Puisque l'annonce d'un confinement arrive à grand pas, il va falloir s'occuper.
La lecture est de mise
Je sentais que je parlerai de ce livre, qui me faisait de l'oeil.
Sur le papier, je ne suis pas la cible.
Je m'explique : il y a des sujets qui, pour moi, se prête plutôt à des livres "sans images". Ce sujet me parle, et j'ai lu des trucs fascinant dessus. Mais quand ils sont adaptés en bd il faut, toujours selon mes goûts, que ce soit avec un angle graphique décalé, original, non conventionnel. C'est pour cela que je suis avec plaisir l'aventure de la Revue Dessinée depuis ses débuts, car nous avons sovons chez eux un vrai croisement "langage littéraire/langage BD"
Ici non, le langage BD est très conventionnel, il suit un narration classique, et révèle, j'imagine, que les scénaristes sont de l'école classique également, type Van Hamme
Ce n'est pas "mon école" et pourtant j'ai beaucoup aimé cet énorme pavé qui, en 441 planches, raconte l'histoire de LA Bombe, Atomique, celle qui débute par une découverte (la fission) et se termine en cauchemar encore difficilement concevable aujourd'hui (Hiroshima...)
Les co scénaristes Alcante et Bolle livrent une somme, et veulent, je pense, que leur récit soit une réference, correcte jusqu'au moindre détail
Moi je m'en moque un peu de l'absolue justesse, de savoir que le nombre de boulons est le bon..je veux juste que l'essentiel des faits le soit, réel, et correct. C'est évidemment le cas ici.
Ce qui m'emporte et m'importe, c'est la vision humaine de ce qui deviendra un drame
Et c'est une réussite
Le dessin? Denis Rodier est entre la culture US (il a bossé sur Superman, entre autres, et le très bon Damned avec Mike Zeck) et le style FB. Il est surtout un évident fan des grands anciens, que sont Sickles, Caniff...
Je crois que je n'aurais pas acheté ce livre s'il avait été en couleurs.
Quel boulot que d'aligner autant de scènes statiques, de parlote, de gars debout, assis, qui parlent...sur tant de pages!!!
Il emporte l'histoire en étant rigoureux sur tous les personnages, en racontant très bien, en suivant des règles...tout ce qui fait que ce livre sera un succès
Mais ce qui me plait, moi, ce sont les petits moment de fulgurance, quand Rodier se laisse un peu aller et qu'il va plus vite à la finition, ou qu'il fait des effets de texture
Et soyons clair, c'est son encrage qui me laisse assez pantois!
Il y a un plaisir de l'encrage qui se ressent à la lecture.
Je le rapproche de ce que fait Mandrafina, de ses jeux de pinceaux et de cette sensualité de l'encre, même sur des scènes en apparence anodines
Bref ce sera un succès, et c'est mérité, j'arrête, je suis trop bavard
Quelques images tirées, je crois, du twitter de Rodier
Le trio raconte bien, et Rodier emballe le tout
Le plaisir de l'encrage semble se cacher dans pas mal de cases, pas forécement les plus impressionnantes
Un exemple de crayonné et d'encrage
Mr Rodier s'amuse (ou pas?) sur une double page tirée de la partie saisissante, graphiquement, de l'après Bombe
Voici ce que représentent plus de 400 pages
En paralèle de ce livre, je lisais celui d'un physicien que j'aime beaucoup, Etienne Klein, sur la vie d'Einstein. Quand arrive, chez Klein, une scène que l'on retrouve dans le récit BD, on constate que ce dernier est en effet bien référencé