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mardi 12 mai 2026

Pépite cachée, de Denis Bodart

 

Je crois que cette image fut, un temps, envisagée en couv

Superbe, et adaptée au récit, elle est néanmoins probablement moins "vendeuse" que la couv retenue


Cette nouvelle bd est une petite merveille

Le récit de Zabus est tout en finesse, sans cliché ni "tire larme"

Denis Bodart est l'un des plus grands dessinateurs de bd, à mon sens

Bien trop peu connu et présent en librairie (euphémisme) il a travaillé de très  longues années à adapter le texte de Vincent Zabus. Mais, et c'est là l'essentiel, ça ne se voit pas (rien ne "besogneux" ne ressort) et il ne faut pas le garder en tête en lisant le livre 

Il a tout fait pour rendre cette histoire fluide, limpide, vivante et ...vraie

Denis Bodart est un auteur exigeant et ...complexe. Il a fini par abandonner l'idée de l'encrage mais il se charge de la couleur lui même et c'est tant mieux

Je vous mets les premières pages présentées par l'éditeur








Le choix de mise en couleur est gonflé, brut, avec un parti pris de vitesse apparente, de "work en progress" pour conserver la spontanéité du crayonné
C'est une réussite, même si le crayonné, dont quelques uns sont montrés en fin d'albums, est encore plus beau "nu"

Voici quelques bonus, que je mets à ma sauce pour donner une logique, un ordre, mais allez voir chez Tony qui en montre beaucoup plus

Une mise en couleur sans les textes (ce qui me permet de dire, et ce n'est pas un détail, que bien des albums ont un lettrage info assez naze et inadapté, ici c'est extra, le rendu manuel colle parfaitement aux dessins)


Magnifiques crayonnés



zoomons sur la case 1 de la p 1, pour comparer avec la mise en couleur (quasi définitive)

On voit bien qu'il a passé du temps à recherche le ressenti, l'ambiance, plus que le détail



Les cases, travaillées (pour les recherches) longuement et séparément, sont spectaculaires de simplicité, d'attention à la composition et aux détails sans jamais altérer la lisibilité, tout en renvoyant directement le lecteur à la sensation de la scène forcément déjà vécue

Ca grouille de vie






Un exemple de scène retravaillée



Les deux pages suivantes ont été abandonnées et refaites
Je ne vous montre pas la version finale car il FAUT acheter et lire cet album
Pour celle ci, vous verrez dans le livre qu'il a totalement modifié la bande du haut (et un peu tout le reste), pour une version moins "frime", mais aussi belle et plus claire
Là, il a refait quasi toute la page, pour focaliser sur Louis, le montrer moins "excité" comme on le voit là (son arrivée) et poser l'ambiance différemment

Un seul avant/après, mais sans la couleur
Les changement ne sont pas anodins, la pantomime évolue, l'expressivité augmente


Cette illue n'est pas dans l'album
L'une des recherches de cases fut utilisée en couv du mag Spirou

J'ai, un temps, été attiré par des livres évoquant le passé, la nostalgie, comme Les Beaux étés (Zidrou/ Lafebre) mais en fait ce genre de bouquin, souvent très bien dessiné, m'a lassé par ses clichés poussés et des acteurs qui surjouent trop à mon goût
Rien de tout ça ici, le travail est fin, subtil, au point qu'une première lecture m'a semblée "bien", mais presque sans plus
Une seconde lecture m'a conquis
Il est rare que je referme une bd avec des images encore en tête (Louis sur son vélo, un traveling arrière de son bureau à la plage...) et la sensation d'avoir vraiment voulu en avoir plus, en savoir plus et en voir davantage 

Je nous apprendrai pas que la BD fait face à une surproduction qui fait que les nouveautés se chassent les unes les autres en 15 jours max  mais là...je n'étais pas dans ma région quand le livre est sorti, je suis allé au Cultura local le jour de la sortie et c'est en interrogeant le vendeur que je découvre qu'ils n'en ont commandé qu'un seul et que, de ce fait, il est directement allé en rayon, en stock (dans le mauvais classement, des séries, qui plus est)
Introuvable, invendable donc, d'où le terme "cachée" dans mon titre (ça, plus un titre qui, à mon avis, n'est pas un grand choix commercialement parlant, même s'il est logique par rapport à l'histoire)

Faites donc mentir mon intuition/crainte et transformez cette pépite en succès


jeudi 7 mai 2026

Lug Dystopie?

 


Un peu de lecture, pour ce long week end

Pour mettre davantage en avant notre magazine, je vais tacher régulièrement de montrer des choses qui ont pu passer sous les radars, qui en sont issues

Voici un récit un peu particulier, une courte nouvelle "façon dystopie"

En réaction, mais pas forcément contre, à beaucoup de choses qui se font depuis des années en hommage à ce grand éditeur que fut Lug. Cette approche nous a semblé originale

Cerise sur le gâteau : le dessin ci dessus et la magnifique illue de Thierry Martin

Vous n'avez pas la chouette mise en page d'Antoine mais vous avez le texte entier






Alors, votre avis?


Une histoire au coeur de ce sommaire


sommaire de ce numéro


Pour conclure, nous sommes à fond sur le mag 8, prévu pour septembre

Pour le côté comics il y a du joli, ne serait ce que l'entretien, très intéressant, avec un certain Chris Samnee (et son icono à l'avenant) + un certain Laurent L qui prend en charge un grosse rubrique consacrée à un auteur...comics

jeudi 30 avril 2026

Back to MwF. Analyse du 01 05

 


Ayant trouvé ce bon scan de planche sur CAF, je ne résiste pas au plaisir de revenir sur Man Without Fear (maintenant que vous savez que les crayonnés étaient très précis) et vous faire une rapide "analyse narrative" 

Romita jr est au sommet de son talent

Miller a fourni un synopsis, c'est au dessinateur de choisir comment le découper

-Case 1 : Exposition. On rentre dans l'action, comme Matt et l'agent, de gauche à droite

-Case 2 : on recule, on "perd" l'agent pour mieux voir Matt lui échapper

-Case 3 : on focalise sur l'agent, pour le fun de le voir et pour laisser à Matt le temps de faire  un bout de chemin/ellipse imminente

-Case 4 : on le retrouve avec un jeu de plans : au premier plan la ruelle et son échelle pour passer le message, Matt au second

-Case 5 : Matt passe au premier plan, sur l'échelle

-Case 6 : Matt encore plus au premier plan mais on sait qu'il est monté et on voit qu'il redescend grâce au fond montrant la porte et l'escalier (+ ca permet de jouer avec les plans et les noir/blanc)

-Case finale en echo à la 1 : Matt rentre à nouveau dans la scène de gauche à droite, attitude similaire à la case 1 mais en plus petit, en fond, pour privilégier le lieu dans lequel il rentre


Du grand art, très simple, avec une science intégrée quasi subliminale pour le lecteur, sans aucun tape à l'oeil mais sans la moindre monotonie

Cerise sur le gâteau : énormément de jeux de textures, posés par le dessinateur, conservés et magnifiés par Al Williamson. Rien que les cases 4 et 5 montrent à la fois la subtilité des traits pour texturer et la grande lisibilité . Simple et travaillé

dimanche 26 avril 2026

Les Histoires de Black & White

 


On essaie, Monsieur Loisel, on, essaie!

Bon ok ne nous mentons pas ça fait (très)  plaisir, de la part d'un grand comme lui, et il a raison mais nous avons nos limites

La plus grande d'entre elles étant le fait que B&W n'est pas diffusé ou à la marge pour certains livres, car économiquement ce n'est absolument pas viable. Pour que ce soit possible, un mag comme le notre devrait être vendu au minimum 35€ en boutique! Impossible

Du coup nous avons une frustration : tous les auteurs présents dans le mag (et ils commencent à être nombreux) nous complimentent, mais les ventes ne suivent pas, et n'importe quel éditeur lambda aurait baissé les bras

Les mags de ce genre, et comme le dit Loisel il y en a peu, sont là car il y des groupes et/ou de l'argent derrière. B&W est un petit éditeur et n'a pas cette force de frappe

Nous allons tenter des choses pour le 8 et, surtout, le 9, et nous verrons bien, mais si vous voulez/pouvez répandre la bonne parole, n'hésitez pas


A propos du 8, le grand Blutch est en pleine relecture de son Shop Talk et c'est la classe

Nous devons décaler un peu ce 8, prévu au final pour la rentrée/début septembre (ce qui devrait décaler de peu le 9 et sa conclusion de Photonik, pour décembre)

Nous avons des rubriques au top pour ce 8, avec encore et toujours de l'inédit, et des histoires courtes qui devraient vous étonner et, espérons le, ravir

+ un entretien tout chaud avec...Chris Samnee!


En attendant, pour inciter les hésitants à se faire une idée voici une petite video maison (mes mains, ma chérie à la voix et l'une de mes filles à la technique)


Et la version plus pro de mon ouverture d'entrée


ah oui, si jamais..

pour commander, c'est ICI

jeudi 23 avril 2026

Le Club des amis des 5

 


Je suis TRES client de tout ce que fait Fabcaro, bd, romans et délires de toutes sortes
Sa dernière trouvaille m'enchante : une copie quasi parfaite d'un Club des 5 de notre enfance
Texte avec illues, pleines pages ou même bd en vis à vis

Ca commence en imitation du style aujourd'hui kitsh, de l'époque
Et ca dérive en pur Fabcaro/délire, jouant avec les codes et mettant en avant les 5 potes au sein d'une famille réac




Ca me donne l'occasion de (re) montrer cette très belle couv de Ciro Tota pour un vrai Club des 5


Couv a priori jamais utilisée
Je la pensais pour ce livre là

mais ce serait plutôt pour celui ci

Voici 2 autres couv, la meilleure étant celle du dessus, par le très bon Jean Sidobre



Les 4 de couv étaient des délices de guimauveries 1er degré

Lisez donc celle de Fabcaro



jeudi 16 avril 2026

Man Without Ink

 



Les deux cases (inédites) ci dessus, de Man Without Far par John Romita Jr sont, à ma connaissance les seules repro de crayonnés du dessinateur sur cette mini série dont je suis fana
Jusqu'à aujourd'hui car en voici quelques autres, de piètre qualité mais on se contente de ce qu'on trouve
Je pense que cette série de comics/zines espagnols n'existe plus depuis longtemps
J'ai acheté, sur place et il y a longtemps, des choses sur Mignola par exemple car c'était le seul moyen, là encore, d'avoir des crayonnés
On trouve sur le net  des scans de celui ci



Nombreux sont les détracteurs de JRjr à dire que même sur ce qu'ils acceptent d'appeler les "bons titres ou runs" du dessinateur, l'encreur sauvait tout
C'est faux, et si de bons encreurs ont multiplié l'intérêt des planches, celles ci gardaient leur mérite avant encrage
C'est le cas avec le géant qu'était Al Williamson, qui a sublimé les pages MAIS malgré la  mauvaise qualité de repro de ce qui va suivre, vous verrez que tout était déjà dans le crayonné, souvent même des choses que j'attribuais moi même à l'encreur
Je vous ajoute les rares planches dont j'ai le scan de l'encrage

















L'un des mes boulots favoris de Romita Jr. Je ne m'en lasse pas