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lundi 24 juillet 2017

Daredevil, Miller, Klaus... et les yeux

 Attention spoiler : Daredevil est aveugle! Si!
La cécité n'a pas toujours été traitée avec du pathos, comme ci dessus
Rappelons nous, le bref (mais trop long) passage de Lee/Colan et le "frère jumeau" de Matt, voyant : Mike
 Je fais là un focus sur...les yeux vus par la Golden Team de DD, Miller/ Janson
Un perso aveugle mais une attention extrême accordée au regard par les artistes
L'intensité, les jeux de regards furent souvent au cœur des préoccupations de l'équipe, même si c'était moins évident au premier...regard, que les acrobaties du diable rouge
Tous les perso furent concernés, 
comme Ben (avec, en "bonus" le regard d'un mort)
 
 Souvenir indélébile que cette Elektra aux grands yeux, presque manga, sauvant Foggy d'une phrase et avec un autre regard, chargé de pleins de sentiments
 Intelligemment, Miller (au trait magnifié par Janson) ne cherchait pas à reproduire un certain type de "regard type" d'aveugle; Il jouait suffisamment pour cela avec les attitudes, la gestuelle (une entrée à venir?) Le regard véhiculait une émotion certaine, sans que les yeux nous fixent réellement
 Même en trois traits et avec le masque, le regard reste expressif
 Idem, l’œil du caïd en plus
 Ado, le traitement graphique appliqué par Miller et Janson aux gros plans de regards me fascinait (et toujours aujourd'hui d'ailleurs) Une volonté de réalisme mais qui reste crédible en tant que comics, sans lien photographique outrancier
La définition, en dessin, du miroir de l'âme

le Punisher
  Bullseye/Le Tireur avec une case (la 2nde) réutilisée, d'une profondeur incroyable

 J'aimerais faire une entrée conséquent, un jour, sur la cécité dans ce titre, mais la tâche est grande
Peut être plus tard, en plusieurs fois
A...voir

vendredi 21 juillet 2017

Uderzo! Mais lequel?

 J'ai acheté ce album en version luxe parce que je suis fan du trait d'Albert Uderzo, mais aussi parce que celui ci fut à la fois le dernier de Goscinny et mon premier à moi
 Le livre présente l'album couleur en grand format, 30 pages de rédactionnel et de documents, et ce qui motiva mon achat : l'album en fac similé de planches , noir et blanc donc. Superbe (moins 3 pages tirées des films car non accès aux planches) les contrastes sont un peu touchés semble-t-il, ce qui est regrettable car on n'aperçoit moins les traits d'encre mais quand même c'est un délice
 
 Tout est bon : dessin, encrage et lettrage
 Quand Goscinny est mort tout le scénario était terminé, mais il restait quelques planches à dessiner (on imagine la torture que fut pour Uderzo, en plus d'un conflit avec Dargaud) Il a  placé en dernière case un petit lapin qui pleure
 
 Dans les doc il y a ce bel hommage à son ami, paru pour les 25 ans de sa disparition
 Je ne suis pas fana des ragopts, racontars, , règlements de compte internes, mais quand même ces infos me perturbent; Il est de notoriété publique que le frère cadet d'Albert Uderzo, Marcel, l'a aidé sur l'encrage et le lettrage de certains Asterix; Il n'en fut jamais fait mention dans les livres (contrairement aux encreurs que Uderzo eut, plus tard) Soit
mais quand même, ce qu'écrit , il y a quelques années (2014) Marcel, est étonnant
Copié/collé d'un forum BD :

[...]Dites-nous donc Mr Uderzo quelle était l'ampleur de votre participation aux albums de votre frère, on en dit tout et n'importe quoi ?[...]

MU : [...]Pour répondre à votre question, après avoir travaillé 20 ans dans l'atelier familial comme luthier avec mon père (confection de guitares), il arriva le jour où il voulu prendre sa retraite, c'est là que j'ai formulé le désir de travailler avec mon frère. Tout en travaillant à mi-temps avec mon père, j'ai dû m'entrainer durant un an chez moi, sans être rémunéré, pour acquérir les techniques exigées et une bonne pratique afin de le seconder.

Une fois prêt, j'ai travaillé sur "Tanguy et L'Averdure" en traçant trois albums, tout en oeuvrant sur quelques planches d'Astérix, mais le petit Gaulois prenant de plus en plus d'importance auprès du public, Albert m'a alors demandé de m'y consacrer exclusivement en traçant à l'encre sur ses dessins. J'ai réalisé également les couleurs ainsi que tous les droits dérivés en créant entièrement des visuels adaptés pour ça (petits livres, papiers peints, verre à moutarde etc).
Pour résumer, j'ai donc commencé en 1965 sur "Astérix et Cléopatre" jusqu'à l'album "Les lauriers de César", petite interruption de deux ans (de 1972 à 1974) j'ai repris avec "La grande Traversée" et mon dernier album était "Astérix chez les Belges", dont la dernière page se termine par un banquet final (façon tableau de Bruegel) que j'ai entièrement réalisé seul chez moi en une journée. Ce qui me fait, je pense, un total de 16 albums d'Astérix. D'ailleurs, grâce à ma participation, ont voit nettement que Dargaud sortait deux albums par an au lieu d'un seul comme au début.
Ensuite, après avoir supporté maints "misères" de mon aîné, j'ai voulu faire cavalier seul. C'est cette indépendance soudaine que mon frère n'a pas supportée et ne m'a jamais pardonnée. Depuis, nous ne nous voyons plus, mais nous nous saluons aux enterrements familiaux.

Petite confirmation au sujet de la planche 35 de l'album Astérix le gaulois, elle s'était bien "perdue" (peut-être pas pour tout le monde) et c'est Goscinny qui m'a demandé de la redessiner puis de la tracer car l'imprimeur se servait d'une page imprimée et, à la longue, elle sortait légèrement floue. On s'en aperçoit au lettrage qui est plus gros, par la suite il a été rectifié pour plus d'unité.[...]

[...]J'ignorais totalement que vous étiez l'artisan du tableau façon Bruegel d'Astérix chez les Belges, jamais je n'ai lu ni entendu votre frère rendre hommage à votre collaboration et votre talent aussi précisemment, on n'avait juste l'impression que vous faisiez le lettrage.[...]

MU : [...]Votre étonnement sur le sujet est bien naturel puisque, en accord avec son scénariste, mon frère ne parlait jamais de moi, ni à l'époque où, par mon travail je participais à la sortie de deux albums par an, encore moins maintenant. C'est vrai que je réalisais aussi le lettrage qui complétait l'encrage des dessins suivit ensuite des inévitables couleurs, cela faisait partie de mon travail. Depuis, plusieurs avocats m'ont suggéré que c'est probablement la peur que je leur demande des droits d'auteurs qu'on me planquait dans les placards, alors qu'à l'époque je ne pensais vraiment pas à ça, je voulais juste apprendre mon nouveau métier et faire au mieux. Je me serais seulement contenté d'être reconnu par ces deux auteurs que j'admirais pour leur talent.[...]

[...]Vous êtes un peu le Jidehem d' Albert. Votre cas est encore plus sévère car on semble vous effacez de cette histoire. [...]

MU : [...]Je ne sais pas exactement comment s'articulait la collaboration entre Jidehem et Franquin, mais je pense que la comparaison entre les deux situations n'est pas si mauvaise.

Au sujet des ventes des planches d'Astérix, non, je n'ai aucun pourcentage sur elles!… Bien qu'ayant encré plusieurs centaines de planches, jamais mon frère ne m'en a offert, pas une seule planche. D'autres ont eu plus de chance que moi.

Bien à vous,
Marcel Uderzo[...
]


Qu'il ait raison, ou pas, cet état des lieux, et des relations, me semble bien triste
Voici la scène évoquée par Marcel Uderzo dans Asterix chez les belges

 Au final, en dehors d'un conflit regrettable, que ce soit de la main de Marcel ou d'Albert les planches sont magnifiques et cet album reste, pour moi, une superbe, et très drôle, madeleine


mercredi 19 juillet 2017

La crédibilité de Spidey

Ce qui fait que les gamins d'hier (et d’aujourd’hui?) s'identifiaient au monte en l’air, c'est qu'il évoluait dans un environnement crédible, et avait des préoccupations/soucis qu'ils pouvaient comprendre/partager
Je n'avais pas réalisé à quel point Peter Parker ressemblait au co créateur (et meilleur dessinateur) de Spidey, Steve Ditko!
 
 le côté terre à terre de ce héros, notre gentil voisin l'Araignée, l'amena même jusque chez un psy!
 Pour pousser la crédibilité au maximum, les auteurs nous présentaient même l'environnement des perso, sur une vraie carte
 ainsi que la maison du tisseur et de sa chère et fragile tante (Romita pour le plan, Ditko pour la maison bien sur)
 A l'opposé de ce que pensa Sam Raimi pour ses films, j'estime qu'avoir un Peter qui se bricole des lances toiles "crédibles" était une bien meilleure idée que de lui donner des toiles qui lui sortent du corps
 même l'adhérence au mur paraissait.."réaliste"
Et vous souvenez vous de son "projo de lumière"?. Sans aller jusqu'à la quantité de gadgets d'un Batman, c'était bien cool
vf/vo (notez la colo qui change)
 
 Spidey se cherchait un adversaire à la hauteur. Et quand il le trouve, le gars se goure de nom! et il lui met une branlée
 
 Ces épisodes m'ont fasciné enfant, dans les grands formats Lug, tout comme ce genre d'image, qui a probablement inspiré un certain Klaus Janson
 
 Combien de gamins ce pathos aura marqué ?

lundi 17 juillet 2017

Klaus Byrne

 J'ai déjà eu l'occasion de dire tout le bien que je pensais de ce run sous estimé, de Wolverine, par Goodwin/Byrne/Janson
La couv ci dessous révèle une suprise intérieure : cette page donne les crédits : 100% Byrne! Vraiment?
 En effet, Janson n'encre pas ce dernier numéro. Mais peu de gens l'ont perçu. Et pourtant, à y regarder d'un peu plus près c'est une évidence
Pour rappel, Byrne ne faisait que des découpages, de ce type, frustrant ainsi beaucoup de ses fans hardcore surpris par l'encrage final
 Les crédits donnaient pourtant bien les rôles exacts
 Janson s'amusait de ses tics principaux : de l'encrage fin à la plume, relevé par endroits au pinceau

 Détaillez, pour le plaisir, les zones fines et les zones épaisses. Plume/pinceau
 Byrne, pour ce numéro spécial sans son encreur/finisseur, a cherché à volontairement rester dans le style de Janson. Il a dit avoir utilisé la plume pour garder le rendu final. Erreur! Il a oublié le pinceau "Jansonien"qui vient relever des zones choisies
Regardez bien les planches qui suivent : que du trait fin, uniforme, sans jeu d'épaisseur d'aucune sorte (les aplats de noir ne comptent pas, c'est du remplissage, je ne parle pas de ça)
 De plus il confond "traitement rapide des arrières plans à la plume" avec "faisons des dizaines de petits traits inutiles"
Et incidemment il n'y a plus de profondeur, de plans distincts
 Seule la case 2 de la planche ci dessous à un tout petit peu de jeu d'épaisseur de traits
 Celle ci est sombre, et peut donc faire plus facilement illusion. Mais que cela ne vous égare pas, l'approche reste assez maladroite, dans son intention de mimétisme : il n'y a quasi que du trait fin uniforme. 
Nosu avons donc un run qui, en apparence, se tient graphiquement, mais avec un ultime épisode à rapprocher d'une mauvaise imitation. Les fans purs et durs de Janson (moi?) furent un peu déçus par cette approche maladroite. Les fans purs et durs de Byrne purent également être déçus par cet encrage impersonnel, alors que Byrne sait très bien s'encrer lui même
Une bonne intention, qui tourne court