur la gauche. Normal puisqu’il est caché. Et cohérent narrativement puisque la bulle puis la porte et le père nous guident inconsciemment vers la gauche et la cachette sous le lit. Le texte dans la poubelle sert de séparation/ellipse entre la scène sous le lit et celle qui arrive. Ce gamin blotti sous un porche semble d’ailleurs étonnamment dans l’axe du regard du père de la « case »1 alors que ce n’est que la case 3 ?! Pas grave puisque ça marche aussi : passer visuellement de la case 1 à la case 3 fonctionnerait (mais le texte, on l’a vu, se charge de bien nous amener de la case 1 à la 2)
Le noir uni le fond,  en se terminant en douceur  par des hachures de bas de page. L’encre projetée (façon brosse à dent) derrière le titre « sanctum » permet de ne pas faire trop ressortir ce dernier et de le garder intégré à la page.
Fond et forme s’unisse, ce qui devrait être le cas de tout bonne BD. Le génie d’Eisner est de mettre tout cela en œuvre en l’ayant complètement digéré,  sans donner de leçon apparente. Qui ne décortique pas aura la plaisir de la « simple » lecture, et ce n’est qu’en poussant un peu que l’on voit tout ce qu’il y a derrière (la solide charpente derrière la belle façade)
Promis j’arrête mes textes sans fin et vous remets bientôt de belles images

mercredi 3 juillet 2013

Conquérons

Le scénariste Christophe Arleston a dévoilé récemment (sur FB) la maquette du prochain album des conquérants de Troy, toujours aussi bien dessiné par Ciro Tota.  On devine bien que ce n'est pas définitif (cf les logos/placements de titres...) Dire que Mr Tota n'a rien perdu est on ne peut plus vrai
Admirez donc le crayonné ultra précis, sans titraille

et un rough de recherche
Arleston  aussi montré cette seconde image, la mise en couleurs

et pour ne pas oublier que quelque chose continue à se tramer sur un homme lumière...

lundi 1 juillet 2013

Wallace Wood

Un blog en grande partie axé sur l'encrage et aucune vraie entrée sur l'un des princes de cette activité, et ce depuis près de 5 ans!!! Honte sur moi. 
Voilà qui est, partiellement corrigé
L'histoire de la vie de Wally Wood est triste, et donne l'impression d'un gigantesque potentiel en grande partie gâché par une fin tragique et prématurée (déchéance et suicide à 54 ans)
Une importante carrière malgré cela. J'en retiens personnellement surtout ses passages chez EC Comics et Mad. Il savait tout faire mais c'est dans la finition/encrage qu'il excellait, influençant du beau monde (de Zeck à Hilary Barta, en passant même par Wrightson)
Quelques exemple, en commençant par l'original de ce qui servi à l'edition Artist's edition (trop cher pour moi) ci dessus
A l'aise dans son style cartoon/Mad cela ne l'empêcha jamais de peaufiner et d'user de toutes les techniques d'encrage possible (trame, pinceau, blanc...)
Une parenté parfois évidente avec le génial Jack Davis

Il s'est fait connaitre d'un autre public chez Marvel, mais officiant très peu de temps sur le même titre (lenteur?)
Le plus connu reste son très bref passage sur les débuts de tête à cornes


Voici même un Model Sheet du perso

ainsi qu'un rough/découpage
Autre exemple de son talent de "finisseur"

Une case en cours de réalisation, malheureusement prémonitoire de ce que deviendrait l'auteur
Vous avez ci dessous ce qui fut probablement l'oeuvre de Wood la plus reproduite. On apprécie l'humour du titre. Il s'agit, en résumé, de dire aux aspirants dessinateurs comment rendre intéressantes des scènes barbantes de "talking head" dûes au travail de mauvais scénaristes. C'est frappé au coin du bon sens

 En raison de sa lenteur et de sa personnalité "atypique" Wood dû souvent se contenter d'être un (brillant) encreur (quand il ne dessinait pas, en fin de carrière, des strips insipides de parodies X)
Il n'avait pas son pareil pour les machinerie et autres objets facilement rébarbatifs mais qu'il rendait visuellement beau. La preuve sur sa collaboration magnifique avec Jack Kirby
 Il embellit Gene Colan, avec un petit quelque chose de Joe Sinnott dans le trait de pinceau


Très beau travail d'équipe avec Gil Kane à l'approche pourtant assez opposée
Un rough de Kane
                                                                 et sa version publiée

Ce qui restera probablement comme la plus brêve et la plus belle collaboration vit le jour sur la toute fin du Spirit, (the outer space Spirit). Eisner s'ennuyait, la bande ronronnait. Plutôt que de stopper le titre (ce qu'il fera très vite) il tenta une expérience : Jules Feiffer scénarisait majoritairement, Eisner découpait et encrait la plupart des persos, et Wood se chargeait du reste. Quelle beauté! Mais un ego torturé comme Wood ne pouvait que se heurter à celui, non négligeable, du maestro. Le travail en commun fit long feu (et la bande aussi)