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vendredi 9 décembre 2011

Noir c'est noir, par Miller et +

De l'art, presque perdu, d'un "encrage viscéral". Ci dessus : sur un (bien vieux) dessin original, probablement plus proche du rough, du sous estimé Al Milgrom, Janson a trituré la matière et les textures. Cette haute resolution permet de voir le jeu du zipatone : la trame a été collée puis il est repassé dessus avec du blanc par endroit (idem pour les immeubles : des gros traits épais croisés qu'il vient casser avec tu tip ex/gouache blanche pour les fenêtres)

Comparez avec ce bout de page d'un épisode mémorable de DD par Miller, exceptionnellement encré par Terry Austin : un encrage net, précis qui ne rajoute rien mais n'enlève rien non plus. Très respectueux.
Un rendu loin de l'interprétation de Janson. Intéressant. Là aussi la trame est collée et il redessine par dessus à l'encre


Et du pur Miller marquant une évolution : une ancienne illu, même si bien postérieure à Dark Knight Returns. On y voit la mise en place rapide au crayon bleu, et le fait qu'il a tout dessiné puis beaucoup noirci ensuite par endroit
Très Sin City 

Alors que sur cette couv bien plus récente (pour l'edition absolute du Dark Knight) si le final reste bien fort en noirs, la démarche est très éloignée : Miller travaillait alors sur (très) grand format (dessinant souvent debout, comme un peintre) et on sent bien les coups de pinceaux (et de jets d'encre) nerveux, rapides, sur un crayonné que l'on devine succint. Un encrage représentatif de l'auteur aujourd'hui : lâché, spontané, puissant. J'adore également

mercredi 7 décembre 2011

DKR Miller/ Janson cases

The Dark Knight Returns est une oeuvre culte, sans aucun doute possible
Sa réalisation ne fut pas un long fleuve tranquille. La brouille dessinateur/encreur Miller/ Janson
 dura longtemps et date de DKR justement. En gros les 2 premiers numéros ne posèrent pas de  problèmes. Miller estima que le 3 ne lui plaisait pas bien, en cours d'encrage. Il a donc ré encré (ou encré avant de les passer à Janson) de nombreuses cases du 3, et certaines du 4 (des planches entières parfois)
Les ruptures de style sont visibles (les 2 premiers sont encrés plus "gras" et le style se lâche souvent sur les 3 et 4) mais ca ne me genait pas, même ado, à la lecture. J'aimais même beaucoup cet aspect très brouillon qui collait au ton de la mini série : Janson usait d'un fort contraste ligne très fine/ligne épaisse, alors que Miller ne mettait pas de volume à sa ligne, et presque jamais d'aplats
J'ai trouvé des haute res de certaines cases. Elles sont, presque à coup sur, encrées par Janson entièrement, mais sur des séquences/périodes/pages qui furent partiellement encrées par Miller.
On a donc un style très "libre" de Janson, qui ne devait pas toujours (j'imagine) être motivé par un boulot que Miller encrait partiellement lui même
J'aime quand même





Très vite, une "2ème couche"

mardi 6 décembre 2011

Coup de Soleil

Paru p 92 du tout nouveau Lanfeust Mag (148)

Je ne suis pas vraiment lecteur du mag car je suis un peu vieux pour ça j'en ai peur (même si l'article dit le contraire :-). J'avais envoyé un exemplaire chez Soleil car quelques auteurs du portfolio sont "de la maison" (Vatine, Tota, Alary, Louis, Biancarelli, Sieurac...)
Agréable surprise que ce petit encart. Très sympa
Et anecdote amusante : il est placé tout contre la sortie annoncée des Conquérants de Troy 3 par ...
Ciro Tota

lundi 5 décembre 2011

Mitton 2

J'ai dit ici il y a quelques temps, tout le bien qu'il fallait penser de l'initiative, à soutenir, d'Images Innées qui édite en vf (n et b luxueux) le Phantom de Jean Yves Mitton
Le t 2 est dispo (infos là ) et le boulot, d'édition comme celui de JY Mitton, est toujours aussi bon
Jetez vous vite sur la souscription du 3 si vous espérez avoir un tiré à part avec , c'est là que ca se passe
En attendant le t 4 (et dernier)
Du très bon, très solide, Mitton

Lee, le King et les FF

Si vous en avez l'occasion, et aimez les Marvel des débuts, jetez vous sur ce livre (US only) qui compile à peu près tous les premiers épisodes de tous les perso Marvel
Près de 500 pages couleur pour 30 usd
Mais ce qui motive cette entrée est le fait que le bouquin reproduit le synopsis original, tapé à la machine, fourni par Stan lee à Jack Kirby pour les Fantastic Four 1.
2 pages de synopsis. 2!! qui sont prévus pour devenir 11 pages d'histoires (que Kirby étirera sur 13) Passionnant de voir tous les changements faits entre ça et le comics final. Changements probablement essentiellement dus à Kirby (il faudra que je fasse une grosse entrée sur ce génie un jour quand même)

Stan Lee présente ses perso et il est intéressant de noter les énormes changements par rapport à ce que deviendra le titre au final. Quelques exemples :
-Susan (Jane pour les fans Français) devait ne pas pouvoir redevenir visible (ce qui fit dire par lee, à Kirby, de veiller à lui faire garder ses vêtements et éviter d'être trop sexy dans  les dessins). Elle devait porter un masque imitant son propre visage
-La torche avait interdiction de bruler un être humain (consigne donnée à Lee par la censure de l'époque)
-Ben/ The Thing devait être assez mauvais de fond, et n'intégrer les FF que pour s'approcher de Susan dont il est amoureux, et laisser le lecteur croire qu'il allait sans arrêt faire échouer les projets du groupe
-Mister Fantastic avait aussi le don de transformer son visage pour ressembler (avec efforts) à qui il veut
Et j'adore la note de Lee à Kirby, demandant à ce que l'expédition qui leur donnera leurs pouvoir soit à destination "des étoiles" et non pas de Mars car "à l'allure où vont les communistes ils auront peut être atteint Mars quand sortira le comics"!!! Ah, 1961 et son contexte geopolitique

Pour finir, une pub très classe de l'époque 

Une recréation de la couv du 1 par Kirby lui même, encrée par Sinnot (alors que l'on ignore qui encra l'originale)


une fiche de présentation du chef 

Et une "petite annonce" datant, je crois, de 1989, avec un prix de vente qui ferait s'évanouir tout fan actuel du King 

Et le FF par The King alone



samedi 3 décembre 2011

Le combat des chefs

Non, pas le combat Marv/ Batman, mais l'accrochage entre les deux demi Dieux des années 80 :
Frank Miller et Alan Moore
Que Miller soit bien bien à droite et se radicalise depuis des années n'est un secret pour personne (cf le ridicule, scenaristiquement parlant, Holly Terror)
Il s'est récemment fendu d'un billet contre le mouvement de protestation actuel "occupy Wall Street" C'est là
On en pense ce qu'on veut mais le gars est dans l'excès il me semble.

Moore est plus réflechi (qui a dit intelligent?) Il donne sa vision du thème ici et en profite au passage pour égratigner (avec excès aussi je pense) l'oeuvre de Miller des 20 dernières années

Mais ce qui m'a intéressé est le coup de gueule graphique d'un Richard Pace dont j'ignorais l'existence. Il attaque Miller avec ses propres armes, utilise avec malice les cases du Maestro, et c'est plutôt efficace 
Sa version avant ordi 

Dire qu'en 2001 lorsque Miller a réagi aux attentats avec ce dessin, je l'ai trouvé plutôt juste, voire presque "fin" (pour le gars)

Erreur
Qu'il est loin le Miller que j'ai idolatré avec des scenario certes pas ultra pacifiste mais qui analysaient + et avaient une sacrée classe

Il ne prêche plus comme son héros Marv ici 

vendredi 2 décembre 2011

King Arthur


Petit focus sur Art Adams, dessinateur exceptionnel s'il en est, même si éloigné de mon "école de dessin"
Starisé dès ses débuts (très jeune) il a quitté les projecteurs volontairement, se faisant rare un temps, et il revient sur le devant de la scène depuis quelques temps. Il est de ces (très) rares auteurs capables de cumuler sens du détail (euphémisme) et grande lisibilité.
Il a réussi à très vite synthétiser le meilleur de l'animation, du manga et des comics

Ma première vraie approche du gars se fit sur ces vieux X-Men en terre sauvage, de mémoire encrés au moins partiellement par son meilleur encreur (autre que lui même) : Terry Austin 

Cet annual d'Excalibur était aussi très bon (toujours Austin) 

Et j'étais assez subjugué par la finesse et le design de son Spidey (ici sur scénario de l'excellentissime Ann Nocenti) 
Ce qui me fait penser que celui qui a, fort heureusement, toujours reconnu son influence, Jeff S Campbell (un clone d'Adams a ses débuts), n'aurait en effet pas pu le nier. Comment ne pas voir ce qui marqua le jeune Campbell quand on voit  ces recherches d'A. Adams, et ce rough 


La mini/maxi série qui a propulsé Adams au rang de star. Longshot! Scénar de Nocenti et encrage d'une future (à l'époque bien sur) star d'Image : Whilce Portacio. Bizarrement je ne suis pas fan. Le scénario était étrange mais ne m'accrochait pas, et le dessin était trop hybride pour moi


Ma vraie claque vient de ces 2 épisodes des FF, partis d'une boutade de chez Marvel :" remplaçons les FF par les perso les plus vendeurs!" Le malin et génial Walter Simonson, scénarise ce qui devint un énorme succès : action, humour, décalage et dessins superbes. Un must. Même celui qui a toujours été un encreur très moyen (selon mes goûts) A Thibert se surpasse
Cette couv est devenue ultra connue 

Ne parlons même pas de ce Wolverine encré par Austin, qui a fait le tour de la planète comics sous toutes ses formes (posters, pubs...)
Un Art Adams encore en devenir malgré tout...


...et qui, comme son ami Mignola, va prendre toute sa dimension quand il peut enfin choisir ses projets à 100%
Premier essai sur ce one shot Creature of the Black Lagoon (de mémoire) encré par un Austin ultra boosté, en pleine forme, et qui ne séparait pas encore trop tous ses traits d'encrage. Géant


Comme Mignola, il va ensuite créer SA série, Monkeyman and O'Brien. Il s'est fait plaisir, mais contrairement au papa de Hellboy il ne persisitera pas avec son perso et reviendra vers les grands éditeurs (plus lucratifs pour quelqu'un qui ne peut produire beaucoup en peu de temps, tout en pouvant se permettre de ne pas tout accepter chez les grands de l'edition)
J'aime voir sur ce type de page le peu d'infos qu'il se donne à lui même au stade du découpage, avant de se lancer sur la page finale 

Quelques combo de stars un peu anciennes :
Je trouve que le trait rond (de l'époque) de Mignola à l'encrage ne correspond pas au crayon de Adams


Idem (hérésie, je sais) : BW Smith n'est pas le plus adapté à l'encrage, tirant à lui un (très) bon bout de couverture (comme toujours)


Alors qu'un encrage lâché, même s'il s'éloigne un peu de l'intention du trait d'origine, apporte un plus décalé et agréable, que ce soit Bill Sienkiewicz... 
...ou Klaus Janson 

Le Art Adams moderne : il sait ce qu'il ne veut plus (travailler avec des deadlines serrées) et ce qu'il veut (se faire plaisir, en illu, rester comics tout en mettant des tonnes de détails,et  ne rien sacrifier en qualité)
il a donc longtemps choisi de ne faire que des couv ou des travaux de commandes. c'est magique!
Tim Townsend possède cet original impresionnant 


Couv récente assez folle : des détails à la pelle mais une gestion de la lumière parfaite et une clareté max

Idem sur cette commande, au fond qui doit prendre des heures 

Sur celle là les mots me manquent. Autant de détails que Geof Darrow. Rien de brouillon ou d'illisible.
On sent le travail de placement et de compo préalable aux centaines d'heures de finition 
Pareil 

Et peut être même "pire" sur ce Star Wars à couper le souffle 

On termine en apothéose. Une vraie démo de talent brut : compo, lumière, lisibilité et finitions de malade 

Adams a retrouvé le chemin de la narration séquentielle (la BD quoi) mais sur des projets sans deadline. Il est passé en mode impression directe des crayonnés de nos jours. Et c'est dommage. Même s'il est de ces auteurs au trait si net que l'encreur n'a qu'à passer par dessus le crayonné, on sent qu'il manque quelque chose (même si la technique s'est bien améliorée en repro). Pas en l'état, si l'impression était en noir et blanc, mais une mise en couleur uniformise forcément le tout (y compris les différents  plans) alors qu'un encrage (par lui même si possible) rendrait le produit final plus agréable