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lundi 10 décembre 2018

Rob L...

 Je perds très peu de temps, sur ce blog, à évoquer des choses ou dessinateurs que je n'aime pas car c'est une énergie gaspillée, alors que tant de belles choses sont ignorées.
De plus, dessinateur est un très dur métier, et la critique est aisée mais l'art...
Je fais une exception car celui dont il est question ici, est un phénomène en lui même, et tout phénomène est bon à observer.
Déja, laissez moi évacuer un truc, comme ça c'est fait, on n'en parle plus. Depuis l’horreur du Cap America atrocement dessiné, je n'avais pas vu cette version film, bricolée par un fan qui s'est amusé à transposer le dessin en "réaliste"
 Soyons plus sérieux
Pour moi Rob Liefeld, c'est l'image qui ouvre cette entrée. Dessin "in your face", couleurs qui piquent, muscles hypertrophiés, poitrines idem, costumes et design horribles, pas d'anatomie ni de décor...une horreur à tous les niveaux
C'est probablement ce côté "in your face" qui a parlé à pas mal d'ado avant même qu'il ne co crée Image Comics
Le gars arrive, décomplexé, et dessine ce qu'il veut, comme il veut, sans la moindre contrainte
Il apporte sa jeunesse, son énergie (car ses dessins en ont) et sa ..coolitude. 
N'oublions pas qu'une partie non négligeable du succès des Image boys vient aussi de la couverture énorme faite par Wizard magazine, qui montait alors en épingle, béats d'admiration, la moindre bouse production des Golden Boys
Après des débuts chez DC Liefled va vite exploser chez Marvel, dynamitant les new Mutants (Louise Simonson lui doit probablement ses premiers cheveux blancs)
Liefled explose tout (dont le bon goût au passage) il ne se préoccupe pas de ce que les autres ont fait avant lui, il apporte des idées, des créations (pas des moindre, commercialement, ne citons que Cable et Deadpool)
Sa première grosse couv ne m'avait pas déplu, mais l'encrage rond de son pote McFarlane en est probablement responsable
 Sur des splashs pages il est dans l'action, mais le souci est qu'il ne sait gérer du séquentiel que comme une suite de splash  pages/cases
 Il n'est pas possible de dénombrer les fautes de goûts, de proportions, d'anatomies...elles sont si nombreuses qu'elles en forme au final le "Style Liefeld"
 Ne mettons pas la faute sur ses encreurs (et plus tard ses assistants) car ici, c'est un bon encreur (H Barta) qui ne parvient pas à sauver le dessin

Liefled est de son époque. Il correspond probablement à un besoin, à la fin des 80', début des 90, des jeunes lecteurs.Un besoin de nouveauté. Un je m'en foutisme du passé, des références. Un coté "on est des jeunes ont veut de l'action du cool, de la patate"
 Mais pourquoi Liefled est il devenu le symbole du dessinateur que l'on aime détester; le Vince Coletta du dessin? Probablement en partie du fait de son côté grande gueule frimeur,de sa jeunesse, de sa réussite qui fit aussi des jaloux..mais surtout, il me semble, parce qu'il est très mauvais dessinateur et que le succès parait donc injuste. Jim Lee est un bon dessinateur; On aime ou pas son évolution mais il sait dessiner; Portacio pareil (en moins bien, techniquement, que Lee); Larsen a un style Kirby sur une base solide, même Mcfarlane peut (mais pas souvent) faire preuve d'un sens technique réel. pas Liefeld; Tout ce que j'ai vu de lui est esthétiquement discutable, pour le moins.
Il a fait carrière, et fortune, sur un sens des perso, et de l'action, sans aucun fond, sans aucune connaissance des fondamentaux de l'art séquentiel
Ces pages, que je n'ai pas sélectionné, mais qui furent piochées au hasard, se passent de commentaire je pense
 
 
 Voilà ce qui a, semble t il, accroché l'oeil de jeunes fans : des poses et de la bad ass attitude.
 allez je craque, et je montre une case qui m'a traumatisé
 un "bébé"
 J'ai recherché du crayonné, car souvent il y a une magie, un coté in progress, plus agréable; Et bien non
J'ai acheté un X-Force génial, mais c'était pour Mignola. Liefled faisait l'horrible couv et des découpages, pas forcément mauvais d'ailleurs
 
 j'ai , vraiment, cherché sur le net et les forums, des choses que je pourrais apprécier un minimum
Ce Colossus n'est pas abominable, lorgnant vers un Art Adams pas en forme
 Ce Liefeld imitant Jim Lee imitant Miller (imitant Munoz?) est amusant
 Attention, il y a 2 comics dessinés par Liefeld que j'avais trouvé sympa
Avant Image
Ce What if à la couv correcte (l'encrage de Williams explique cela?)
 Dedans c'était plutôt moche, et tout ce que deviendrait Liefled était là, en gestation, mais j'ai justement capté une énergie qui explique le succès qu'il aura très vite
 
 
 Et ce X-Men
Déjà, le scénar est fun, et le synopsis très dense de Claremont obligea Liefled a un minimum de narration graphique, pas juste des pleines pages 

 

  Cadré, drivé, avec du travail, un scénariste et un editor il est possible que Liefled aurait pu être presque intéressant 
Mais laissé  seul, avec son côté sale gosse, rebelle de pacotille, une seule chose apparait très vite sous la fumée des pleines pages, la frime d'une mise en page sans fond, les muscles de papier et les poitrines gonflées : Rob Liefeld est un mauvais dessinateur!
C'est un style, va t on me répondre. Non! Des dessinateurs ont un style, étrange par moment, qui peut déplaire. Citons, sans hiérarchie de talent, Canette, Nowlan, Stroman, et tant d'autres dont le style peut heurter, mais à l'analyse il y a du fond, une connaissance théorique et un choix de faire autre chose. Et que dire de celui qui fut un temps, honteusement, récupéré par les Image boys : Jack Kirby au style si grossier pour certains mais qui n'était que le vernis d'un auteur ayant assimilé tant de choses.  Chez Liefled ce que l'on voit semble être ce qu'il est! Tout est, malheureusement, sur la page, au premier degré.
Expliqué, ou pas, son succès ne fut pas sans conséquence : il a lancé la mode des pages explosives, qui ne peuvent que se vendre sur le marché de la planche originale car composées de splashs pages ou de cases énormes, il a fait école chez pas mal de tacherons ("pourquoi pas moi puisque lui y est arrivé"), des vétérans, comme Herb Trimpe, se sont vu imposer un temps de travailler "comme Liefeld, ou Lee, parce que "c’est ça qui vend mon coco", 
Même l'un de mes chouchous a pondu le pire travail de sa carrière sur le perso de Rob, avec une approche graphique similaire
Désolé, j'ai été bavard, mais je ne voulais pas juste dire "c'est moche, j'aime pas"

vendredi 7 décembre 2018

Brothers in Arms

 Il faudrait que je me penche, un jour, sur la relation, riche et complexe, entre Matt et Foggy
En attendant, l'une des nombreuses scènes terriblement bien trouvées vient, encore, de Born Again. Foggy plaide pour que Matt ne perde pas tout, et n'aille pas en prison
Un grand et beau moment
Miller/Mazzucchelli
 Des années plus tard, Ann Nocenti termine, dans l'indifférence quasi générale des fans de comics, un run digne des meilleurs. Lee Weeks (dont le Mazz' fut une influence majeure) est au dessin de cet ultime épisode de la grande scénariste. La dernière page est un bel écho à celle de Born Again





Comme je n'ai peur ni du choc thermique, ni du grand écart, lundi...Rob Liefeld!

mercredi 5 décembre 2018

L'Homme Machine

 En 1984, après quasiment 10 ans sans avoir travaillé sur du séquentiel, Barry W Smith revient aux comics, chez Marvel, avec cet ovni, mini série basée sur une création du King Kirby
 
 Le scénar (retravaillé par BWS) est de Tom de Falco, et le découpage est de Herb Trimpe
Cette vf m'avait beaucoup intéressé, captivé que j'étais par ce dessin hors norme pour l'époque
 Ayant été happé par ses anciens Conan, je voyais bien que le rendu final était de Barry Smith et j’étais presque énervé de voir un autre trait caché sous l'encre : celui du vétéran et très sage Herb Trimpe
Sur les premiers numéro le classicisme de Trimpe est visible
 Smith pointe son nez quand les scènes commencent à bouger
 Sur des scènes calmes c'est quasi du 50/50 et seul le fait que BWS se charge de la couleur fait qu'au final on voit plus de BWS
 
 Il faut dire que sa mise en couleur est ultra personnelle (ici on se croirait dans la page d'ouverture de son Serval/Katie de Power Pack, niveau ambiance)
 Très vite, Smith oublie les découpages de Trimpe et dessine à sa sauce
 Sur la fin il n'y a plus que Smith, au co scénario, dessin, encrage et couleur
On est presque sur des finitions et ambiances de ce que sera son chef d’œuvre Wolverine/Weapon X
 
 
 
Une merveille qui m'avait donc frustré du fait de la présence de Trimpe
Des années plus tard je relativise un peu car c'est BWS qui avait demandé à son ami Trimpe de se charger de cette tache. Pourquoi? Il le disait à Gary Groth dans un vieux Comics Journal (qui d'ailleurs revient en version papier, youpi) Il sortait de 10 ans de dessin pur, d'illustrations, posters...et ne retrouvait pas d'automatismes pour dessiner du séquentiel. Blocage. Trimpe a fait ce que faisait son modèle, Kirby : des découpages pour guider le dessinateur. Smith reconnait qu'il fut injuste avec son ami en effaçant très vite ces découpages dès qu'il a senti qu'il était à nouveau à l'aise en narration. Injuste pour Trimpe, mais tant mieux pour le lecteur?

lundi 3 décembre 2018

Spawn ou pas Spawn

 La publication de Spawn a dépassé le quart de siècle. Respect, rien que pour cela
J'étais très (jeune) client de McFarlane sur Spidey
Bien moins sur Spawn, qui, pour moi, mêlait Spidey et Batman, en cumulant tous les tics et toutes les faiblesses du Toddler
J'ai dû acheter les 20 et quelques premiers, point final
Il savait user de son style hype sur les doubles pages ou autres scènes pin up
 mais même sur les pleines pages ses  lacunes arrivaient vite
 Spawn devint vite un catalogue d'auto parodie et d'auto citations, comme sur les couv évènements
 
 
 J'ai juste esquissé un demi sourire avec les quelques numéros spéciaux scénarisés (cachetonnés) par Moore, Miller, Gaiman et celui qui s'en est sorti le mieux, Dave Sim
 En trouvant ce poster sur le net, tiré du 1 et paru à l'occasion des 20 ans du perso , ca m'a renvoyé en mémoire le fait que j'ai feuilleté, récemment, une sorte d'Artist Edition des premiers numéros
 Celui ci, tiré donc des pages originales, et au format
 Observer les planches de près est, en général, un vrai grand plaisir. Quand les planches sont si faibles l’exercice est malheureusement autre, et l'absence de couleur met, au contraire, bien en évidence les "horreurs"
Talking heads (piquées à DKR pour le coup), zones noires assez gratuites pour ne pas dessiner...
 mises en pages faibles et gros plans en pagailles
 anatomies...personnelles
 du vide masqué par des noirs et des traits inutiles
 Bref, je n'aime pas du tout
Pas de snobisme de ma part, je reconnais l'apport de McFarlane, à ses débuts, mais sur les premiers Spawn c'est un catalogue de clichés, de faiblesses, de platitudes tant scénaristiques que graphiques
Je suis certain qu'il y a eut, ensuite, des choses intéressantes, sinon la série ne durerait pas autant, mais sur ce que je vois des premiers numéros...argh!
 Miller avait pondu un cross over sans le moindre intérêt, dessiné par McFarlane
 dont Klaus Janson dessina la seconde partie
Peu d'intérêt mais quelques belles pages d'ambiance
 
 Côté artistes invités le temps d'une pin up, je retiens le grand rick Léonardi (encré par Scott Williams)
 deux chouettes illues de Mignola
 
 
 et cette double page que je me souviens avoir punaisé sur mon mur d'ado (attardé, j'avais quand même 19 ans !) par Miller!
 Ce qu'on n'enlèvera pas aux " Image Founding Fathers"(même si là il en manque) c'est qu'ils sont restés jeunes physiquement car cette photo n'est pas très vieille et les Silvestri/McFarlane/Lee/Liefeld ont la classe