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vendredi 5 février 2016

Logan et Buscema

 Je me suis mis à lire, chaque mois, mes comics en vo sur la fin des années 80. J'ai donc attaqué "mon" run mythique de DD Nocenti/JRjr au milieu (mais récupéré ensuite bien sur) 
Cette série est probablement la toute première que j'ai pu démarrer en vo, dès le premier numéro
Qu'est ce que j'ai pu aimer la suivre! Il y a eu des hauts et des bas mais ce fut somptueux, entre Buscema/ Williamson, Buscema/ Sienkiewicz, Colan, Byrne/ Janson... les premières années étaient terribles
 Pour le plaisir je remets les 2 roughs de couv de Big John
 
 Buscema savait faire des couv qui claquent, bien aidé par Williamson
 
 Al Williamson avait, à l'époque, cessé de dessiner depuis quelques temps, se consacrant à l'encrage avec un brio évident. Il ajoutait des textures, des fonds très fin, du pinceau souple, des hachures...Ca explose en noir et blanc
 
 
 Ce qui est intéressant est de voir sur quelle base Williamson ajoutait sa touche magique. Et bien sur du crayonné peu précis pour les critères actuels, mais carrément poussés pour du John Buscema. Tout est sur la page, jusqu'aux aplats de noir, mais reste à affiner, enjoliver, nuancer. Une combinaison parfaite
 
 Buscema s'est encré lui même sur quelques épisodes, et son trait d'encre était plus simple que celui de Williamson, moins délicat. Il dessinait visiblement en partie à l'encre. Bien efficace néanmoins
 
J'ai déjà évoqué les finitions de Janson (un seul numéro) et celles de Sienkiewicz sur le grand artiste, mais j'y reviendrai probablement à l'occasion d'autres trouvailles

mercredi 3 février 2016

Palmer, avec ou sans contrainte

Tom Palmer est aujourd'hui, l'un des deux seuls encreurs de la grande époque de cette profession, encore actifs, époque où l'encreur pouvait être un "finisseur" et ne pas juste repasser à l'encre sur le trait de crayon (je vous laisse deviner quel est l'autre auteur :)
Voici deux approches de l'encrage à l'opposé l'une de l'autre, par le grand Tom
Cette couv date de 1999. Palmer est quasi sans contrainte puisqu'il se charge du crayonné, de l'encrage, et des indications de couleur
 Le crayonné est très poussé, presque comme s'il allait les confier à un encreur inconnu
 mais l'avantage de s'encrer lui même et qu'il décide, à cette étape, de faire pas mal de modif. Peu sur les personnages mais regardez le décor : estimant probablement que la partie gauche de la rue domine un peu trop au stade du crayonné, et gêne peut être la mise en avant des perso, il aligne cette partie de la rue, enlevant essentiellement un immeuble qui dépassait un peu trop à ses yeux. Si la citerne d'eau semble mieux à l'encrage en terme de proportion, je lui préférais sa version au crayon
C'est en tout cas le roi du pinceau
 Voici ses indications de couleurs. Elles sont suivies pour la repro mais les tons changent un peu et les teintes perdent clairement à l'impression
 A l'opposé voici Palmer à l'encrage de Jackson-Butch-Guice. c'est un bon dessinateur mais je ne suis pas fana de son travail lorsqu'il s'inspire trop de photos, de façon trop évidente; Là il est difficile de contester le fait que à part peut être l'avant dernière case (et encore) toutes paraissent basées sur des photos.
 et bien Palmer fait ce que l'on attend d'un encreur moderne, il disparait derrière le dessin et rend un boulot techniquement nickel, dans le cadre de cette contrainte de réalisme imposé
 réalisme encore accentué par la mise en couleur (Frank D'Armata si je ne m'abuse)
Au top depuis des décennies Palmer continue d'exceller, qu'on lui demande de mettre sa patte ou de se cacher derrière un trait de dessinateur

lundi 1 février 2016

Byrne tire la couverture...

 Après avoir évoqué, vendredi dernier, un ours belge, voici un ours Americano-Canadien. 
Un des points que j'ai assez peu mis en avant ici, de ce grand artiste qu'est John Byrne, c'est son talent, entre autres, pour les couvertures 
Celle ci a toujours eu une place à part pour moi (le photographe, c'est Al Milgrom)


N'oublions pas que son heure de gloire date un peu, d'une période où les couv, d'une manière générale, reflétaient ce qui se passait à l'intérieur. En des temps plus récents il est malheureusement souvent arrivé que la couv soit faite soit par un auteur n'ayant pas pu voir le comics, ou faite trop à l'avance (pour les catalogues de commande) et donc sans lien avec un scénar pas encore écrit
Mais quand la couverture pouvait jouer son rôle de teaser, Byrne était au top
Qui pouvait ne pas se demander ce qu’annonçait cette couv, et se ruer sur les pages intérieures?
 Malgré un bandeau ridicule cette couv fonctionne si bien que tous les lecteurs savaient ce qui se passait mais étaient obligés d’acheter pour savoir où/quand/comment...
 J'ai un excellent souvenir de celle ci en vf dans un Nova. Le grand méchant, les pitits gentils, le combat qui s'annonce...il me fallait cette histoire
 Excellente faculté de "choquer" avec juste un dessin : il l'a tué!? Pourquoi, comment...
 Une couv ne sert pas toujours "que" à attirer en suggérant l'intérieur, il arrive que sa seule beauté plastique serve d’appât. Là non plus Byrne n'était pas un manche
 Un gentille provoc pour un titre second degré, ça marche toujours
 
 Très bon dessin, simple, direct, efficace (et en clin d’œil à la première Torche Humaine) Je ne pouvais qu'acheter ce nouveau titre sur un perso qui, pourtant, m'indifférait
 Encore plus iconique. Autant de puissance sur une illu "in your face" avec un encrage bien gras comme il faut, j'étais conquis d'avance (marrant de voir que le dessin est "tordu" sur l'original)
 
 Il y a beaucoup d'autres types d'exemples Byrniens, comme ses hommages à des couv connues, ou ses "auto-citations", ou des couv de visages, ou un peu provoc...Il savait tout faire
 Je veux juste finir sur celle ci car on a sa version de la couv de DD 1...
 et sur l'original on voit qu'il s'était amusé à titiller son ami Miller et son "Thin City"
 J'allais oublier "ma" couv, celle que j'ai pu lui commander il y a bientôt 10 ans (!!??) pour mon premier magazine. Rêve de gosse

vendredi 29 janvier 2016

Monsieur le Président

 Après de longues polémiques, tergiversations et atermoiements, le festival d'Angoulème a son président (et son affiche pour 2017) 
Et bien ce n'est pas dommage. 
Wendling est une surdouée du dessin, Moore est le scénariste emblématique des 30 dernières années, mais Hermann mérite amplement ce titre.
Je suis très très loin de tout connaitre de ce géant de la BD, mais j'ai lu et/ou vu pas mal de choses, entre Bernard Prince, Comanche, Les Tours de Bois Maury, Jeremiah... et ses très nombreux one shot, l'oeuvre est colossale
Le sanglier des Ardennes est un personnage à part, pas commode (c'est l'un de mes souvenirs d'itw les plus dures à faire en live) Mais si on ne regarde que l'oeuvre je le vois un peu comme un Punk. No Future et du dessin à fond les manettes
J'ai peu de livres de lui car son pessimisme m'a pesé, tous ses scénar ne m'ont pas convaincus (pis des femmes souvent "pas bien belles", et idem pour ses gars...) Bref j'ai eu ma période tout de même
Ici il est souvent question d'encrage alors c'est ce prétexte que j'utilise pour en parler
A ses débuts il est sur le terrain de Giraud mais a déjà son style. Le dessin est ultra solide et l'encrage à l'avenant
 C'est devenu un maitre du noir et blanc. il sait tout gérer : la narration, les plans, les ombres...
 Il a beaucoup travaillé ses mises en couleur sur bleus, ce qui donnait de belles planches noir et blanc, avec parfois un cerné fin et peu de masses de noir, pour laisser de la place à la couleur
 
 Mais ce qui m'a lus plus parlé, étonnamment pour un fan d'encrage, c'est la longue période, assez récente d'un Hermann qui n'encre pas et met en couleur directement son crayonné. Un superbe dessin avec une mise en page au cordeau, sublimée par un sens de la couleur que j'adore...Miam
 
 Même avec peu de tons, sur du sépia c'est la grande classe
 Alors bien sur il a des tics narratifs, des gueules typées qui se retrouvent, mais quand même, quel savoir faire! C'est un raconteur d'histoires.
 Le grand prix va probablement lui faire autant d'effet qu'un chèque en bois mais il reste mérité. 
Pour finir, je n'ai pas acheté ses albums depuis quelques années mais c'est peut être celui ci qui m'a fait redécouvrir Hermann à une époque : Sarajevo Tango

mercredi 27 janvier 2016

DD : la pire nuit de sa vie

 Cet épisode 208 a plus de 30 ans. Mais quel épisode! Le romancier Harlan Ellison a scénarisé, avec Arthur Byron Cover, et le jeune David Mazzucchelli a dessiné, sous l'encrage de Danny Bulanadi
 J'avais adoré cette histoire. Un one shot avec DD coincé dans une maison blindée de pièges. Flippant et excellemment mis en scène
C'est un Mazzucchelli encore assez axé Colan, mais en plus anatomiquement correct, que nous avons là. Loin des fulgurances de ses futurs DD mais déjà très bon en narration et dessin pur, classique
 Tout commence avec une "petite fille" qui va piéger notre tête à cornes

 Des scènes de pièges m'avait beaucoup frappé, comme celle ci, et cette "réception" hallucinante (sans costume renforcé il n'est pas passé loin de la cata)
 Une mise en page éclatée, mais lisible, quand DD perd pied. Le crayonné est très précis; Bulanadi est loin d'être un encreur de génie mais sur ce type de dessin poussé il est totalement satisfaisant
 
Autres exemples de dessin très poussé avec encrage honnête et respectueux
 

 
 Le numéro suivant  est une sorte de suite (déjà!) sans Ellison (sauf l"inspiration") avec Byron Cover seul au script
 Moins inspiré au scénario, même le dessin est en dessous
 J'avais raté, à l'époque, le gros clin d'oeil à Miller : le copain d'enfance de Matt (inconnu jusqu'à alors) découvre son identité sur une action proche de celle qui révèle l'identité de DD à Elektra bien des années avant
 La conclusion de l'épisode était amusante, avec Matt lançant une "petite fille" dans les décombres (un robot, rassurez vous)