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mercredi 11 février 2026

Maus et Meta

 

En indiquant, il y a peu, qu'il a fait, selon sa forme, partie des œuvres majeures de 1986, je réalise que je n'ai jamais parlé de ce chef d'oeuvre


J'aimerais, un jour, prendre le temps d'entrées conséquentes mais, en attendant, je noterai simplement que je n'avais lu, en bibliothèque, la compil des deux volumes qu'à lépoque du collège, à peu près.
Il m'en restait le souvenir assez vague d'une oeuvre importante mais qui me passait au dessus
En 2012 j'ai acheté et relu la compil vf
Une légère crainte qu'il ne fut survendu par tant de prix et louanges, sur tant d'années
Que nenni
Ce livre est insubmersible



Evidemment que le risque, à l'époque, d'évoquer la Shoah avec des animaux était réel (même si...Calvo/ La Bête est morte...) mais quelle grande décision. A la fois mise à distance et implication du lecteur

Ce qui fait, après relecture, la force de ce récit, c'est qu'il est double : la Shoah par un survivant ET la relation père fils
L'horreur, même distanciée, marque, bien sur, mais j'ai toujours retenu cette page, avec cette notion si simple donnée par le père, à son fils, de l'amitié

La même année, 2012 donc, Flammarion proposa la vf de Meta Maus qui, pour ceux qui aiment connaitre la cuisine interne (et vous ne passeriez pas sur ce blog si ce n'était pas, au moins un peu, votre cas) c'est captivant


Presque aussi intéressant que Maus lui même, avec des tonnes d'entretiens, de témoignages, de croquis, recherches, versions...
Une mine d'info et de documents



sommaire vo

sans oublier ce que j'ai passé de longs moments  à écouter : un cd avec la voix, les enregistrement, du père de Spiegelman lui même. Très émouvant
Art Spiegelman a fait des choses avant, et beaucoup après mais Maus aura jeté un voile de notoriété écrasant sur cet homme, écrasant, mais inévitable et légitime

Une couv, hors Maus, que j'aime bien, pour conclure, avec la vision "pas de côté" caractéristique de ce grand artiste


ps : mention spéciale à France Inter (que pourtant je ne porte plus autant qu'avant dans mon coeur, loin de là)  qui, en décembre dernier, a reçu l'auteur en parlant, à plusieurs reprises dès le début de sa ...Bande Dessinée! Que ça fait du bien de ne pas entendre comme partout ailleurs (quand l'interlocuteur ne connait pas la BD et veut faire snob)...roman graphique 
Jusqu'à ce qu'au milieu de l'entretien, argh, hop, roman, graphique!
Tant pis
Cette sémantique irritante mériterait des entrées

dimanche 8 février 2026

Eisner, droits à vendre...et planches inédites

 

L'info est relayée partout, sur les sites bd/comics, comme : depuis le décès de la veuve du géant, un neveu gère les droits et il a été décidé de les mettre en vente

Celui qui remportera aura les droits de certains récits, et du Spirit

Pour ce dernier c'est chaud car il semblerait qu'il tombe dans le domaine public dans 10 ans, donc qui  se lancera!? Pas sur que les volontaires se bousculent : un perso qui tombe dans 10 ans et des récits autres, même si géniaux, multi imprimés depuis des années, le tout concernant le plus grand créateur de tous les temps (pour moi, j'exagère si je veux) bien oublié de la génération actuelle.

Pour appâter l'acheteur, il est mentionné qu'il y a, dans le package, un récit inédit du Spirit, de 72 pages! 
Mazette! Comment se fait-ce?
C'est simple pour tout fondu de Will Eisner, dont je suis : en 96, pour aider son ami/agent/éditeur Denis Kitchen, mal parti côté maison d'édition, il accepte, à son corps quasi défendant, de découper une histoire nouvelle du Spirit, pour la confier à d'autres artistes.
Il se laisse emporter et finalise les pages, puis décide de remplacer cette idée par un accord autorisant des auteurs à bosser sur le perso librement. Il s'agit des nouvelles aventures du Spirit, par un grand nombre de bons auteurs (dont Moore/Gibson!)

A priori il ne souhaitait pas que ces pages, les siennes, sortent...
MAIS des pages furent montrées dans 2 ouvrages, avec son accord exprès (en tout cas pour le premier livre), à différents niveau de complétude
Les voici, avec les livres concernés















Ca me parait être un véritable ovni, graphiquement a mi chemin entre deux mondes : celui du Spirit et celui des "récits graphiques" : Comme si le Spirit intégrait le monde de Dropsie Avenue. Un entre deux déroutant, qui pourra probablement décevoir et les fans du Spirit et ceux des récits ultérieurs.
Les premières pages sont "meta" : Le Spirit discute avec son créateur qui lui donne son avis sur son existence
Pour ma part je suis TRES curieux et je tiens à voir cela ,car même quelque chose de "rejeté" par son créateur à l'époque a un intérêt indéniable, en temps qu'objet historique, et que livre 

mercredi 4 février 2026

Mister Mazzucchelli

 

J'ai très souvent parlé de David Mazzucchelli, mais majoritairement pour évoquer ses Daredevil

Là je survole ce qu'il a fait après DD, après Born Again, car le gars est un gigantesque artiste qui s'est construit jusqu'à DD puis pendant Born Again et qui, ensuite, a fait ce qu'il voulait

Un parcours très atypique et intègre

Sur le chef d'oeuvre qu'est pour moi Born Again il a terminé sa mue graphique

Il a simplifié son style au cours des 7 épisodes, et pas seulement à cause des deadlines
C'est assez flagrant si on prend la première page, très réaliste et pleine de détails, et la dernière, nettement simplifiée
Sous nos yeux un géant est né


L'année suivante, son style super héros est mur, à la Toth mais personnel 
La simplification n'empêche pas le détail



Un ultime passage sur les super héros, le temps d'un récit cours, beau et forcément bon car scénarisé par Ann Nocenti


 Et ensuite, il en a terminé avec le genre, estimant en avoir fait le tour
Il résume son état d'esprit avec ce dessin extra, et les 2 perso qu'il a, avec Miller, transcendé, perso ne comprenant rien à ce sur quoi il travaille alors
Avec Rubber Blanket il expérimente et, pour déstabilisant que ce put être après ses passages Marvel/ DC, ce fut très intéressant à suivre

Ses travaux ne furent pas tous proposés en vf mais 2 recueils chez  Cornelius reprennent l'essentiel, dont le magnifique Big Man, dans une sublime épure pleine d'ambiance et de ressenti

Il s'est amusé le temps d'un dessin de commande, avec DD, où le perso pourchasse celui qui était alors son art dealer, Spencer Beck
J'ai beaucoup aimé son adaptation d'un roman de Paul Auster. Il joue clairement avec la narration typiquement BD pour évoquer un ressenti de roman. Pas simple

Enfin, son chef d'œuvre, au sens premier du terme
Des années pour le faire, en parallèle des cours dispensés dans une école de NYC (là où un autre prof exerçait, qui le convainquit de fournir des roughs et bonus pour des compil DD : Klaus Janson)

Il met tout dans ce grand récit, trop selon certains. Il s'amuse avec tous les codes BD, change de style selon les perso ou l'ambiance voulue, il simplifie, codifie, schématise...mais l'ensemble est totalement cohérent, l'histoire est à la fois personnelle et universelle

J'ai été un peu décontenancé, reconnaissant la grandeur mais craignant un côté un peu "pédant" et donneur de leçon, puis à la relecture la fluidité l'a  emporté et j'adhère


Mazzucchelli est un Artiste avec un grand A. De ceux qui peuvent irriter, qui font ce qu'ils veulent quand ils veulent, mais d'une intégrité absolue. Il a fait son chemin, évolué sous nos yeux, doucement puis presque brutalement,  magistralement. Il peut rappeler une autre de mes idoles, Mignola qui a également évolué devant nous mais qui, lui, a trouvé assez vite son personnage, celui qui lui va mais qui, pour moi le stoppa un peu dans son évolution, Hellboy bien sur. Un peu comme si, juste après Born Again ou Year One, Mazzuccheli avec dit "j'ai trouvé, mon perso c'est Big Man et je ne ferai que ses aventures, à partir de ce jour"
Bref, un gigantesque artiste dont je retiens des tonnes de choses mais surtout cette page et sa conclusion, formant l'essentiel de ma philosophie, encore aujourd'hui, vis à vis du genre



lundi 2 février 2026

C'était l'année...

 C'est bon, vous l'avez le Cloclo (que je déteste) en tête, à la lecture du nom de l'entrée?

Désolé

Bon et bien c'était l'année...86

Quelle année bon sang!

Il y a 40 ans!

Si on triche un peu et que l'on tient compte soit de la première publication en recueil, soit des singles... ça nous fait en 1986...





Une folie!

Et encore on rate de peu Batman Year One (1987)

Je n'ai lu "que" 2 ou 3 fois Maus et Watchmen, qui restent des œuvres magistrales, mais j'ai lu DKR et Born Again un nombre incalculable de fois et pour fêter ça, mini focus sur Mister Mazz, ce jeudi


J'oubliais : je ne suis pas certain que Born Again ait droit à quelque chose d'intéressant, mais les 40 ans de DKR sont fêtés. Je n'ai pas les versions d'origine (probablement la seule version que je n'ai pas) alors je me rattraperai avec les fac similé qui arrivent dès ce mois ci