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mercredi 17 juillet 2019

Walking Dead No More

 Ce best seller hors norme se terminera au numéro 193 us/single. La vf Delcourt de la rentrée sera donc la toute dernière. C'est bien, ça évite de trainer plus en longueur et ça bouclera la chose.
Je lis ce titre depuis le début, en vf, avec un vrai plaisir et sans pouvoir le lâcher, malgré des réserves, des longueurs, un manque d'humour ou de 2nd degré...
Je fus happé, et ravi d'avoir tout suivi
Si c'est Tony Moore qui a lancé le titre avec le richissime, talentueux, malin  et bordé de nouilles Robert Kirkman, c'est bien Charlie Adlard qui restera comme associé à ce succès
Moore était plus clean, net, carré, mais le style naturel de Adlard me convient plus, pour ce genre de récit

Moore
 Adlard
 Adlard n'est pas un dessinateur de génie, loin de là, mais comme le faisait Steve Dillon avec Garth Ennis il a formé un duo d'enfer avec Kirkman, apportant des planches qui gagnaient en lisibilité et en efficacité ce qu’elles perdaient en originalité
Depuis des années, pour gagner en productivité il se faisait encrer par Stefano Gaudiano
A mon avis Gaudiano l'encrait comme Adlard le ferait lui même. Pas d'apport, pas de perte
 Peu de lecteurs connaissent les encreurs, mais alors quand on va plus loin que dire de celui qui ajoute les trames!! A la façon des prod mangas, Kirkman et Adlard ont fait bosser Cliff Rathburn sur des trames, des grisés en aplats ou dégradés, qui, sans apporter des tonnes de choses, facilitèrent une lecture rapide en posant des volumes par endroits
 
 
J'aurais aimé plus de nuances de trames mécanique, ou au moins des copies de ces trames sur  ordi, car là il en mettait parfois tant, de similaires, que le rendu donnait plus l'impression d'une page en couleur scannée en noir et blanc que d'un travail avec réel apport à la trame
 
 Sur le numéro 1, dessiné par Moore donc, la différence planche originale/ publiée avec trame est flagrante

 Pour dire au revoir à ce titre qui aura relancé le genre (au passage allez voir The Dead Don't Die, de Jarmusch, c'est top même si/parce que inqualifiable) voici des vieilles  variant covers  de Art Adams et une de Silvestri
 
 

 
 Reste un volume à lire, avec le même...plaisir coupable

lundi 15 juillet 2019

Encreurs modernes

 Old school vs modern school
Ci dessus, un fan s'est amusé, sur une période de moins 5 ans, à montrer le rendu de différents encreurs sur un dessin, proche, de Byrne
Tous sont assez représentatifs du travail de chacun sur le titre, sauf Gordon qui, sur la durée, changeait moins de choses et faisait, il me semble, moins de manières.
On reconnait toujours Byrne mais le résultat est TRES différent selon l'encreur.
Mes favoris, pas forcément juste sur cette seule image : Byrne/Austin/Ordway/Gordon

Et maintenant, même si ce n'est pas ultra récent, voici des exemples pris sur le site du dessinateur Aaron Lopresti

Il montre, dit-il, en quoi l'encrage change un dessin
Comme quoi, tout est relatif car au regard des vrais changements dus aux anciennes équipes dessinateurs/encreurs, ici il n'y a que TRES peu de différences. Je parlerais presque de simples nuances tant le crayonné est poussé et les encreurs dans la technique pure.


Matt Ryan est bon (pas de hasard, il est aussi dessinateur) mais on voit bien qu'il ne peut que suivre le crayonné

 

 Lopresti dessine des détails qui relevaient avant uniquement de l'encreur, comme ce que l'on appelle le "feathering" et qui ne fonctionne vraiment qu'avec une plume ou un pinceau
Zoom sur l'image du dessus
 
 Danny Miki a son habituel encrage ultra fin, net et un peu cassant, toujours sur un crayonné ultra précis qui, par endroits, indique même les épaisseurs de traits (cf la jambe gauche de Spidey)
 
 Norm Rapmund est le moins bon, selon moi, car il suit également le trait précis, et ne se permet des libertés que sur des zones qu'il abime : le bras droit de Hulk se retrouve ainsi plein d'espèce de pleins et de déliés inutiles qui ne correspondent à rien et font "montagnes russes " sur le cerné du bras.
On dira que son traitement de la cuisse gauche, avec petite projection de gouache blanche, rattrape un peu
 
 Tim Townsend est très bon, et parvient à mettre un peu de sa patte, mais dans un cadre encore et toujours bien contraint
 
Le diable est peut être dans les détails, mais quand un encreur n'a plus que ça justement, les détails, pour vraiment s'exprimer, c'est un peu dommage

vendredi 12 juillet 2019

La Torche Humaine

 Je programme cette entrée en pleine canicule! Quelle idée!
Enfant/ado les 4 fantastiques me fascinaient pas mal. Ces éléments réunis en 4 personnes, le côté famille, pouvoirs bien cool...Mais bien sur ça dépend aussi de qui dessinait
Là je focalise sur, canicule oblige, la torche humaine, que j'adorais dessiner, enfant, avec les pitits traits sur son corps rouge, caractéristiques de ce qu'il était pour moi, une fois "en feu".
Mais...en a t il toujours été ainsi?

Les p'tits traits, c'est ça


Au début des FF c'était plus une masse de feu, informe, tout comme Ben était un gros tas de caillasse mal défini
 Ca me plaisait un peu, avec ce côté indéfinissable, mais ça me gênait aussi en même temps
 Je n'étais certainement pas le seul car dès l'épisode 3 la forme change, s'affine, et la torche fut redessinée dans les rééditions du 1
 avec une pin up intérieure "entre deux"
 La torche date d'avant Marvel/FF, période Timely, par Carl Burgos
Byrne fait allusion à ce perso dans ses vengeurs de la coût ouest (je suis très titre vf Lug aujourd'hui)
 Byrne, fut LE dessinateur du jeune Storm pour moi (et de tous les FF d'ailleurs)
Revoici le corps sans précisions graphiques autres que ces petits traits" qui symbolise le feu et me plaisaient tant
 Là encore, sur un épisode, fort, plus que mémorable
 Quelle ne fut pas ma surprise de tomber, sur le net, sur des dessins qui ressemblent à des modèles, par John Romita, terriblement proches de ce que Byrne fera avec la Torche. C'était donc son inspiration?
 
 D'autres que Byrne ont gardé ce principe graphique
Comme Walter Simonson..
 Carlos Pacheco...(qui fait là ce que j'aimais voir dans mes FF : une partie du corps sans feu, pour porter quelqu'un, ou prendre quelque chose...)
 John Romita Jr dans un excellent numéro de DD avec Johnny en guest star impuissante sur Hell's Kitchen
 JRjr/Williamson. La classe
 même des années plus tard, toujours en guest, sur Wolverine cette fois, Johnny Storm a droit à un traitement proche, toujours par JRjr (et Klaus Janson cette fois)
 
 Passons à celui qui a à la fois apporté des choses et flingué, du fait de ses suiveurs, des décennies de comics à venir avec son "réalisme" (comme Moore et Miller ont fait du mal avec leurs chef d'oeuvres bien sombres)
Avec la Torche, Alex Ross était réaliste ET crédible, ce qui est rare
 
 La déjà ancienne ligne Ultimate a fait un choix étrange : que l'on voit le perso nettement, avec ses traits, même en feu
Bof (Adam Kubert ici)
 Même Alan Davis s'est retrouvé à montrer jusqu'à la coupe de cheveu, malgré le "flame on"
Re Bof
 Et pourquoi pas montrer aussi les vêtements?
Re re...
 Ca se gâte quand il est question de montrer "sous le feu" ET d'avoir un dessin réaliste
 Un bon gros début de cata, pour moi, avec Hitch et cette approche cinoche "faut qu'on voit qu'il ressemble à un acteur"
 Et le comble, le pire bien sur, arrive quand un prince de la copie de photo et de la capture d'écran s'en mêle, Greg Land
Faut faire vrai, faut faire cinoche...et bien faites du cinoche les gars, et laissez les comics être des comics!
 Conclusion avec une belle couv de Byrne, et ses "auto citations" (quelques unes du moins)