Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est sickles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sickles. Afficher tous les articles

vendredi 14 septembre 2018

Atrocement beau

Quel document historique!
En octobre 1946, le criminel nazi Joachim Von Ribbentrop fit parti des exécutés (le premier je crois) par pendaison. Dans le cadre de ce procès de Nuremberg, le magazine Life envoya, pour couvrir l'évènement, le géant et trop peu connu Noël Sickles (celui là même qui aida et inspira son ami le grand cartoonist Milton Caniff)
Je trouve cette image glaçante: Sickles nous met dans la scène avec juste ce qu'il faut de réalisme pour que l'on y croit et que l'on comprenne ce qui se passe, et une touche de "comics/strips" qui pourrait nous laisser croire que l'on est face à la première page d'ouverture d'un EC Comics!

vendredi 11 mai 2018

De Samnee à Sickles

 L'une des choses que j'aime énormément, dans ce hobby qui semble nous unir, c'est creuser et faire des liens, entre les styles, les générations, les influences.
Je relis de temps en temps des classiques, et là (ci dessus)  c'était la Balade de la mer salée, tout 1er Corto Maltese de 1975. Je constate donc à cette occasion que je reste assez hermétique aux histoires mais que j'aime de plus en plus le dessin, ou du moins des parties, quand Hugo Pratt était au top.
L'influence majeure de Pratt c'était lui, Milton Caniff
 Caniff, influence énorme de...Alex Toth
 Toth étant la partie la plus visible des idoles d'un jeune dessinateur au top de sa forme, Chris Samnee
 La boucle est bouclée? Pas tout à fait car reprenons sur Toth (avec cette page pour de l'anim, bien parlante quant à l'influence sur Samnee)
 elle nous ramène donc au grand Caniff...
 mais Caniff nous renvoie vers son ami et collègue, resté bien plus dans l'ombre que lui, Noël Sickles
Je termine avec un doc géant. Beaucoup d'artistes de strips étaient aidés, à l'encrage, par des assistants. Caniff faisait l'inverse, se faisant aider pour le crayonné, et apportant la vraie personnalité du strip final, à l'encrage. Preuve, si besoin, de l'importance de cette étape.
C'est le neveu de Norman Rockwell , Dick, qui fut chargé de cette tache sur des centaines de strips de Steve Canyon. Il recevait la bande vierge, avec les textes lettrés. Il dessinait et Caniff encrait.
Regardez ça :
Le dessin est précis mais c'est clairement l'encrage qui met la patte Caniff


lundi 24 avril 2017

Merveilleux Noël...Sickles!

 IDW est un éditeur qui devrait être déclaré d'utilité publique, tant les gars font oeuvre utile avec leurs magnifiques livres
Côté patrimonial, j'ai tourné longtemps autour de ce livre, avant de craquer. Je l'ai donc lu. Merveille!
Pour qui remonte le "fil de ses idoles", s'il a bon goût il y a fort à parier qu'il arrive assez vite à Noël Sickles
Petit exemple : tu aimes Chris Samnee?... oh mais on dirait qu'il s'inspire d'Alex Toth. Mais...Toth était un fan de Milton Caniff qui adorait...Sickles! Hop, nous y voilà
Ami proche de Caniff, Sickles n'a pas eu sa notorité, en partie du fait de son tempérament, et surtout parce qu'il a vite quitté le monde des strips, pour celui de l'illustration
Canif fut aussi un maitre pour Hugo Pratt et ce dernier reconnaissait s'être donc naturellement également inspiré de Sickles
Revenons à ce livre : Très gros format carré de près de 400 pages!!! 50 usd
Après une intéressante intro par un fan qui a fait son chemin, Jim Steranko, les 140 premières pages couvrent la carrière d'illustrateur de Sickles (la majorité donc)
De la gouache, du lavis, du crayon...il savait tout faire
 audacieux , et réussi,choix de couleur
 Ce genre de chose est super intéressant
 Je regrette juste de ne pas avoir plus qu'une illue (double page quand même) concernant son travail sur l'un de mes livre favoris, Une journée d'Ivan Denissovitch ( de Soljenitsyne)

Tout le reste du livre reprend l'intégralité de ses strips, sur près de 3 ans, de Scorchy Smith!
L'éditeur a la bonne idée de publier d'abord les dernières bandes de la main de son créateur, John Terry, puis la reprise par Sickles (avec quelques pages du repreneur à la fin)
Je ne les lis pas. Les strips, même de grands artistes comme Caniff, me tombent souvent des mains, c'est le dessin qui m'intéresse, et là c'est un festival
Sickles reprend donc le strip des main de Terry, malade, et qui dessinait mal, sans inventivité
Il copie son tyle à merveille , signant du nom de Terry, puis il prend la bande à son nom et va doucement mettre sa patte puis expérimenter, créer, jouer avec le noir et blanc...
Un exemple des fades bandes de Terry
 et une bande de Sickles. La dernière case, et la case isolée que je mets ensuite, prouvent à l'évidence l'influence majeure qu'eut l'artiste sur un géant de l'époque, Alex Toth

 Sickles aidait/influençait son illustre ami Caniff, comme ce genre de fille le prouve
 En caricaturant un peu, avant Sickles, il y avait des bandes "gros nez" et du réalisme fin à la McCay/Hal Foster. En très peu de temps dans le domaine du strip (1933/36) Sickles a tout simplement créé un style, une approche graphique, qui fera école, en passant par des artistes qui, dommage pour Noël/Bud Sickles, surent mieux capitaliser sur leur apport et passer pour les vrais précurseurs (Caniff, Pratt...)
 Avec plus de 800 bandes le strip évolue graphiquement sous nos yeux, de la moche copie de Terry au flamboyant usage du pinceau et un travail de clair obscur qui fit forte impression sur Caniff

Un exemple de travail à la plume, au duo tone (ou duo shade-papier imprégné de trame) puis de pinceau
 Merci à IDW pour cet incontournable, et je laisse la parole à celui qui le découvrit bien avant IDW, pour la vf qui, aussi mal imprimée était-elle (parait il) fit découvrir le travail de Bud Sickles aux français qui avaient le bon goût de lire du Futuropolis (l'original) : Monsieur Etienne Robial
Enfin, pour continuer à "remonter le fil" il me faudra trouver une jour le temps, la motivation, et la doc, et parler de celui qui inspira Sickles, et Eisner (entre autres) : Billy Ireland

mercredi 28 décembre 2011

Les muses d'Alex T.

présente...

Après avoir évoqué Alex Toth (1928-2006) je tente de citer, avec illustrations, brièvement, ses références majeures. J’en oublie (des "moindres, comme Lee Elias) et focalise sur les principales revendiquées.
Toth ne citait pas souvent (mais un peu quand même) Eisner (1917-2005) alors je n’illustre là que ceux qui reviennent le plus souvent , par « ordre de disparition »

Roy Crane (1901-1977)

Certes parfois un peu daté, mais on perçoit ce qui a pu plaire à Toth dans l’utilisation des plans (cf le cactus en première image, et les silhouettes du strip 2) et de la compo simple et lisible


Du photoréalisme avant l'heure 
et un gros plan sur un chouette technique de texture 

Noel Sickles (1910-1982).
Illustre "inconnu" au regard de la notoriété de celui qu’il influença (et qui l’influença), Caniff.
Fantastique illustrateur, et auteur de strips Caniffiens au possible




Milton Caniff (1907-1988).
De loin celui que la postérité reconnait le plus (Hugo Pratt ne jurait que par lui !) Auteur majeur sur lequel j’espère revenir un jour plus en détails. Influence évidente de Toth dans la gestion des masses et la simplification (même si, à mon sens, Toth ira plus loin encore, et même mieux)






Frank Robbins (1917 1994).
Celui que je connais le moins parmi ceux qui, pourtant, on aussi fait un passage dans le comics . Son style
 « déformé » m’effrayait au hasard d’un Batman ou Captain America. Alors que lorsque l’on voit ses strips, la filiation est évidente avec cette école du « noir c’est noir »






C’était donc un mini aperçu. Aller plus loin est compliqué tant ces grands anciens s’influençaient les uns les autres et, plus dur encore, travaillaient parfois les uns pour les autres anonymement (des « ghosts ») à certaines époques, sur certaines bandes.
Tous ces géants ont des points communs : ils travaillaient essentiellement pour le noir et blanc, avec une impression d’une « qualité » telle qu’il leur fallait travailler leurs contrastes n et b au maximum, + une rapidité d’exécution si soutenue (strips quotidiens) qu’ils avaient à utiliser des assistants, dont certains célèbres (Caniff a ainsi « utilisé » le neveu de Norman Rockwell). Et surtout, ils devaient épurer leur dessin et jouer sur les masses de noires : or faire cela, contrairement aux apparences, n’est pas donné à tout le monde (essayez de remplir de noir un dessin et voyez s’il reste lisible) donc seuls les meilleurs sont restés.

En espérant que ca vous ai donné envie d'en savoir plus sur ces grands anciens, "pères fondateurs"