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mercredi 19 juillet 2017

La crédibilité de Spidey

Ce qui fait que les gamins d'hier (et d’aujourd’hui?) s'identifiaient au monte en l’air, c'est qu'il évoluait dans un environnement crédible, et avait des préoccupations/soucis qu'ils pouvaient comprendre/partager
Je n'avais pas réalisé à quel point Peter Parker ressemblait au co créateur (et meilleur dessinateur) de Spidey, Steve Ditko!
 
 le côté terre à terre de ce héros, notre gentil voisin l'Araignée, l'amena même jusque chez un psy!
 Pour pousser la crédibilité au maximum, les auteurs nous présentaient même l'environnement des perso, sur une vraie carte
 ainsi que la maison du tisseur et de sa chère et fragile tante (Romita pour le plan, Ditko pour la maison bien sur)
 A l'opposé de ce que pensa Sam Raimi pour ses films, j'estime qu'avoir un Peter qui se bricole des lances toiles "crédibles" était une bien meilleure idée que de lui donner des toiles qui lui sortent du corps
 même l'adhérence au mur paraissait.."réaliste"
Et vous souvenez vous de son "projo de lumière"?. Sans aller jusqu'à la quantité de gadgets d'un Batman, c'était bien cool
vf/vo (notez la colo qui change)
 
 Spidey se cherchait un adversaire à la hauteur. Et quand il le trouve, le gars se goure de nom! et il lui met une branlée
 
 Ces épisodes m'ont fasciné enfant, dans les grands formats Lug, tout comme ce genre d'image, qui a probablement inspiré un certain Klaus Janson
 
 Combien de gamins ce pathos aura marqué ?

lundi 17 juillet 2017

Klaus Byrne

 J'ai déjà eu l'occasion de dire tout le bien que je pensais de ce run sous estimé, de Wolverine, par Goodwin/Byrne/Janson
La couv ci dessous révèle une suprise intérieure : cette page donne les crédits : 100% Byrne! Vraiment?
 En effet, Janson n'encre pas ce dernier numéro. Mais peu de gens l'ont perçu. Et pourtant, à y regarder d'un peu plus près c'est une évidence
Pour rappel, Byrne ne faisait que des découpages, de ce type, frustrant ainsi beaucoup de ses fans hardcore surpris par l'encrage final
 Les crédits donnaient pourtant bien les rôles exacts
 Janson s'amusait de ses tics principaux : de l'encrage fin à la plume, relevé par endroits au pinceau

 Détaillez, pour le plaisir, les zones fines et les zones épaisses. Plume/pinceau
 Byrne, pour ce numéro spécial sans son encreur/finisseur, a cherché à volontairement rester dans le style de Janson. Il a dit avoir utilisé la plume pour garder le rendu final. Erreur! Il a oublié le pinceau "Jansonien"qui vient relever des zones choisies
Regardez bien les planches qui suivent : que du trait fin, uniforme, sans jeu d'épaisseur d'aucune sorte (les aplats de noir ne comptent pas, c'est du remplissage, je ne parle pas de ça)
 De plus il confond "traitement rapide des arrières plans à la plume" avec "faisons des dizaines de petits traits inutiles"
Et incidemment il n'y a plus de profondeur, de plans distincts
 Seule la case 2 de la planche ci dessous à un tout petit peu de jeu d'épaisseur de traits
 Celle ci est sombre, et peut donc faire plus facilement illusion. Mais que cela ne vous égare pas, l'approche reste assez maladroite, dans son intention de mimétisme : il n'y a quasi que du trait fin uniforme. 
Nosu avons donc un run qui, en apparence, se tient graphiquement, mais avec un ultime épisode à rapprocher d'une mauvaise imitation. Les fans purs et durs de Janson (moi?) furent un peu déçus par cette approche maladroite. Les fans purs et durs de Byrne purent également être déçus par cet encrage impersonnel, alors que Byrne sait très bien s'encrer lui même
Une bonne intention, qui tourne court

vendredi 14 juillet 2017

Mark Morales

 Je parle souvent des encreurs qui me plaisent, qui embellissent, voire améliorent, des crayonnés. Je rétablis un équilibre en évoquant un technicien, honnête artisan encreur, qui n'est pas, loin s'en faut, dans mon top ten, mais qui est représentatif d'une catégorie d'encreurs assez présents de nos jours dans les comics, et qui n'a pas à rougir de son travail
Mark Morales est de l'école de Tim Townsend (que je place néanmoins au dessus), à savoir les encreurs techniquement bons, mais très propres et qui ont besoin de suivre un trait de crayon précis, sans improviser. Encore au dessus citons Mark Farmer 
La case ci dessus est un encrage en cours de Bagley
Ci dessous deux cases de Ed McGuiness
 
 On voit bien que, à la plume ou au pinceau, Morales suit un crayonné extrêmement détaillé
Il le met au propre, comme pour ce visage made in Quesada
 Jusqu'au bout de l'excès avec cette horreur (Philip Tan) qui nécessite toutefois de ne pas trembler en encrant
 Il colle assez bien, en duo, au style de Leinil F Yu
Je trouve néanmoins dommage qu'il ne simplifie pas, surtout la 1ère image, comme le faisait, à sa grande époque, Terry Austin, capable de suivre un crayonné fourmillant de détails mais en en enlevant très légèrement, pour plus de lisibilité
 
 
 Je n'ai pas trouvé de crayonné mais je trouve sa collaboration avec Olivier Coipel très agréable à l'oeil
 Il lui faut clairement un certain style de dessin
Ce qui n'est pas le cas avec Romita jr. Il fut son encreur le moins adapté
Sur un rendu techno comme une armure ça passe (dommage pour le fond traité avec des lignes étrangement posées)...
mais sur de pages intérieures ça ne va plus. Ce n'est déjà pas le meilleur boulot de JRjr (Sentry) alors avoir un encreur qui fige le dessin d'un encrage doux, net et fin... dommage
 Un exemple plus parlant, sur une couv (très très moyenne) qui nécessiterait d'être poussée vers plus de Kirby par un encreur puissant

Morales fait un travail d'orfèvre, de précision, sur un matériau brut qui demande à être maltraité, explosé, voire sali
 Sur la même période, Jrjr a redessiné Sentry, cette fois encré par Janson, et même si ce n'est pas là que le duo fonctionna le mieux côté puissance (cf Thor) on sent une patate plus importante 
Il y a des traits d'encre nerveux, plus rapidement posés, là où Morales s'applique à faire des traits de la même épaisseur, bien parallèles...
La technicité ne fait pas tout, mais avec la "mode" actuelle d'avoir des dessinateurs rendant des crayonnés TRES précis, presque imprimables sans encrage, il est inévitable (mais regrettable bien sur) que le métier d'encreur se tourne plus vers des techniciens que des embellisseurs

mercredi 12 juillet 2017

Tom, Han, Ron et Walter



 En discutant (mails) avec Tom Palmer (oui je sais, je sais :) nous avons évoqué Star Wars et je lui disais que j'étais assez hermétique à cet univers, films ou BD, mais que je feuilletais régulièrement mes vf (Titans), ado,  quand il encrait car sa finition me parlait. Et cette image de Han Solo, ci dessus, m'avait skotché par sa beauté, son réalisme hypnotisant
Il me dit que le piège était de passer de ce gros plan, à la révélation qu'il s'agissait d'une photo. Il m'a envoyé la séquence, en scan des originaux
La repro n'était pas fidèle au travail réalisé à la trame par Palmer sur des découpage du jeune Ron Frenz. Elle l'assombrissait nettement
On voit bien la trame révélée, les coups de pinceaux...
Superbe première page
La suite ne fait que confirmer le talent d'encreur/finisseur de Tom Palmer
On voit également l’interconnexion qu'il y eut sur des années de travail en commun avec John Buscema. Big John a influencé Palmer qui a, à son tour, mis de son trait dans les pages de Buscema. Et sur des cases de Frenz ce rendu "à la Buscema" est visible ici (dernière case de cette page, ou case 4...)
 
 
 Très récemment, il est revenu sur Star Wars et a travaillé sur des découpages de son ami Walt Simonson. On voit les 2 (colo de Laura Martin)
 

lundi 10 juillet 2017

Lee Weeks, tradi ou pas

 Je sais, j'ai déjà parlé de Lee Weeks il y a peu. Mais j'ai oublié de préciser que ce prince du travail "à l'ancienne" (papier crayon encre...) ne rejette pas la modernité
la Chose au dessus est du 100% manuel, sur papier de couleur
Pareil pour cet Iron Man au crayon, qui est d’ailleurs pile poil celui qui est dans ma tête car fidèle à la version que j'aimais ado
 Mais Weeks travaille de plus en plus ses recherches, ses roughs, à la tablette
Comme ici
 Ce qui est un peu surprenant est que, là ou d'autres pousseraient plus loin, quitte à travailler intégralement ce genre de pages sur écran, lui redessine au crayon (magistralement soit dit en passant)
 Au moment de l'encrage, on perçoit ce qui semble être de la trame collée à l'ordi, donc retour d'un peu de technologie, mais avec un rendu tradi
 Une case d'ambiance, que je trouve superbe
Je ne sais pas si les traits blanc, de pluie, ne sont pas un peu faits sur ordi, mais je peux me tromper

 en tout cas encrage plus colo : magnifique résultat
 J'aime beaucoup cette case, mais je me demande si elle est finie/dans la version imprimée. Quelques coups de pinceau donnent tout ce qui est nécessaire à cette échelle
 la même approche, mais avec un fond blindé de textes, perd de son sens
 Pour finir en effet miroir, je m'amuse à coller ce très beau dessin de notre Laurent Lefeuvre, qui permet à cette entrée d’être bien encadrée