Petit focus sur Art Adams, dessinateur exceptionnel s'il en est, même si éloigné de mon "école de dessin"
Starisé dès ses débuts (très jeune) il a quitté les projecteurs volontairement, se faisant rare un temps, et il revient sur le devant de la scène depuis quelques temps. Il est de ces (très) rares auteurs capables de cumuler sens du détail (euphémisme) et grande lisibilité.
Il a réussi à très vite synthétiser le meilleur de l'animation, du manga et des comics
Ma première vraie approche du gars se fit sur ces vieux X-Men en terre sauvage, de mémoire encrés au moins partiellement par son meilleur encreur (autre que lui même) : Terry Austin
Cet annual d'Excalibur était aussi très bon (toujours Austin)
Et j'étais assez subjugué par la finesse et le design de son Spidey (ici sur scénario de l'excellentissime Ann Nocenti)
Ce qui me fait penser que celui qui a, fort heureusement, toujours reconnu son influence, Jeff S Campbell (un clone d'Adams a ses débuts), n'aurait en effet pas pu le nier. Comment ne pas voir ce qui marqua le jeune Campbell quand on voit ces recherches d'A. Adams, et ce rough
La mini/maxi série qui a propulsé Adams au rang de star. Longshot! Scénar de Nocenti et encrage d'une future (à l'époque bien sur) star d'Image : Whilce Portacio. Bizarrement je ne suis pas fan. Le scénario était étrange mais ne m'accrochait pas, et le dessin était trop hybride pour moi
Ma vraie claque vient de ces 2 épisodes des FF, partis d'une boutade de chez Marvel :" remplaçons les FF par les perso les plus vendeurs!" Le malin et génial Walter Simonson, scénarise ce qui devint un énorme succès : action, humour, décalage et dessins superbes. Un must. Même celui qui a toujours été un encreur très moyen (selon mes goûts) A Thibert se surpasse
Cette couv est devenue ultra connue
Ne parlons même pas de ce Wolverine encré par Austin, qui a fait le tour de la planète comics sous toutes ses formes (posters, pubs...)
Un Art Adams encore en devenir malgré tout...
...et qui, comme son ami Mignola, va prendre toute sa dimension quand il peut enfin choisir ses projets à 100%
Premier essai sur ce one shot Creature of the Black Lagoon (de mémoire) encré par un Austin ultra boosté, en pleine forme, et qui ne séparait pas encore trop tous ses traits d'encrage. Géant
Comme Mignola, il va ensuite créer SA série, Monkeyman and O'Brien. Il s'est fait plaisir, mais contrairement au papa de Hellboy il ne persisitera pas avec son perso et reviendra vers les grands éditeurs (plus lucratifs pour quelqu'un qui ne peut produire beaucoup en peu de temps, tout en pouvant se permettre de ne pas tout accepter chez les grands de l'edition)
J'aime voir sur ce type de page le peu d'infos qu'il se donne à lui même au stade du découpage, avant de se lancer sur la page finale
Quelques combo de stars un peu anciennes :
Je trouve que le trait rond (de l'époque) de Mignola à l'encrage ne correspond pas au crayon de Adams
Idem (hérésie, je sais) : BW Smith n'est pas le plus adapté à l'encrage, tirant à lui un (très) bon bout de couverture (comme toujours)
Alors qu'un encrage lâché, même s'il s'éloigne un peu de l'intention du trait d'origine, apporte un plus décalé et agréable, que ce soit Bill Sienkiewicz...
...ou Klaus Janson
Le Art Adams moderne : il sait ce qu'il ne veut plus (travailler avec des deadlines serrées) et ce qu'il veut (se faire plaisir, en illu, rester comics tout en mettant des tonnes de détails,et ne rien sacrifier en qualité)
il a donc longtemps choisi de ne faire que des couv ou des travaux de commandes. c'est magique!
Tim Townsend possède cet original impresionnant
Couv récente assez folle : des détails à la pelle mais une gestion de la lumière parfaite et une clareté max
Idem sur cette commande, au fond qui doit prendre des heures
Sur celle là les mots me manquent. Autant de détails que Geof Darrow. Rien de brouillon ou d'illisible.
On sent le travail de placement et de compo préalable aux centaines d'heures de finition
Pareil
Et peut être même "pire" sur ce Star Wars à couper le souffle
On termine en apothéose. Une vraie démo de talent brut : compo, lumière, lisibilité et finitions de malade
Adams a retrouvé le chemin de la narration séquentielle (la BD quoi) mais sur des projets sans deadline. Il est passé en mode impression directe des crayonnés de nos jours. Et c'est dommage. Même s'il est de ces auteurs au trait si net que l'encreur n'a qu'à passer par dessus le crayonné, on sent qu'il manque quelque chose (même si la technique s'est bien améliorée en repro). Pas en l'état, si l'impression était en noir et blanc, mais une mise en couleur uniformise forcément le tout (y compris les différents plans) alors qu'un encrage (par lui même si possible) rendrait le produit final plus agréable