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vendredi 8 février 2013

Breccia

Je ne sais plus qui m'a suggérée, il y a quelques temps, de parler d’Alberto Breccia. Riche idée,mais je connais peu. Je crois n'avoir lu que Mort Cinder.
Toujours est il que cela n'empêche pas le plaisir des yeux
Ce géant Uruguayen (1919-1993) comme tous ses auteurs adeptes de la "ligne Caniff" a eu un encrage totalement indissociable de son crayonné.
Il joue avec les tons, les styles, les ambiances

 des cases partent doucement vers l'abstrait (la 2) à côté de plus de réalisme (case 1)
 Il passe de jeux de contrastes (planche au dessus) à des nuances de gris (ci dessous)
 Le Breccia "dernière période" pointe le bout de son nez, avec plus d'abstraction et de symbolisme

 Le jeune Frank Miller aurait il lu, en plus de Munoz et Sampayo, du Breccia? Très probablement (case 1/ Sin City)
 Sur la fin de sa vie son trait me parle moins, surtout son travail en couleurs


J'aime beaucoup ses auto portraits. Il en a fait des tas
Ici l'influence commune se ressent avec Paul Gillon




Je connais encore moins, et apprécie moins également, le trait de son fils, Enrique, mais l'école latine est apparente et la maitrise également



10 commentaires:

Lefeuvre a dit…

Superbe entrée, qui témoigne bien de l'incroyable richesse graphique du bonhomme !

Dur de croire qu'un même homme maîtrise aussi bien tant de styles/techniques !

Certaines techniques de coton tamponnés rappellent le travail de l'Italien Battaglia.Certains portraits particulièrement audacieux renvoient même aux éclaboussures du caricaturiste Anglais Ralph Steadman (Las Vegas Parano). Des cases sont toutes droits sorties d'un film expressionniste Allemand des années 20, style Cabinet du dr Caligari, Dr Mabuse ou Nosferatu. Un vrai "vertige graphique", pour paraphraser le nom d'un de ses éditeurs en France.

Merci Phil !

Philippe Cordier a dit…

merci, je me suis bien amusé
Tu cites Battaglia que je trouve plus "sage" mais que j'apprécie un peu plus par cette "académisme" (pour ce que j'en connais en tout cas)


j'ai encore un ou deux trucs en préparation sur ces grands "latins"

Laurent Sieurac a dit…

C'est en effet un auteur que je connais très mal notamment parce que comme toi, je connais plutôt ce qu'il a fait en couleur et que je n'en suis pas forcément friand!

En auteur "latins" outre Victor De la Fuente dont je parlais précédemment, j'ai beaucoup aimé le trait de Jorge Zaffino dans son Winter World par exemple ;)

Philippe Cordier a dit…

vi, et son Punisher claquait bien

mais c'est pas lui sur que je "bosse" :-)

Lefeuvre a dit…

Jorge Zaffino, voilà un grand gâchis d'un type bourré de talent et parti bcp trop jeune !

Le Winter World est effectivement une superbe histoire, itou pour son Pupu. A quand une VF ?

J'ai aussi un souvenir grandiose d'une histoire courte de Conan en noir et blanc du feu de dieu !

Duphot a dit…

C'est moi le "je ne sais plus qui avait suggéré". Son travail en noir et blanc sur Mort Cinder est à tomber. D'ailleurs il me semble que tu n'as pas choisi les plus beaux exemples si je peux me permettre :-) Son travail est un équilibre incroyable entre la relative simplicité narrative et l'audace de l'expérimentation. Son style graphique reflete pour moi la meilleure façon de représenter visuellement des histoires à la Lovecraft. J'apprécie aussi beaucoup moins son travail en couleur et reste dubitatif aussi sur le travail de son fils, notamment sur sa derniere collaboration avec Dorison.
C'est aussi l'endroit et le moment de parler il me semble de l'Eternaute d'Oesterheld, un travail et une ambiance à tomber par terre aussi...
Au passage, pas simple de trouver Mort Cinder même en réédition.

Philippe Cordier a dit…

coupable trouvé :-)
si tu as des liens sur des zolis exemples de son boulot, nous serons preneurs Hervé
Mort Cinder, moi je l'ai lu en bibliotheque

plumoc a dit…

Je crois que le monumental Breccia est plutôt argentin.Et,par le fait, de cette merveilleuse école argentine qui a "formé" de si merveilleux auteurs espagnols et italiens .Auteurs latin par essence qui, ont illuminés les récits de genre chez Warren et la Fleetway.

Avec les philippins ils ont été les maîtres du genres.Grace à leur maîtrise de toute les techniques du noir et blanc et de la dramatisation.

Le prix de la planche payé par les anglo-saxon représentait une fortune pour eux.Bon il est vrai que quelques américains de grand talent sont aussi venus s'immiscer dans le domaine.

Breccia figure tutélaire qui, avec hugo Pratt ,avait ouvert une école de BD dont les annonces publicitaires passaient dans les journaux ,promettant un métier valorisant et rémunérateur.

Pratt terriblement jaloux de Breccia, et qui vexé comme un poux ,quand Breccia lui avait dit qu'il ne savait pas dessiner les mains,passa plusieurs jours de suite à en dessiner exclusivement.

Un Breccia toujours en recherche dont le travail sur les collages et les textures influença des artistes "arty" comme Mac Kean et Sienkiewicz ou encore Mack.

Un Breccia capable de faire un portrait du Che en posant un tache d'encre sur un feuille et de faire se promener cette tache sur le papier en le manipulant comme une boussole;en le penchant dans tout les sens.

Breccia SURTOUT qui encrait avec une lame de rasoir.Une technique hallucinante et un régal à voir.

Oui un monument ce Breccia.

plumoc a dit…

Non Breccia est effectivement uruguayen de naissance,pardon,j'avais un doute.Mais il est tellement représentatif de l'école argentine.Pardon encore pour cet écart de ma mémoire..

Philippe Cordier a dit…

en tout cas merci pour ces "anecdotes" super intéressantes J'adore l'idée d'un Pratt ronchonnant en se remettant au boulot sur les mains
quant aux Mac Kean Sienkiewicz et Mack l'influence est certaine en effet, et plus saine que la consanguinité artistique des 3 entre eux :-)