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lundi 17 décembre 2018

Ron L

 Je n'en ferai pas une habitude, mais j'ai trouvé les échanges récents sur Rob Liefeld réellement intéressants, alors voici une entrée sur le dessinateur que je considère comme le pire de tous, en mainstream, et travaillant, en pro depuis longtemps, régulièrement.
Ron Lim est à l'opposé de Liefeld en terme médiatique, et sur plein d'autres points. Il parait très sympathique, simple, humble, travaille avec régularité, sans être tape à l'oeil...l'anti Liefeld en somme
Mais le point commun est que je trouve son travail sans le moindre intérêt, d'aucune sorte, quelle que soit la période concernée, le titre, le scénariste, l'encreur, le coloriste...
Il est par moment mauvais, par moment insipide et toujours  sans aucune originalité. Je suis dur mais j'ai vu passer beaucoup de ses travaux, et ce depuis très longtemps. Une constance : un découpage toujours lisible, mais jamais intéressant.
Un travail d'usine
Il a été reconnu, me semble t il, pour son run sur Captain America, mais ça vient du scénario car au dessin, le job était fait, à la Sal Buscema, mais sans apport et moins bien dessiné que le petit frère de Big John.
 Les pages qui suivent sont des originaux donc sans l'excuse de la repro, de la couleur...et couvrent une très large période
Elles sont toutes, au mieux, d'une banalité affligeante, alternant gros plan, plan de côté, d'ensemble... sans recherche
 Spidey a rarement été aussi peu inspiré...
 et que dire de ce Venom, censé être effrayant!?
 Rendre des scènes sans action encore plus plates que ce que le scénario exige? Un talent!
 Découper ce genre de page, à partir d'un plot, C'est du gâchis! Tout est mauvais, et accentué par le fait qu'il servait là de bouche trou pendant les absences d'un très grand : Rick Leonardi! Quel changement!
 Rien à sauver sur ce type de pages

 Parvenir à rendre un Dieu aussi banal, est affligeant
 On me dit qu'après Cap, son run sur le Surfer serait le "mieux"
Argh!
 même sur une pleine page, prétexte à des aliens, et plein de libertés possibles, on a juste des êtres constipés, sans intérêt, mis côté à côté
C'est sur des Thanosseries que je le trouvais le "moins pire"; Et encore, il parvenait à me faire passer George Perez, après qui il dessina un titre, pour un génie (je n'apprécie pas Perez mais il est objectivement dans une autre catégorie que Lim)
 A force de chercher, sincèrement, des choses moins moches, je vois que ce crayonné, sans action ni décor mais avec un perso qu'il maitrise à peu près, est "correct"
 J'essaie de finir sur une touche moins négative. Sur le run génial de Nocenti/ Romita Jr/ Williamson, il y a eu peu de fill in, mais ils était tous bons. Même celui dessiné par Ron Lim était sympa, au scénario. Au dessin je sauve cette page, ou plutôt case (3)
 
Je ne mettais longtemps dans la catégorie de Ron  Lim que Mark Badgey, mais ce dernier a force de régularité et de légères améliorations, m’apparut moins inintéressant.
 Lim sait dessiner, contrairement à Lifeld. Il a une base, mais il n'est absolument jamais allé plus loin que cette base. Il découpe, simplement et tristement, depuis des années, de la même façon. Il dessine de la même façon, prend des plans identiques, a des tics identiques, sans jamais montrer de progrès ou d'efforts. 
Si des travaux, meilleurs, m'ont échappé, je ne demande qu'à les voir et à me tromper

vendredi 14 décembre 2018

Dark Knight Adams

 Associé à Batman, qu'il a contribué à rendre adulte avant Miller, la légende vivante Neal Adams fut régulièrement sollicitée par des fans, pour dessiner le Chevalier Noir sur des blank covers du Dark Knight III
Je trouve amusant qu'il le dessine parfois dans son style personnel, comme dans le dessin ci dessus, tandis que par moments il joue avec un autre style, comme ici un côté plus Andy Kubert (le titulaire du récit concerné par le comics)
 ou un style méconnaissable
 Là il singe Miller, me renvoyant à mes premières versions/lectures du DKR chez Zenda
 
Ce qui m'a plus skotché est une com récente faite en lien direct avec une scène du seul et unique Dark Knight
Il condense en une image une séquence de Miller/Janson, poussant son trait vers celui de l'époque
 

mercredi 12 décembre 2018

Pauvre DD

 Daredevil est probablement la série qui a eu le plus de très haut moments. Scénario ET dessin.
Lee, Everett, Wood, Romita, Colan, Miller, Janson, Nocenti, Romita jr, Quesada, Bendis, Maleev, Brubaker, Lark, Waid, Samnee...
Le souci est que, du coup, la barre est souvent haute et la tentation est grande pour les "moins bons", de "faire du", le plus souvent "faire du Miller".
Charles Soule vient de finir un gros run de près de 40 numéros. Le problème est que contrairement aux grands scénaristes avant lui, il n'a pas eu de consistance au dessin. Garney a débuté, laissant augurer du meilleur, puis a vite perdu pied, et ensuite ce fut la valse des crayons.
Côté scénario, on pouvait attendre beaucoup d'un ex avocat, passionné du personnage
Dur retour à la réalité car, pour moi, ce run est en dessous de tous ceux cités plus haut.
A son crédit Soule a tenté des choses, mais il est rarement allé au bout et du coup le ressenti est l’inconstance, voire inconsistante
J'ai apprécie l'essai de création d'un gros bad boy (en image d'entrée), Muse, et surtout le fait que Fisk devienne maire, permettant un intéressant parallèle avec le bouffon grotesque à la maison blanche dans la vraie vie
Il a tenté le retour du faux frère Mike Murdock
Mais que de mauvaises choses à côté!! Le ridicule tenfingers, l'idée d'un sidekick mal gérée...
Bref, j’attendais pas mal de la fin du run, qui est aussi la pseudo fin du titre, avant l'inévitable relaunch
4 numéros dessinés par Phil Noto
 Noto, je n'apprécie pas. Pour moi il est synonyme de douceur, de pastel, et de ...cucuterie
Quand l'ambiance se prête à ce style guimauve, c'est joli
 mais quand il s'agit de transformer Elektra en perso de soap opera sortie des Romance comics, je dis non


 Ca permet juste au scénariste de rappeler, en quelques noms, que Matt fut un sacré tombeur
 Je ne révèlerai rien de cet ultime run, si ce n'est qu'il est, pour moi, à la limite du foutage de gueule, tant dans la rythme/traitement des évènements, que dans le "twist" final.
Tout cela noyé dans des scènes d'action mal chorégraphiées, des perso ridiculisés (Typhoid Mary!!!!), des scènes convenues enrobées de halo de romance sur des perso tirés des pages modes de Femme Actuelle

 Je ne sauve rien de cet arc final.
Tout juste le grand Bill qui fait une variant cover
C'est le propre, et l'intérêt, des comics, que d'avoir des runs appréciés, et- d'autres moins
Ca crée une attente : celle de l’équipe suivante

lundi 10 décembre 2018

Rob L...

 Je perds très peu de temps, sur ce blog, à évoquer des choses ou dessinateurs que je n'aime pas car c'est une énergie gaspillée, alors que tant de belles choses sont ignorées.
De plus, dessinateur est un très dur métier, et la critique est aisée mais l'art...
Je fais une exception car celui dont il est question ici, est un phénomène en lui même, et tout phénomène est bon à observer.
Déja, laissez moi évacuer un truc, comme ça c'est fait, on n'en parle plus. Depuis l’horreur du Cap America atrocement dessiné, je n'avais pas vu cette version film, bricolée par un fan qui s'est amusé à transposer le dessin en "réaliste"
 Soyons plus sérieux
Pour moi Rob Liefeld, c'est l'image qui ouvre cette entrée. Dessin "in your face", couleurs qui piquent, muscles hypertrophiés, poitrines idem, costumes et design horribles, pas d'anatomie ni de décor...une horreur à tous les niveaux
C'est probablement ce côté "in your face" qui a parlé à pas mal d'ado avant même qu'il ne co crée Image Comics
Le gars arrive, décomplexé, et dessine ce qu'il veut, comme il veut, sans la moindre contrainte
Il apporte sa jeunesse, son énergie (car ses dessins en ont) et sa ..coolitude. 
N'oublions pas qu'une partie non négligeable du succès des Image boys vient aussi de la couverture énorme faite par Wizard magazine, qui montait alors en épingle, béats d'admiration, la moindre bouse production des Golden Boys
Après des débuts chez DC Liefled va vite exploser chez Marvel, dynamitant les new Mutants (Louise Simonson lui doit probablement ses premiers cheveux blancs)
Liefled explose tout (dont le bon goût au passage) il ne se préoccupe pas de ce que les autres ont fait avant lui, il apporte des idées, des créations (pas des moindre, commercialement, ne citons que Cable et Deadpool)
Sa première grosse couv ne m'avait pas déplu, mais l'encrage rond de son pote McFarlane en est probablement responsable
 Sur des splashs pages il est dans l'action, mais le souci est qu'il ne sait gérer du séquentiel que comme une suite de splash  pages/cases
 Il n'est pas possible de dénombrer les fautes de goûts, de proportions, d'anatomies...elles sont si nombreuses qu'elles en forme au final le "Style Liefeld"
 Ne mettons pas la faute sur ses encreurs (et plus tard ses assistants) car ici, c'est un bon encreur (H Barta) qui ne parvient pas à sauver le dessin

Liefled est de son époque. Il correspond probablement à un besoin, à la fin des 80', début des 90, des jeunes lecteurs.Un besoin de nouveauté. Un je m'en foutisme du passé, des références. Un coté "on est des jeunes ont veut de l'action du cool, de la patate"
 Mais pourquoi Liefled est il devenu le symbole du dessinateur que l'on aime détester; le Vince Coletta du dessin? Probablement en partie du fait de son côté grande gueule frimeur,de sa jeunesse, de sa réussite qui fit aussi des jaloux..mais surtout, il me semble, parce qu'il est très mauvais dessinateur et que le succès parait donc injuste. Jim Lee est un bon dessinateur; On aime ou pas son évolution mais il sait dessiner; Portacio pareil (en moins bien, techniquement, que Lee); Larsen a un style Kirby sur une base solide, même Mcfarlane peut (mais pas souvent) faire preuve d'un sens technique réel. pas Liefeld; Tout ce que j'ai vu de lui est esthétiquement discutable, pour le moins.
Il a fait carrière, et fortune, sur un sens des perso, et de l'action, sans aucun fond, sans aucune connaissance des fondamentaux de l'art séquentiel
Ces pages, que je n'ai pas sélectionné, mais qui furent piochées au hasard, se passent de commentaire je pense
 
 
 Voilà ce qui a, semble t il, accroché l'oeil de jeunes fans : des poses et de la bad ass attitude.
 allez je craque, et je montre une case qui m'a traumatisé
 un "bébé"
 J'ai recherché du crayonné, car souvent il y a une magie, un coté in progress, plus agréable; Et bien non
J'ai acheté un X-Force génial, mais c'était pour Mignola. Liefled faisait l'horrible couv et des découpages, pas forcément mauvais d'ailleurs
 
 j'ai , vraiment, cherché sur le net et les forums, des choses que je pourrais apprécier un minimum
Ce Colossus n'est pas abominable, lorgnant vers un Art Adams pas en forme
 Ce Liefeld imitant Jim Lee imitant Miller (imitant Munoz?) est amusant
 Attention, il y a 2 comics dessinés par Liefeld que j'avais trouvé sympa
Avant Image
Ce What if à la couv correcte (l'encrage de Williams explique cela?)
 Dedans c'était plutôt moche, et tout ce que deviendrait Liefled était là, en gestation, mais j'ai justement capté une énergie qui explique le succès qu'il aura très vite
 
 
 Et ce X-Men
Déjà, le scénar est fun, et le synopsis très dense de Claremont obligea Liefled a un minimum de narration graphique, pas juste des pleines pages 

 

  Cadré, drivé, avec du travail, un scénariste et un editor il est possible que Liefled aurait pu être presque intéressant 
Mais laissé  seul, avec son côté sale gosse, rebelle de pacotille, une seule chose apparait très vite sous la fumée des pleines pages, la frime d'une mise en page sans fond, les muscles de papier et les poitrines gonflées : Rob Liefeld est un mauvais dessinateur!
C'est un style, va t on me répondre. Non! Des dessinateurs ont un style, étrange par moment, qui peut déplaire. Citons, sans hiérarchie de talent, Canette, Nowlan, Stroman, et tant d'autres dont le style peut heurter, mais à l'analyse il y a du fond, une connaissance théorique et un choix de faire autre chose. Et que dire de celui qui fut un temps, honteusement, récupéré par les Image boys : Jack Kirby au style si grossier pour certains mais qui n'était que le vernis d'un auteur ayant assimilé tant de choses.  Chez Liefled ce que l'on voit semble être ce qu'il est! Tout est, malheureusement, sur la page, au premier degré.
Expliqué, ou pas, son succès ne fut pas sans conséquence : il a lancé la mode des pages explosives, qui ne peuvent que se vendre sur le marché de la planche originale car composées de splashs pages ou de cases énormes, il a fait école chez pas mal de tacherons ("pourquoi pas moi puisque lui y est arrivé"), des vétérans, comme Herb Trimpe, se sont vu imposer un temps de travailler "comme Liefeld, ou Lee, parce que "c’est ça qui vend mon coco", 
Même l'un de mes chouchous a pondu le pire travail de sa carrière sur le perso de Rob, avec une approche graphique similaire
Désolé, j'ai été bavard, mais je ne voulais pas juste dire "c'est moche, j'aime pas"