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mercredi 16 octobre 2019

The Joke is on me

 Du Joker!
Il y a peu, Urban Comics m'avait déjà fait acheter la version noir et blanc du Killing Joke
ce one shot, quasi renié par Alan Moore, est assez dérangeant, ou en tout cas il l'était à sa sortie, du fait de son traitement noir, "adulte", pervers, d'un personnage de titre jusqu'à alors essentiellement pour ado (sauf DKR)
Je l'ai lu à sa sortie vf intiale, en souple
 et en prébub dans ce mythique mensuel. La couv est un rough poussé et encré de Bolland (photo floue en dessous), peint par Liberatore

Ce que j'avais vu sur le net avant de relire cette histoire, me plaisait en terme de comparaison rough/publication
 
 
 ceci est la case redessinée par Bolland pour le livre que je viens donc de (ré) acheter
 
 
 Urban, disais je donc, m'a fait acheter le noir et blanc, et aujourd’hui cette version excellente.
Il y a le script complet de Moore, connu pour détailler chaque page, chaque case et chaque angle de vue avec tous les détails inclus. Une folie, même en tenant compte des  critères actuels d'un script détaillé. Mais très instructif et intéressant
 Le plus passionnant est que le récit est publié 2 fois (trois en comptant le script) :les couleurs d'origine, de John Higgins, qui collent avec leur époque, très psychédéliques, et la version entièrement refaite par Bolland il y a dix ans (il n'a jamais apprécié la version Higgins)
Mes sensations/souvenirs de première lecture me font voir celle d’origine avec nostalgie, mais Bolland propose une version d'un cohérence absolue
 
 
 
 
 
 
 Les esprits chagrins diront, comme pour le Last Crusade de Miller/Romita jr (qui offrait les crayonnés), qu'on nous refile le même produit plusieurs fois dans le même livre. Et bien c'est une chance et un bonheur, que de pouvoir comparer
Sans compter que Bolland a retouché des dessins quasi à chaque page, voire redessiné (cf le visage de Barbara vu plus haut dans cette longue entrée)

Encore du Joker!
vf achetée en même temps, qui me faisait de l'oeil depuis longtemps, et qui reprend le très chouette one shot de Timm et Dini, avec en bonus le rough complet de Timm.
Un bonheur
 
 DC a accepté pas mal de choses pour cette histoire plus sombre que le trait de Timm ne le laisserait croire, mais ils ont fait refaire une case, jugée trop explicite, que le rough nous permet de découvrir
 
 
 Le livre propose aussi la mise en couleur complète de Timm
Car si Rick Taylor est noté comme coloriste également, c'était en fait le "séparateur". Il prenait les colo sur papier de Timm et les "digitalisait", rendait possible leur production/impression. Le vrai taff de création est de Timm
En conclusion, pour moi ces deux récits ne sont pas des chefs d'oeuvre, mais des histoires très solides, puissantes et assez novatrices
La chose étrange est que Killing Joke se voulait à destination d'un public plus adulte. Or c'est l'ado que j'étais qui a apprécié et l'"adulte" que je suis un peu moins
Tandis que malgré un vernis noir, Mad Love s'adressait à un plus jeune public, or c'est l'adulte que je suis qui l'apprécie davantage
Probablement parce que je pense que Miller et Moore ont entrainé Batman, par leur exemple et sans vraiment le vouloir, vers des abus pendant les années qui suivirent, tandis que que Timm (et Dini) nous montrent ce que peut être un tel personnage traité de façon sombre mais en gardant des fondamentaux "tout public"

Toujours du Joker!
Conclusion de la conclusion, sous forme de pseudo contradiction car ce que j’attend d'un comics est à l'opposé de ce que je peux attendre d'un film (pour du Marvel DC j'entends)
Il y a 48 h je suis allé, à reculons, voir Joker
A reculons (et à la demande de ma fille) car les habitués de ce blog savent que les adaptations de comics en films ne m'intéressent plus,depuis des années. Je n'ai rien apprécié, ou presque,  à part Logan
Il me faudrait des films de super héros sans super héros en fait.
C'est fait

J'ai BEAUCOUP aimé ce film
Une noirceur incroyable, un nihilisme (dans sa notion la plus superficielle certes mais quand même) surprenant pour un film grand public
Ca démarre noir, bien poisseux, et... ca s'aggrave!
Joaquin Phoenix est hallucinant (tiens, il était aussi dans l'un de mes films favoris de 2018 avec les Frères Sisters!) De Niro est bluffant aussi, malgré/grâce à son cabotinage

Un film dérangeant, qui devrait diviser. On peut le penser incitateur à la violence ou au contraire le voir comme le reflet de ladite violence... Surfant sur la vague des vigilantes ou dénonçant/expliquant une forme de populisme...
Joker prend du fond dans le Killing Joke, de la forme dans Dark Knight Returns (le baiser sur scène entre autre)
Il interroge pas mal sur la société
Si le postulat de base est accepté (un film quasi sans effet spéciaux-enfin-, tournant tout juste autour de Batman, sur la création d'un "super vilain") tout le reste suit, en tout cas ce fut mon cas
La bo est extra, et visuellement je pense que la génération actuelle tient là son "The Crow" (avec carrément plus de fond cela dit)

Dépressifs s’abstenir, mais grand moment  pour moi qui n'en attendait rien
Ca dérange, ca peut perturber, ca fait réfléchir...
Ambiances, jeu d'acteurs, lumière, musique, faux semblants, vrai miroir...je crois que je prends tout

mercredi 14 juin 2017

Wonder W...

 Je n'ai pas encore vu ce film mais on en dit globalement tant de bien (et l'actrice est si belle :) que j'irai (et en famille s'il vous plait)
Je n'ai jamais eu la moindre attirance pour les comics de Wonder Woman (je dois avoir les 3 premiers de Byrne et les premiers de Azzarello/Chiang, point)
Mais côté cover artists la Dame a été chouchoutée
Adam Hughes était, comme toujours, dans une superbe séduction, que ce soit sur de l'iconique...
 du gros plan "simple"...
 de la compo statique réussie...
 ou du très beau clin d'oeil
 J'ai moins d'affinités avec le boulot de Brian Bolland, mais son run en tant que cover artist fut très long, avec de belles choses
J'avais acheté ce comics, car compil d'hommages par plein d'artistes
 Celle ci est chouette
 Sa toute première couv est élégante et simple, avec le crayonné en dessous, au regard différent
 
 Jose Luis Garcia Lopez était, bien sur, un excellent auteur de couv
Un visage en gros plan, encore, mais efficace et beau, avec peu de traits
 Probablement la couv de lui que je préfère, avec son noir et blanc (je crois bien que Moebius, de passage chez DC, a vu un poster de cette couv, a demandé de qui elle était et dit : "l'enfoiré!", ou quelque chose de ce genre)
 
 John Byrne m'a déçu sur son passage sur WW. Il dit que la faute en revenait à une impression mal faite, avec scan non adapté de ses pages, qui abimait son encrage de l'époque, mais moi je le trouve juste moins bon
Cette couv est sympa, mais les cheveux et, surtout, les jambes de celle du dessous...bof
 
 C'est mieux quand il joue le décalage à la She Hulk
 Une rareté : du Miller encré par Giordano (un squelette avec toute sa tignasse!!!)
 N'oublions pas, côté écran, que le fantasme de toute un génération (la mienne) c'est elle!
 Miss Gadot pourrait devenir celui d’une autre génération
 Elle est en tout cas adoubée par celle qui vint avant elle

mercredi 19 février 2014

Recoloriser...ou pas


Soif de connaitre ce que présentaient les vieux comics? Volonté de tout rééditer en format compilé, plus durable? Qu'importe, toujours est il qu'aujourd'hui les USA et les autres pays rééditent une très grande partie du patrimoine comics. Tant mieux. Mais que faire lorsque des couleurs sont jugées datées? Parfois on ne touche à rien (bonne philosophie) Problème : les coloristes de l'époque savaient que le papier buvait la couleur, et choisissaient leur palette en conséquence. La preuve ci dessus avec une page tirée d'un comics, et sa réimpression sur beau papier. C'est très criard. Trop.
Je ne sais plus d'où je tiens ces exemples mais il sont clairs
Voici, sur du Simonson, le comics d'origine, la réimpression qui ne change rien sauf le papier, et l'omnibus qui a refait les couleurs. Question de goût?
Quand le budget suit, chez l'éditeur, la tentation est forte de refaire totalement les couleurs. Si le nouveau coloriste respecte le travail, et l'esprit d'origine, ca peut être acceptable (je crois qu'il s'agit ici de Steve Oliff)
les changements ne sont pas toujours des plus heureux mais ça peut passer(Simonson toujours)
C'est parfois une question de goût
Je peux me tromper mais il me semble que Brian Bolland n'était pas fan de la couleur d'origine de Killing Joke et que celle ci lui parait plus fidèle à ses intentions
Plus sobre en effet, mais pourquoi refaire le "logo" de Batman à cette occasion?
On pourrait penser que la recolorisation est forcément meilleure si l'artiste d'origine s'en charge. Erreur! Le très bon Neal Adams, par exemple, estime qu'il lui faut utiliser toutes les techniques modernes pour rendre les pages "actuelles". / C'est un choix...discutable
 Quel est l'intérêt de texturer à ce point la cape de Batman, le faisant ainsi ressortir excessivement sur un décor qui ne s'y prête pas
 
Barry W Smith a également eu droit à son colorisation "modernisée"; Pas sur qu'il apprécie cette nouvelle clarté d'image (et la transformation de l'eau, avec pont, en herbe, sans pont)
clôturons cette entrée avec une image qui, je pense, mettra tout le monde d'accord : Photoshop est un outil, et il faut savoir utiliser cet outil sans se contenter de cliquer sur tout ce que le logiciel propose.
BWS se chargeait de la 1, avec les moyens de l'époque mais un sens artistique. Quant à la 2...argh