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lundi 6 avril 2015

Iron-Layton

 Demon in a bottle est une saga "culte" d'Iron-Man en ce sens où pour la première fois dans l'histoire de ce fade perso, du pathos et un sujet d'actu (l'alcoolisme) était (lourdement) introduit dans la série. O'Neil faisait cela, mieux à mon sens, chez DC ou avec Daredevil, mais Michelinie a fait là une saga qui a marqué, au point d’être reprise plus de 20 ans plus tard dans les films sur tête de fer. Nous sommes fin des années 70 et le début de la fin de l'innocence a sonné
Sur ce run Romita jr fait des crayonnés,maladroits mais assez solides, que le déjà vétéran Bob Layton fait sien, considérant le personnage comme sa chose
Je n'apprécie pas Layton que je considère comme un mauvais dessinateur. Malheureusement c'est également un mauvais encreur, quand il estime de son devoir de faire du Layton (on verra qu'il sait être bon en d'autres circonstances)
Il a recrée à l'identique la couv, qui reste donc aussi moyenne qu'à l’époque
 Romita jr n'était pas mauvais, ses découpages tenaient la route. Layton encrait plutôt bien l'armure
 
 Une page très connue de la série. Tony Hamlet tient sa grosse tête en main
 La planche originale révèle un joli traitement zip a tone sur l'armure mais la perspective reste moche, tous les objets sont plats, (mal) posés sur une table en métal, sur un sol en métal et des rideaux..de fer
 Layton a récemment recrée cette illue, réussissant à mes yeux l'exploit d’aggraver les choses (bouteille tordue, verre volant...) la tête de Tony est encore inférieure (avec ce "liseré" blanc de détourage du pire effet) Seul le lettrage du titre de journal a gagné  quelque chose
 George Tuska avait donné de cette même scène une meilleure vision (métallisée à l’encrage par Layton)
 Et quand Layton veut en faire une "couv variant", au secours
Même cette couv iconique de Romita Jr/Layton est pleine de défauts (rupture probable du genou et de la cheville gauche entre autres)
 Adepte des recréations Layton en conserve les défauts
 Mais cela vaut mieux encore que cette réutilisation de l'original, blindé d'effets de lumière aveuglants
 Non décidément rien ne vaut la version figurine de la scéne citée :-)
Ma préférence va à ce vieux What if montrant un Tony boulimique plutôt qu'alcoolique. Meilleur dessin de Jrjr et encrage plus adapté
 Je quitte Demon in a bottle pour rester sur cette période tout de même, et sur Layton
L'encrage métallisait (ou à tout le moins rigidifiait) les humains d'un Romita jr pas encore au top de son potentiel (euphémisme)
 mais sans humain, et avec une mise en page efficace, ça fonctionnait
 Bien des années plus tard Layton encrait, respectueusement cette fois, la toute première couv du 2nd run de JRjr
 En tant qu'encreur Layton pouvait briller (et pas que sur du métal, ok facile). Carmine Infantino est très chouette ici, avec un visage de dernière case superbe
 Et sur Gene Colan on reconnait le trait, enfin, la pose, ou le style...enfin non ce n'est pas un très bon exemple de respect en fait
 Le chef d'oeuvre, le vrai et le seul, de Layton encreur c'est sur son ami (de l'époque en tout cas) Barry W Smith. Pour le coup il a montré une technique sans faille, un respect absolu du trait (très certainement très poussé) Magnifique boulot car il ne devait pas se sentir investi d'une mission autre que celle d'aller dans le sens du dessinateur
 Ne trouvant rien du tout à mon goût de Layton dessinateur j'ai cherché, vraiment, mais je n'ai trouvé que deux dessins : un Fin Fang Foom (pour rester dans le ton d'une entrée récente) plutôt sympa...
 et un dessin (façon corner art de Romita jr 2nd run) qui montre une tête correspondant vraiment à "mon" Iron-Man

vendredi 3 avril 2015

Marvel comics Années 80

  Pour une fois peu de visuels mais un conseil de lecture, ci dessus. 
Twomorrows Publishing est un trésor (inter) national pour qui aime les comics et veut en connaitre davantage, lire sur les auteurs, les styles, les époques...Il y en a pour tous les goûts avec Back Issue, Draw!, Alter Ego, Modern Masters, les bouquins sur des auteurs méconnus, plus connus, emblématiques...
 50% de mon budget comics, au moins, va chez eux chaque mois
Cette lecture fut très particulière
Pierre Comtois s'intéresse à plein de choses, entre autres aux comics, mais ce n'est pas son métier, c'est sa passion. Il partage donc un gros point commun avec ses lecteurs, mais c'est aussi une frustration car selon les parties de son analyse on s'apperçoit qu'on peut en connaitre autant, voire plus, que lui.
Il a préparé un livre d'étude sur les années 60 et 70 que l'éditeur a souhaité couper en deux, et proposer en deux ouvrages. Les entrées se font chronologiquement, par le prétexte de comics choisis. Ce qui donne un peu du genre : "FF 1 puis Spider-Man 1 puis FF 2 puis X-Men 1...(je donne cet ordre au hasard, pour idée) Ca parait rébarbatif mais pour chaque entrée il étend son analyse à d'autres titres et ça remet les choses dans un contexte historique précis
 
 J'ai appris des choses sur les années 60 et 70, et apprécié l'icono en noir et blanc. Le souci du dernier opus sur les années 80 est que Comtois ne souhaitait pas l'écrire, ne s'intéressant pas du tout à cette période. Pour lui seules comptent les années 60 et, un peu, les 70. Le succès des 2 premiers volumes poussa l'editeur à lui demander une suite. Et du coup il est honnête dans l'intro : il considère qu'il y a tellement de déchet sur cette période que s'il ne disait presque que du bien des années 60/70 il se lache sur les 80 et dit aussi du mal
Pour avoir vécu, comme pas mal de lecteurs de ce blog, précisément les années 80 en comics, la lecture m'a profondément agacé par endroits, quand il jette sans ménagement ni analyse certains auteurs (Simonson par exemple) mais à la réflexion c'est passionnant car on a là non pas une analyse mais un avis, une opinion sur une énorme période, chronologiquement. Quant il balaie d'un revers de main tout ce que Image a pu représenter, il fait son réac de base. Si l'idée directrice est là, et je la partage, son absence d'analyse est regrettable car il se trompe sur la suite. Par contre il m'a fait me poser des questions : quand il considère en peu de lignes que la 1ère mini série de Wolverine par Claremont et Miller fut un échec, je bondis puis me dis qu'il n'a pas forcément tord en évoquant la mise en avant excessive des Ninjas et tout ce qui en a suivi chez Miller
On sent bien qu'il a grandi avec Kirby et Ditko et que peu d'auteurs "récents" trouvent grâce à ses yeux. Ses amours sont marquées (Kirby, Heck, puis plus proches de nous John Buscema, Byrne, Bolton, BWS...) et ses "détestations" peuvent agacer (Gil Kane m'a surpris) Mais du coup la lecture passionne au sens premier du terme. Il y a probablement quelques erreurs et une m'a particulièrement choqué (Daredevil par Nocenti/ Romita jr et ...Dan Green!?) mais l'ensemble est globalement érudit.
Les images sont un plaisir des yeux, des mini bios (subjectives) aèrent le texte. 
Je râlais tout seul en lisant certains avis, je m’enthousiasmais de penser la même chose en d'autres endroits
Si Comtois avait fait ses livres sous forme de blog je pense que bien des commentateurs de ma connaissance se précipiteraient tous les jours pour échanger avec lui et batailler (moi le premier)
Je suis trop bavard, je termine avec une image d'un chouchou de Comtois années 60 et un autre années 80
 

mercredi 1 avril 2015

Andy et Adam Kubert

Il n'y a pas que chez les Romita que le talent passe de père en fils. Le second exemple vient bien sur des Kubert. Je tiens le père (illu ci dessus) comme l'un des rares génies du comics mainstream. Ses deux rejetons ont une ombre tutélaire qui est , à mon goût, encore plus importante que pour John Jr
 Je suis très loin de connaitre l’oeuvre complète, déjà longue, des deux fils Kubert mais je voulais faire un petit focus quand même
 Ils ont commencé ensemble. L'un crayonne, l'autre encre, puis ils inversent; ils font le lettrage également... bref ils touchent à tout, comme leur père
Des oeuvres de jeunesse sont tout bonnement des déclarations d'amour au style paternel. C'est flagrant sur ce Doc Savage, récemment repris en tpb, que l'on croirait dessiné par Joe (en petite forme quand même)
 J'ai un agréable souvenir de cette improbable rencontre Batman/Predator, surement en partie dû au scénar du sous estimé scénariste Dave Gibbons (la faute à sa notoriété de dessinateur?) Beau boulot en commun mêlant les influences du père et des velléités de "modernisme"
Regardons les maintenant séparément
Honneur à l'ainé, Adam
 Je n'aimais pas son style Marvel des débuts
 Pas fan non plus de son style Marvel actuel, trop besogneux. Je pense qu'il va depuis des années à l'encontre de sa nature en cherchant à être plus "dans le moule".
 L'un de ses points forts est en effet la compo, la mise en page, le design (et non pas la recherche de la page bien détaillée pleine de merdouilles inutiles). 
Sur Hulk il était bon. En s'encrant lui même...

 ou encré par Dan Green
 avec des doubles pages efficaces
 Il a dessiné Origin II (l'inutile saga revisitant les pseudos origines deWolverine), suite de la mini dessinée des années avant par...Andy. De bonnes idée de narration (sur un scénar sans le moindre intérêt)
 un exemple de crayonné
 Son travail sur Superman était vraiment bon (là encore le scénar par contre...) Voici le type de pleine page qui montre une vraie, et belle, recherche
 Donc dommage si aujourd'hui il se concentre moins sur ses points forts, qui ne sont pas ceux de son frère Andy donc... quelle transition...(et quelle ressemblance avec son père)
Il a commencé jeune, et sur les genoux du meilleur
Comme pour son frère, ses premiers travaux solo (Marvel)  ne m'enthousiasment pas
 son sous Jim Lee fut du plus mauvais effet
 Sur Thor on le sent plus à l'aise. Sa force est dans l'aspect massif, la narration bien plus classique que celle de son frère, mais lisible et efficace
Encore  bien mieux sur Ka Zar avec, il faut le préciser, l'un de ses meilleurs encreurs, Jesse Delperdang
 Sans encreur, mis en couleur directement sur les crayonnés par le frenchy Richard Isanove son boulot sur Origin fut sympathique, avec une histoire un peu moins sans intérêt que sa suite (dur de faire pire il faut dire)
 Il est bon dans des couv directes, sans chichis et percutantes
 
 Ses crayonnés sont carrément proches de ceux que fournissait (pour lui même) son père
 ...père à qui il rend hommage au détour de cette iluustration
 L'ultime hommage vient de la controversée série de "suites" à Watchmen, Before Watchmen. Sur l'une des mini série il fut encré par...Joe (quelle lourde tache fut celle de Sienkiewicz, de terminer l'encrage à la mort du patriarche).Andy est celui dont le dessin naturel est le plus proche de son père, il a du en plus faire un effort pour l'occasion. On ajoute un encrage (toujours plus que bon) du papa et on obtient un résultat à 80% du grand Joe. On se croirait dans le mode de prod qu'avait le grand Milton Caniff qui faisait crayonner son strip par un assistant (le neveu de Norman Rockwell) se gardant l'encrage qui donnait, avec son style, un résultat 100% Caniff
Les frères Kubert sont passionnants à observer.
Entre l'héritage paternel (et tous les deux ont repris l'école de dessin créée par la papa, dans laquelle ils enseignaient déjà avant) un style moderne qui les rend très en demande, et une approche distincte de la narration pour chacun...un plaisir à suivre