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lundi 4 mai 2020

Une planche qui bouge...Damned!

 Damned est une assez ancienne, mais excellente, mini série, par les auteurs du Punisher : Steven Grant/Mike Zeck/Denis Rodier.
Les fans de Zeck (dont je suis) furent un peu déstabilisés par l'approche graphique, loin de ce que le dessinateur faisait, seul ou encré par John Beatty.
Il a changé volontairement, et assez radicalement, son dessin, et demandé un encrage différent également, à celui qui a beaucoup oeuvré pour les comics, et le Franco Belge (dont un excellent gros pavé récent, La Bombe, dont j'ai déjà parlé il y a peu) : Denis Rodier

Mais il est mieux de voir que de lire non?

L'habituelle photo, floue

Cette mini fut traduite, deux fois, en France
Zeck a fait un épilogue qu'il a encré lui même, mais sinon il n'existe rien sur Damned et son "héros"
Rien...sauf une couv digitale dont je ne suis pas fana

et une couv faite pour des Frenchies
 Dans une autre vie, avant que je ne collabore davantage à Scarce, j'avais participé à un gros dossier sur les comics indé et, entre autres, à une itw et article sur Zeck
Avec l'aval du redac'chef j'ai demandé à Mike Zeck si je pouvais lui acheter une com qui serait aussi utilisée en couv du mag
Sur Damned bien sur
Il était ravi d'utiliser ce perso

Il m'a envoyé le rough/étude de compo
 son premier essai de rough encré
 puis celui qu'il a validé (je l'aime bien mais si j'avais eu mon mot à dire j'aurais probablement penché pour le 1er)
 Voici l'original
 Et la mise en couleur d'un "régulier" de Scarce, et dessinateur : Fred Grivaud

Edité :
Denis Rodier ayant eut la gentillesse, sur un reseau social, de me donner des précisions quant à son approche de Damned, les voici :

Merci pour cette analyse. Pour ce qui est de la vidéo, je n'a pas utilisé de feutres, mais probablement deux types d'encre. Souvent, pour faire les grandes zone en aplats, je vais utiliser une vieille bouteille d'une marque d'encre essayée au hazard. Celle-ci me semble très opaque, mais probablement mauvaise pour l'encrage "normal". ;-) Sur les endroit plus clairs, c'est probablement une encre plus neuve. Notez que l'application au pinceau laisse une couche d'encre plus mince que la plume. Cette encre qui peut sembler transparente quand elle est appliquée au pinceau peut-être tout-à-fait noire et opaque appliquée à la plume.
Pour l'approche en général, ce n'étais pas la première fois que je travaillais avec Mike, mais pour ce projet, il voulait un style plus européen (je me souviens qu'il avait aussi mentionné José Muñoz), plus éclaté et "loose". Ses crayonnés étaient tout aussi lâchés ce qui me permettait de laisser aller la plume et vraiment dessiner sur des indications plutôt qu'un dessin où toutes les décisions sont déjà prises.

Cet approche m'oblige à travailler rapidement, d'où ces lignes qui dépassent du cadre et que je dois parfois passer à la gouache blanche. Je dis parfois, car il arrive que ces "dépassements" ajoutent du caractère. Souvent, le problème du dessin est savoir où s'arrêter. ;-)
Un de mes boulots préférés chez les américains.


lundi 16 mars 2020

Atomiquement votre

Puisque l'annonce d'un confinement arrive à grand pas, il va falloir s'occuper.
La lecture est de mise

Je sentais que je parlerai de ce livre, qui me faisait de l'oeil.
Sur le papier, je ne suis pas la cible. 
Je m'explique : il y a des sujets qui, pour moi, se prête plutôt à des livres "sans images". Ce sujet me parle, et j'ai lu des trucs fascinant dessus. Mais quand ils sont adaptés en bd il faut, toujours selon mes goûts, que ce soit avec un angle graphique décalé, original, non conventionnel. C'est pour cela que je suis avec plaisir l'aventure  de la Revue Dessinée depuis ses débuts, car nous avons sovons chez eux un vrai croisement "langage littéraire/langage BD"
Ici non, le langage BD est très conventionnel, il suit un narration classique, et révèle, j'imagine, que les scénaristes sont de l'école classique également, type Van Hamme
Ce n'est pas "mon école" et pourtant j'ai beaucoup aimé cet énorme pavé qui, en 441 planches, raconte l'histoire de LA Bombe, Atomique, celle qui débute par une découverte (la fission) et se termine en cauchemar encore difficilement concevable aujourd'hui (Hiroshima...)
Les co scénaristes Alcante et Bolle livrent une somme, et veulent, je pense, que leur récit soit une réference, correcte jusqu'au moindre détail
Moi je m'en moque un peu de l'absolue justesse, de savoir que le nombre de boulons est le bon..je veux juste que l'essentiel des faits le soit, réel, et correct. C'est évidemment le cas ici.
Ce qui m'emporte et m'importe, c'est la vision humaine de ce qui deviendra un drame
Et c'est une réussite

Le dessin? Denis Rodier est entre la culture US (il a bossé sur Superman, entre autres, et le très bon Damned avec Mike Zeck) et le style FB. Il est surtout un évident fan des grands anciens, que sont Sickles, Caniff...
Je crois que je n'aurais pas acheté ce livre s'il avait été en couleurs.
Quel boulot que d'aligner autant de scènes statiques, de parlote, de gars debout, assis, qui parlent...sur tant de pages!!!
Il emporte l'histoire en étant rigoureux sur tous les personnages, en racontant très bien, en suivant des règles...tout ce qui fait que ce livre sera un succès
Mais ce qui me plait, moi, ce sont les petits moment de fulgurance, quand  Rodier se laisse un peu aller et qu'il va plus vite à la finition, ou qu'il fait des effets de texture
 Et soyons clair, c'est son encrage qui me laisse assez pantois!
Il y a un plaisir de l'encrage qui se ressent à la lecture.
Je le rapproche de ce que fait Mandrafina, de ses jeux de pinceaux et de cette sensualité de l'encre, même sur des scènes en apparence anodines
Bref ce sera un succès, et c'est mérité, j'arrête, je suis trop bavard

Quelques images tirées, je crois, du twitter de Rodier
 Le trio raconte bien, et Rodier emballe le tout
 Le plaisir de l'encrage semble se cacher dans pas mal de cases, pas forécement les plus impressionnantes
 Un exemple de crayonné et d'encrage
 Mr Rodier s'amuse (ou pas?) sur une double page tirée de la partie saisissante, graphiquement, de l'après Bombe
 Voici ce que représentent plus de 400 pages
En paralèle de ce livre, je lisais celui d'un physicien que j'aime beaucoup, Etienne Klein, sur la vie d'Einstein. Quand arrive, chez Klein, une scène que l'on retrouve dans le récit BD, on constate que ce dernier est en effet bien référencé

vendredi 6 mars 2020

Pile à lire et à venir

 Que du pas lu, ou presque, qui fait pencher dangereusement ma pile à lire, que je délaisse à cause d'un Storytellers, et d'une un peu grosse période "livres sans images"

Mais je sais pouvoir les conseiller, chaudement

Le Cannon est une beauté graphique de Wallace Wood, de nos amis de Komics Initiative
Une vf de ce qu'a proposé Fantagraphics il y a quelques années, mais une vf qui apporte de l'inédit, sous forme de textes. Textes de celui qui, le premier, a parlé des super héros en France, Monsieur Marc Duveau (Comics USA chez Albin Michel, à l'époque), une analyse par un pro des comics multi cartes et multi talents, Mr Jim Lainé, et un texte sur l'approche technique de Wood par..moi! 
Cherchez l'intrus

Ce Fox boy m'attend encore, pour une lecture papier, mais je l'ai lu en pdf et confirme tout le bien que j'ai pu penser de ce redémarrage d'une série qui ira loin
 Encore un proche, qui s'amuse avec Marc Dubuisson le temps d'un chouette petit bouquin à l'humour bien noir. Bon celui ci est le seul a ne pas encore être sur ma pile car il ne sort qu'à la fin du mois mais je le recommande pour en avoir lu pas mal de pages/gags

Et enfin, un livre de quelqu'un (au dessin) que je ne connais pas personnellement, mais dont j'appréciais l'encrage dans les comics, Denis Rodier, qui m'a, entre autres, fait découvrir Mike Zeck sous un nouveau jour (Sur Damned)
Un énorme boulot sur l’origine de la bombe atomique, que j'ai hâte de lire (étant actuellement sur une sorte de bio d'un certain Albert E., les sujets se croisent)
Je reviendrai très certainement dessus, après lecture, mais voici déjà une ou deux images piquées à BD Zoom et qui mont un peu surpris
Je pensais le crayonné assez précis, pour permettre un encrage assez lâché, et c'est le contraire
mais ca semble bien chouette, et un sacré boulot
 
 On est dans la bonne tradition des solides adeptes du noir et blanc
Côté couv, je la trouve un poil "fade", alors que ce genre de recherche laissait entrevoir un potentiel plus "in your face", plus appuyé graphiquement, surtout pour une bd en n et b si bien marquée en contrastes.
C'est un détail

Enfin, depuis la triste nouvelle d'hier, et même si ma pile à lire menace de s'écrouler, je lui ajouterais bien ce livre, histoire d'avoir à nouveau 10 ans, un instant

vendredi 12 mai 2017

Challengers of the unknown

 Nous reparlerons probablement de ces nouveautés de DC mais l'annonce me plait : l’éditeur décide de freiner sur l'imbécile (et longue) mode des scénaristes rois (sans renier leur rôle des scénaristes bien sur) en redonnant les rênes du storytelling aux dessinateurs. Enfin!
Pour cela ils attaquent avec un pool de narrateurs top niveau : Jim Lee, John Romita Jr, Greg Capullo et Andy Kubert
DC créé de nouveaux personnages. Cf la liste ci dessus
(Tout ne m’intéresse pas mais à part Daniel et Rocafort, je pense que je suivrai)

Un seul titre n'est pas une vraie création, mais
une ré écriture : Challengers of the unknow
Snyder au script, Andy Kubert au dessin

 Qu'est ce donc? Un titre de 1957, dessiné par...Jack Kirby. Sorti de son duo avec Joe Simon, mais pas encore passé chez Marvel il créé ce groupe qui va, en assez peu de numéros, lancer véritablement la mode du groupe de super héros

  Challengers...va clairement être un modèle pour Stan Lee (qui, parait il, le conteste un peu) et ses FF
 Hum hum
 Et là? Toujours pas de lien?
 Trêve de polémiques, ça doit être un mois Mike Zeck car revoici ce grand artiste, sur un numéro que malheureusement je n'ai pas et qui me parait excellent
 Les crayonnés me plaisent beaucoup
 L'encrage est de Denis Rodier, dont j'aime beaucoup le travail. Je ne l'ai pas énormément suivi, car il me semble qu'il a longtemps travaillé sur la franchise Superman dont je me moque depuis ma plus tendre enfance, mais son duo avec Zeck sur Damned m'a à la fois surpris (mais cela venait du changement de style de Zeck) et beaucoup intéressé. Là encore il garde la puissance du trait de Zeck, avec un encrage vivant et spontané
J'aimerais voir des pages encrées en noir et blanc, mais je ne trouve que de la couleur sur le net bien sur
 


Peut être trouverai je un jour ce comics en bac de back issues