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lundi 10 avril 2017

Un cavalier...

 Dire que je suis largué, en matière de comics sur Zorro, est plus qu'un euphémisme. 
Je ne connais, et en tout cas n'ai chez moi, que l’incontournable version de Monsieur Alex Toth, dont il fut question ici
 
 Je pensais qu'il n'avait plus redessiné le Renard noir que sur des dessins de commandes, mais je vois qu'il a, au début des années 90, livré quelques couv
 
 
 En recherchant ceci je suis tombé, sur CAF, sur 3 dessins de commandes qui me semblent un peu dans l'esprit du Maitre
Un Rick Leonardi rapide
 Un sobre et beau Paul Smith
 et l'un des fils spirituels de Toth, Chris Samnee
 Jusqu'à présent une seule illue m'avait interpellé, celle de Frank Miller, dessinant le Cavalier noir à la Sin City
 Il n'empêche que pour moi, il n'y a qu'un seul et unique Zorro (désolé Mr Banderas) c'est lui, avec ou sans le masque
 
 Ce qui me permet de conclure sur une compil récente, d'une œuvre loufoque et sympathique de FabCaro et Fabrice Erre. Je l'aurais aimé plus déjanté mais c'est déjà amusant
 
 
 

vendredi 7 avril 2017

Solo

 Mark Chiarello fut un excellent directeur artistique de DC Comics (en plus d'être très bon peintre/coloriste/designer) On lui doit, entre autres les Wednesday Comics , et il est à l'origine de la sublime série de Batman Black and White, qui offrit les plus belles histoires courtes du personnage, par les plus grands noms. Pour l'anecdote, il a lancé l'idée de ces Batman, à l'origine, juste pour sortir Alex Toth de sa retraite et lui faire dessiner une histoire. Il n'aura de lui qu'une (belle) couv, mais aussi des tas de grands artistes
En 2004 il a lancé une anthologie, Solo, mettant en avant un artiste par numéro (48 pages) avec carte blanche pour se faire plaisir avec les perso maisons
Il y a eu 12 épisodes, compilés en un énorme pavé plus tard (cher j'imagine) avec entre autres Corben, Aragones, Chaykin, Pope, Allred...et ceux que j'ai acheté, ces 3 là
 J'aime bien le travail de Tim Sale, globalement, et là il s'est bien amusé, sur du classique...
 du noir...
 et du Toth

 Celui du regretté Darwyn Cooke est probablement mon favori, avec des tas de style différents, d'expérimentation...
 
 
 jusqu'à un classicisme "à la Bruce Timm"

 Je suis fan du boulot de Jordi Bernet
Lui aussi s'est fait plaisir, sur des ambiances noires...
 de la couleur qui rappelle un peu Eduardo Risso
 ou de l’atmosphère à la Torpedo
 Tout ceci n'est qu'un petit échantillon, pour chacun, pour le cas où vous trouviez ces Solo en soldes, ou commandiez la grosse compil
On termine avec une histoire complète tirée du numéro de Bernet. Une histoire que je trouve mauvaise par un Azzarello qui ne devrait pas trop s'approcher des perso classiques (alors qu'il est bon sur ses livres à lui) mais le dessin seul justifie l'achat (le super héro n'est toutefois pas le genre de prédilection du grand Jordi)
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

mercredi 5 avril 2017

Loisel et l'encrage

 J'aime beaucoup le travail de Régis Loisel, depuis longtemps. C'est son dessin, sa narration et son encrage qui m'accrochent. + sa couleur, donc tout 
Même la Quête de l'oiseau du temps m'a intéressé, alors que ce genre me laisse indifférent (presque autant que la sf)
Son Mickey me semble assez "anecdotique" au scénar mais le dessin ma emballé. Surtout en ayant vu ses originaux (cf ici)
Reproduit en petit dans l'album la perte est énorme
 Il faudrait un grand format et apparemment c'est prévu
Mais surtout, je suis tombé sur cet extrait d’interview qui me ravi quand il parle de ce livre à venir, et me donne envie de l'embrasser quand il évoque le manque de reconnaissance des encreurs :


Un projet de livre mettant en évidence ces trois étapes est en cours ?
R.L. : Oui. Ce sera pour plus tard, on voulait le faire bien et on n’a pas eu le temps de le faire. Ce sera un grand bouquin, d’à peu près quarante-cinq centimètres de long sur trente-trois de large. Il y aura le strip crayonné, le strip encré et le troisième en trichromie noir-rouge-bleu avec des trames comme on peut les voir dans les vieux albums Hachette. C’est d’ailleurs comme ça que je voulais réaliser l’album au départ. Mais Jacques (Glénat, NDLR) m’a fait renoncer en me disant que les lecteurs préféraient en général la couleur. Il faut que l’album soit destiné au plus grand nombre et non à un lectorat élitiste.

Il y aura donc de grosses différences entre la version crayonnée et la version encrée ?
R.L. : Oh oui. Certaines images ont été complètement refaites, certaines gueules ont été changées… Ce que je fais en général, comme tous les copains, c’est que j’encre directement sur un crayonné et après basta. Mais là, j’ai eu envie de garder les crayonnés. J’ai fait ça pour le jeune dessinateur que j’étais quand j’étais gamin. J’aurais adoré voir ce genre d’ouvrage. J’imagine donc que certains jeunes seraient intéressés de voir cet envers du décor. D’autant que pour Mickey, il existe peu de choses à ce sujet… Gottfredson avait un encreur. C’est pour ça que dans mes remerciements, je remercie aussi les encreurs dont on ne parle jamais d’habitude.


Pour en revenir à Mickey, voici ce que donne une page (à l'italienne) de l'album
 et sa version en noir et blanc (pour la bande du haut)
 L'encrage de Loisel a toujours été rapide, spontané, vivant. Il en donnait déjà des exemples top dans son bouquin des coulisses de Peter Pan
 J'ai beaucoup aimé l'approche de Magasin Général, même si pour moi l'intrigue tirait en longueur
Loisel se focalisait sur la narration, et JL Tripp finissait. J'ai bien dit "finissait" car nombre de commentateurs, même parmi les pro, parlaient d'encrage; or il n'y avait pas d’encrage, Tripp reprenait les dessins avec son style, poussé, mais au crayon
Je trouve que le travail de Loisel se suffisait à lui même, mais commercialement c'était bloquant bien sur
Tripp a fait un chouette boulot, même si un peu trop fin pour moi
 
 Pour que Tripp puisse bosser à la table lumineuse (il me semble) Loisel encrait "grossièrement" au feutre ses découpages poussés donc sans faire de provov, techniquement, non seulement il n'y avait pas d'encrage de Tripp, mais ce dernier "enlevait" l'encrage de Loisel
 Comparaison rough poussé/ finition.J'adore voir ce genre de choses
 

lundi 3 avril 2017

Nam Bok

 Ce livre sort cette semaine
Autant commencer par un bémol : ce n'est pas mon travail favori de Thierry Martin, au dessin. J'insiste sur le mot dessin. Pas l'histoire, ni la narration. Le dessin pur. La "faute" à un choix, assumé et respectable, celui dont nous reparlerons, de la simplification (apparente)
Je suis fan de" la truculence de son trait, et ce livre ne se prêtait pas à cette truculence
Passé un petit effet de surprise, que penser de cet album?

Tout est dit sur la 4ème de couv ci dessus, concernant le pitch
Cette nouvelle de Jack London, Nam Bok le Hâbleur, a plus de 100 ans et il est impossible de le deviner tant son message et non seulement intemporel, mais terriblement d'actualité
Progrès, société de consommation, (sur)information, retour aux sources, trahison, filiation, rejet...tout ceci est dans ce livre à l'épure absolue, mais souvent en filigrane. Une aridité apparente, trompeuse

On se dit qu'on imagine bien ce genre de récit dépouillé, ce huis clos en plein en nature, dessiné par Caniff, Sickles, Pratt ou...Alex Toth. Toth présent dans mon esprit tout au long de l'histoire, avec son mot d'ordre : less is more!
Thierry a enlevé tout ce qui ne servait pas l'histoire, tant au dessin qu'en terme de découpage. Et pourtant il prend son temps, les silences sont aussi importants, voire plus, que les textes
Une épure graphique plus marquée que sur ses autres travaux, dictée par un texte de London que l'on imagine du même acabit
Voici la couv et sa version noir et blanc, piquée sur son blog

 3 pages dans les deux versions. Merci à lui de me les avoir passées
La travail au pinceau est très beau, en retenue. Il pourrait se suffire à lui même mais la mise en couleur apporte un plus indéniable, tout en restant dans cette sobriété choisie
 98 pages pour une histoire très courte, aux idées importantes, inversement proportionnelles à l'apparente simplicité 
Un cadre imposé, au niveau découpage : pas plus de 6 cases par planche. Les pleines pages sont magnifiques (et il vous faudra acheter le livre pour les voir)


 Très belle ambiance, presque saturée en noir et blanc, estompée juste ce qu'il faut à la couleur

 L'envie de lire la nouvelle est déjà un signe de réussite de l'adaptation
Thierry a travaillé longtemps, mais pas en continu, sur cette histoire. Preuve que faire simple est difficile. A la lecture, ce temps long n'est pas décelable. Preuve du talent
Un conseil de lecture (d'experience) : mettez vous dehors, au soleil (bière facultative) et lisez doucement, prenez votre temps. Une fois le livre refermé, réfléchissez aux messages simples, mais essentiels