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vendredi 15 mars 2019

DD remonte la pente

 Pauvre Daredevil! Il en aura connu des hauts et des bas
Bon c'est aussi le jeu, et l'un des intérêts majeurs d'une série de plus de 50 ans. Voir les traitements divers et variés selon les époques.
C'est le seul et unique titre que je suis depuis très très longtemps, et en vo/single.
Après un excellent run de Waid/Samnee qui eut l'intelligence de quitter l'ombre tutélaire de Miller, et de s’éloigner même de la veine polar de Bendis ou Brubaker, la tache était ardue.
Le run récent de Soule fut, pour moi, un échec à près de 80%. 
Des bonnes idées mal exploitées, quelques rares sympas (le Caid maire...) et un dessin passant de inégal à mauvais.
Soule est parti sur ce que je considère comme un pétard mouillé.
Pour faire le lien avec la série qui est (encore) relancée actuellement nous avons eu droit à une mini série en 5 numéros, sous moche couv de Kyle Hotz 
Dire que cette mini s’appelle comme le bon livre de Miller/Romita jr!?
 Ce n'est pas ce que j'ai lu de pire sur le perso, mais presque (et quoi que...)
Une horreur
Matt dans un lit d’hôpital (pour une raison-no spoiler- quasi ridicule) sur 5 numéros, qui voit en gros défiler sa vie (et Foggy)
Cette page aurait suffit, amplement
 Sans rire, un pitch pareil, n'importe quel éditor digne de ce nom devrait répondre à un Jed Mackay : "tu rigoles mon gars, tu vas nous faire un comics de 22 pages, grand max, avec ça, pas 5"
 Je pense à Ralph Macchio, qui fut le meilleur editor de DD,  et à l’apoplexie d'un Jim Shooter s'il voit ça.
Les dessinateurs changent à chaque numéro avec une constante : une forme marquée de médiocrité, à différents degrés (ce Caid en page 2!!!)
 
 argh
 La dernière case résume mon ressenti  en fin de lecture
 Heureusement arrive le (re)lancement du titre
 Je ne connais pas Zdarsky (sauf la série tv, avec Hutch), qui a l'avantage d’être aussi dessinateur sur d'autres projets et semble capable d'écrire visuellement
Il revient au DD noir, ce qui n'est pas inintéressant car les comics sont un éternel balancier et se mettre en compèt avec Waid/Samnee aurait été vain et trop tôt.
Le pitch est intéressant (je ne le révèlerai pas pour les lecteurs vf) et me donne, enfin, envie de suivre le perso
Je connais très peu Checchetto mais il m'intéresse ici.
Un trait fin et précis, des noirs bien placés, une forme de réalisme assez bien pensé
 un bémol : on voit qu'il bosse sur écran et il peut se laisser emporter sur des pages qu'il remplit un peu trop et qui, une fois réduites, se trouvent par moment trop petites pour apprécier le dessin complet
 Le costume part un peu vers du "crédible" (l'effet Netflix) sans trop en faire.
Bon mix
 Je n'ai lu que les deux premiers mais c'est prometteur
 Si DD s'adressait aux lecteurs dans cette case je lui répondrais : "nous aussi"
 Marvel s'est amusé à proposer des variants par Romita jr. Puisque ca fait des années qu'il ne bosse plus pour eux ils ont pris des images de son vieux portfolio, mises en couleur (par Isanov je crois)
 
 Ce qui me donne l'occasion de crier au monde que le volume 2, en vf, du run génialissime de Nocenti/Romita Jr/Williamson vient de sortir chez Panini!
Une couv bof car si l’idée était marquante le dessin était rapide et la (re) colo pas super heureuse
Étrangement ils ont gardé le fill in dessiné par Leonardi alors qu'il ont enlevé tous les autres, mais comme c'est le meilleur bouche trou ce n'est pas si grave.
Avec ces deux énormes pavés (le 2 attend sagement sur ma pile) vous avez tout le run, du 250 au 282.
Un bijou vintage de très haut niveau

mercredi 13 mars 2019

Drôle de Hulk

 Cette couv est anglaise
Il y a des décennies, comme Lug faisait refaire des couv Marvel par Frisano, Tota, Mitton, les anglais (et d'autres pays aussi d'ailleurs) refaisaient des couv pour leurs importations de comics Marvel
Des auteurs, de chez Marvel, faisaient aussi leurs premières armes en bossant pour le département uk. Refaire des pages, des intro...La planche ci dessous est refaite à l'identique parait il  (mais impossible de trouver l'original us!) par un tout jeune John Romita Jr.
Original et version publiée
 
 Le dos de l'original atteste du fait que c'est bien le premier boulot de JRjr
 On passe au père, toujours sur Hulk
En tant que directeur artistique, John Romita faisait des roughs de couv
Je trouve celui ci bien plus percutant que la version finale de Gary Frank
 
 Deux couv vintage, recréées (commissions) par le fou furieux Art Adams. Il garde la compo et met sa patte de méticuleux forcené
 
 
 
 A l'origine de cette entrée, je voulais montrer l'énorme différence de rendu final, sur un même perso et un même auteur (oh, surprise, Romita Jr) selon l'encreur. Une page encrée par Janson, et une par Morales. Certes l'action se prête moins à la démesure dans la 2 mais l'encrage ultra doux n'aide pas à donner de la puissance (contrairement à la 1)
 
 Pour finir, toujours sur Hulk et l'inadéquation crayonné/encrage. Mark Farmer, excellent sur Alan Davis, n'allait pas sur le crayonné de Joe Kubert (donnant là un coup de main à son fils Adam) qu'il fige complètement et rend trop fin, trop "joli"

lundi 11 mars 2019

Mort...Cendres...et Chef d'oeuvre!

 Je suis dans un comics shop Londonien, entre deux visites et avant d'aller voir la Pierre de Rosette au British Museum et je craque pour ce livre.
Anecdote qui me fait croire au hasard, dès le début du livre on est à Londres, et le gars voit débouler un Pharaon mort. Amusant.
Je n'ai évoqué Alberto Breccia (dont c'est le centenaire de la naissance cette année) qu'une seule fois, il y a 6 ans, ici
Et je m’étais gouré en disant avoir lu Mort Cinder
Je ne sais pas avec qui ou quoi j'ai confondu mais j'ai confondu car vu la claque que je viens de me prendre je le saurais si je l'avais déjà lu 
Il y a pas mal d'éditions vf  de ce récit de 1962/64, dont une version Vertige Graphic je crois, plutôt bien parait il
Mais là c'est de la vo, chez l'un des plus grands éditeurs qui, cerise sur le gâteau, annonce une collection Breccia qui regroupera tout
Et bien je pense que je prendrai tout
Je n'utilise que peu ce mot, vite dévoyé mais Mort Cinder est un chef d'oeuvre. Point.
Le scénar de Oesterheld (éliminé, avec sa famille, sous la dictature argentine!!!) est simple, bien pensé et donne la base nécessaire, le véhicule, au génie qui attaque les pages à l'encre.
Un homme, Mort Cinder, revient sans cesse d'entre les morts, quelles que soient les époques et les lieux. Un vieil  antiquaire (aux traits de Breccia alors vieilli) le suit tant bien que mal.
Des sujets auraient parfois mérité plus de pages mais on a l'essence de l’idée, au moins, à chaque fois. Des récits ésotériques que Mignola poussera plus loin avec Hellboy, des jeux de passage dans le temps tout juste suggérés mais jamais confus, des paraboles, des anecdotes, des récitatifs parfois un peu longs mais d'époque et qui donnent un ton,magnifié par le dessin...
Le gros pavé de Fantagraphics, ici, comprend quelques pages scannées à partir des revues d'époque, mais assez peu, l'essentiel venant des planches originales
la première, celle ci, vient d'une revue, et elle est assez sage

 Très vite le génial Breccia attaque son clair obscur (sans oublier les détails, remarquez la bouteille de lait sur le pas de la porte, typique de Londres)
 L'expressionnisme, en bd, nécessite absolument une reproduction laissant voir le trait, le pinceau, la matière
On est servi pour admirer l'encrage au rasoir, couteau, bâton, collages, doigts..
Breccia use de tout ce qu'il peut pour nous faire rentrer dans l'image, dans l'ambiance
J'ai lu sur le net (The Comics Journal je crois) qu'on pourrait parler d'un Alex Raymond en forme encré par un Bill Sienkiewicz au plus fou de ses travaux. Pas faux mais très  réducteur.
Breccia est plus que ça
 Par endroits il va loin et on pourrait presque perdre le fil mais non, il reste accroché à une narration. Seule la beauté de certains cases m'a parfois stoppé dans le récit.
Une partie de l'histoire est à lire en tournant le livre pour avoir les pages à l'italienne, ce qui peut rebuter, mais l'éditeur n'y est pour rien, il s'agit d'épisodes publiés sous ce format en Argentine .

J'ai trouvé sur le net ces exemples de planches originales, mais elles sont si proches de la version us que ça ne trompe pas sur ce que le lecteur aura sous les yeux
 
 
En 4 de couv Fantagraphics indique : Before Mike Mignola...before Frank Miller...there was Breccia.
 Un poil 'racoleur", mais vrai
3 photos floues prises de mon livre
Celle ci montre que Miller ne doit pas seulement beaucoup à Breccia pour le n et b de Sin City, il a également pris des idées du duo pour 300, car l'un des récits raconte le combat des Spartiates (de manière différente certes, et avec une autre fin que celle de Miller)
Il adapte alors son style, allant plus vers ce qu'on pu faire Poivet ou De La Fuente
 Celle ci est méga floue mais montre que Breccia sait être dans la retenue (et aussi bon)
Et là, en plus d'en prendre plein les yeux sans action, et en plans rapprochés, on voit que très nombreux furent ceux qui ont du lorgner vers Breccia à un moment ou à un autre de leur carrière (on a même un peu de Wrightson, ne serait ce que dans la main/case en haut à droite)

 Je suis pour le moins conquis. 
J'hésitais à chercher d'autres de ses oeuvres mais à l'annonce de la collection complète à venir, chez Fanta, je vais attendre et je vous laisse avec un lien qui peut vous prendre du temps, celui ci, et  sur un auto portait d’Alberto Breccia (sur la fin de sa vie)

vendredi 8 mars 2019

Leonardi enseveli sous la couleur

 Voir l'image, assez récente, ci dessus, de Rick Leonardi, moyennement encrée (par lui même, qui n'est pas son meilleur encreur) assez horriblement colorisée, m'a renvoyé à celle, ci dessus, que j'avais déjà montré : Dan Green a du avoir une attaque en voyant son encrage disparaitre quasi intégralement, et remplacé par la colo (même si le rendu final est sympa)
 Le même Green, remis d'une potentielle attaque, fut-il assez résistant pour encaisser un second coup de couteau dans le dos : il disparait à nouveau sous cette colo (au rendu final moins bon cette fois)
 Il entame une convalescence fictionnelle en ré apparaissant, à peine, sous celle ci (de colo)
 Cette punition n'est pas dirigée que contre ce bon vétéran de l'encrage, car je vois qu'un tout jeune encreur, que je ne connaissais pas, Roberto Poggi, a droit au même traitement (sur le même dessinateur)
Le vieux fan que je suis regrette clairement les aplats d'antan (et en + on avait Williamson à l'encrage!)
 
 Sur celle ci le grand Rick nous fait une "auto citation", renvoyant à la couv de ce qui reste, pour moi, le plus beau de tout ses épisodes (je parle de single sur série continue)
 


Lundi il sera question d'une Masterpiece, sans lien avec l'entrée de ce jour
Et je pense que personne ne devinera de quel livre je parlerai