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lundi 11 mars 2019

Mort...Cendres...et Chef d'oeuvre!

 Je suis dans un comics shop Londonien, entre deux visites et avant d'aller voir la Pierre de Rosette au British Museum et je craque pour ce livre.
Anecdote qui me fait croire au hasard, dès le début du livre on est à Londres, et le gars voit débouler un Pharaon mort. Amusant.
Je n'ai évoqué Alberto Breccia (dont c'est le centenaire de la naissance cette année) qu'une seule fois, il y a 6 ans, ici
Et je m’étais gouré en disant avoir lu Mort Cinder
Je ne sais pas avec qui ou quoi j'ai confondu mais j'ai confondu car vu la claque que je viens de me prendre je le saurais si je l'avais déjà lu 
Il y a pas mal d'éditions vf  de ce récit de 1962/64, dont une version Vertige Graphic je crois, plutôt bien parait il
Mais là c'est de la vo, chez l'un des plus grands éditeurs qui, cerise sur le gâteau, annonce une collection Breccia qui regroupera tout
Et bien je pense que je prendrai tout
Je n'utilise que peu ce mot, vite dévoyé mais Mort Cinder est un chef d'oeuvre. Point.
Le scénar de Oesterheld (éliminé, avec sa famille, sous la dictature argentine!!!) est simple, bien pensé et donne la base nécessaire, le véhicule, au génie qui attaque les pages à l'encre.
Un homme, Mort Cinder, revient sans cesse d'entre les morts, quelles que soient les époques et les lieux. Un vieil  antiquaire (aux traits de Breccia alors vieilli) le suit tant bien que mal.
Des sujets auraient parfois mérité plus de pages mais on a l'essence de l’idée, au moins, à chaque fois. Des récits ésotériques que Mignola poussera plus loin avec Hellboy, des jeux de passage dans le temps tout juste suggérés mais jamais confus, des paraboles, des anecdotes, des récitatifs parfois un peu longs mais d'époque et qui donnent un ton,magnifié par le dessin...
Le gros pavé de Fantagraphics, ici, comprend quelques pages scannées à partir des revues d'époque, mais assez peu, l'essentiel venant des planches originales
la première, celle ci, vient d'une revue, et elle est assez sage

 Très vite le génial Breccia attaque son clair obscur (sans oublier les détails, remarquez la bouteille de lait sur le pas de la porte, typique de Londres)
 L'expressionnisme, en bd, nécessite absolument une reproduction laissant voir le trait, le pinceau, la matière
On est servi pour admirer l'encrage au rasoir, couteau, bâton, collages, doigts..
Breccia use de tout ce qu'il peut pour nous faire rentrer dans l'image, dans l'ambiance
J'ai lu sur le net (The Comics Journal je crois) qu'on pourrait parler d'un Alex Raymond en forme encré par un Bill Sienkiewicz au plus fou de ses travaux. Pas faux mais très  réducteur.
Breccia est plus que ça
 Par endroits il va loin et on pourrait presque perdre le fil mais non, il reste accroché à une narration. Seule la beauté de certains cases m'a parfois stoppé dans le récit.
Une partie de l'histoire est à lire en tournant le livre pour avoir les pages à l'italienne, ce qui peut rebuter, mais l'éditeur n'y est pour rien, il s'agit d'épisodes publiés sous ce format en Argentine .

J'ai trouvé sur le net ces exemples de planches originales, mais elles sont si proches de la version us que ça ne trompe pas sur ce que le lecteur aura sous les yeux
 
 
En 4 de couv Fantagraphics indique : Before Mike Mignola...before Frank Miller...there was Breccia.
 Un poil 'racoleur", mais vrai
3 photos floues prises de mon livre
Celle ci montre que Miller ne doit pas seulement beaucoup à Breccia pour le n et b de Sin City, il a également pris des idées du duo pour 300, car l'un des récits raconte le combat des Spartiates (de manière différente certes, et avec une autre fin que celle de Miller)
Il adapte alors son style, allant plus vers ce qu'on pu faire Poivet ou De La Fuente
 Celle ci est méga floue mais montre que Breccia sait être dans la retenue (et aussi bon)
Et là, en plus d'en prendre plein les yeux sans action, et en plans rapprochés, on voit que très nombreux furent ceux qui ont du lorgner vers Breccia à un moment ou à un autre de leur carrière (on a même un peu de Wrightson, ne serait ce que dans la main/case en haut à droite)

 Je suis pour le moins conquis. 
J'hésitais à chercher d'autres de ses oeuvres mais à l'annonce de la collection complète à venir, chez Fanta, je vais attendre et je vous laisse avec un lien qui peut vous prendre du temps, celui ci, et  sur un auto portait d’Alberto Breccia (sur la fin de sa vie)

vendredi 8 février 2013

Breccia

Je ne sais plus qui m'a suggérée, il y a quelques temps, de parler d’Alberto Breccia. Riche idée,mais je connais peu. Je crois n'avoir lu que Mort Cinder.
Toujours est il que cela n'empêche pas le plaisir des yeux
Ce géant Uruguayen (1919-1993) comme tous ses auteurs adeptes de la "ligne Caniff" a eu un encrage totalement indissociable de son crayonné.
Il joue avec les tons, les styles, les ambiances

 des cases partent doucement vers l'abstrait (la 2) à côté de plus de réalisme (case 1)
 Il passe de jeux de contrastes (planche au dessus) à des nuances de gris (ci dessous)
 Le Breccia "dernière période" pointe le bout de son nez, avec plus d'abstraction et de symbolisme

 Le jeune Frank Miller aurait il lu, en plus de Munoz et Sampayo, du Breccia? Très probablement (case 1/ Sin City)
 Sur la fin de sa vie son trait me parle moins, surtout son travail en couleurs


J'aime beaucoup ses auto portraits. Il en a fait des tas
Ici l'influence commune se ressent avec Paul Gillon




Je connais encore moins, et apprécie moins également, le trait de son fils, Enrique, mais l'école latine est apparente et la maitrise également