En indiquant, il y a peu, qu'il a fait, selon sa forme, partie des œuvres majeures de 1986, je réalise que je n'ai jamais parlé de ce chef d'oeuvre
J'aimerais, un jour, prendre le temps d'entrées conséquentes mais, en attendant, je noterai simplement que je n'avais lu, en bibliothèque, la compil des deux volumes qu'à lépoque du collège, à peu près.
Il m'en restait le souvenir assez vague d'une oeuvre importante mais qui me passait au dessus
En 2012 j'ai acheté et relu la compil vf
Une légère crainte qu'il ne fut survendu par tant de prix et louanges, sur tant d'années
Que nenni
Ce livre est insubmersible
Evidemment que le risque, à l'époque, d'évoquer la Shoah avec des animaux était réel (même si...Calvo/ La Bête est morte...) mais quelle grande décision. A la fois mise à distance et implication du lecteur
Ce qui fait, après relecture, la force de ce récit, c'est qu'il est double : la Shoah par un survivant ET la relation père fils
L'horreur, même distanciée, marque, bien sur, mais j'ai toujours retenu cette page, avec cette notion si simple donnée par le père, à son fils, de l'amitié
La même année, 2012 donc, Flammarion proposa la vf de Meta Maus qui, pour ceux qui aiment connaitre la cuisine interne (et vous ne passeriez pas sur ce blog si ce n'était pas, au moins un peu, votre cas) c'est captivant
Presque aussi intéressant que Maus lui même, avec des tonnes d'entretiens, de témoignages, de croquis, recherches, versions...
Une mine d'info et de documents
sommaire vo
sans oublier ce que j'ai passé de longs moments à écouter : un cd avec la voix, les enregistrement, du père de Spiegelman lui même. Très émouvant
Art Spiegelman a fait des choses avant, et beaucoup après mais Maus aura jeté un voile de notoriété écrasant sur cet homme, écrasant, mais inévitable et légitime
Une couv, hors Maus, que j'aime bien, pour conclure, avec la vision "pas de côté" caractéristique de ce grand artiste
ps : mention spéciale à France Inter (que pourtant je ne porte plus autant qu'avant dans mon coeur, loin de là) qui, en décembre dernier, a reçu l'auteur en parlant, à plusieurs reprises dès le début de sa ...Bande Dessinée! Que ça fait du bien de ne pas entendre comme partout ailleurs (quand l'interlocuteur ne connait pas la BD et veut faire snob)...roman graphique
Jusqu'à ce qu'au milieu de l'entretien, argh, hop, roman, graphique!
Tant pis
Cette sémantique irritante mériterait des entrées










16 commentaires:
Le lien vers l'entretien sur Inter :
https://www.youtube.com/watch?v=I1yKdlWgnhE
Gracias
Merci Phil de reparler de ce livre.
je voulais faire un commentaire lors de l'entrée "1986", sur son impact, son importance et ma relation à lui (de
part mon histoire familiale) ...mais les jours, les semaines, les entrées passent trop vite et je n’avais pas pris le temps...
Bravo à toi d’avoir anticipé mon envie:)
Livre nécessaire et fondamental qui j'espère est dans toutes les bibliothèques.
C’est bizarre, je l’ai déjà lu quelque fois en entier mais depuis 1 paquet d’année je le relis au moins tous les 2ans...et m'arrête toujours avant le dernier chapitre, avant de l’achever, m'obligeant (dans le bon sens du terme) sans cesse à y retourner et a en recommencer la lecture...
Quand j’y pense je me dis que c’est quand même fou cette relation que l’on peut avoir avec certains livres ; autant les DKR je les collectionne, autant celui là je ne l’achéve jamais, m’obligeant à y retourner sans cesse.
Magnifique oeuvre, plus qu’un chef d’oeuvre et au delà d'un devoir !
Et censuré dans des bibliothèques américaines pour de fausses raisons...
c'est fou cette vague de livres bannis par les trumpistes oui. Michael n'hésite pas à détailler ta relation au livre c'est super intéressant. Je ne parle pas trop de "devoir", même si je comprends pourquoi tu l'évoques, car le côté obligatoire me renvoi aux obligations scolaires qui m'ont fait passer à côté de bien des livres. Le comble du ridicule étant la lecture imposée (un temps, tjs?) par Sarko de Guy Môquet alors qu'il faudrait que ce soit vu/lu, spontanément, poussé par les prof uniquement. le biais d'entrée, pour moi, de Maus c'est clairement la relation père/fils, et le reste est quasi de la culture induite subrepticement
En fait mon grand père paternel était résistant et ma grand mère fut déportée...et libérée.
On ne déportait pas que les personnes de communauté juive et les dénonciations se faisaient à priori assez facilement ; ne serait ce que par avidité agricole en désirant mettre la main sur des terres.
Son carnet qui relate son "trajet de déportation "(et qui parle beaucoup de nourriture et de recettes...la faim étant là) est dans les archives du musée de la déportation de Besançon et est régulièrement exposé.
Bref.
J'avais déjà lu Maus en 2 parties ; et l'intégrale a été un des premiers cadeaux offert par ma douce en 2004 avec dédicaces à l'intérieur et pleins de mots tendre.
En 20 ans et 2 grandes filles plus tard, je n'ai eu de cesse de revenir à sa lecture sans jamais la conclure, m'arrêtant toujours dans les derniers chapitres...et y revenir avec le but d'en conclure 1 jour la lecture sans jamais le vouloir ; m'arrêter avant sa fin et celle de Vladek.
C'est bizarre, non ?
Et DKR, et ben à 10 ans, lecture dans les allées de supermarché à l'époque où les enfants avaient le temps de lire gratos pendant que les parents faisaient les "commissions".
Une claque à ce moment là dont je ne me suis jamais remis...rien à voir avec mes Strange et Nova. Je me rappelle exactement du moment, de l'allée et du magnétisme ressenti.
Une œuvre qui, au delà ma fascination pour l'auteur, me rappelle sans cesse ce moment et dont je possède différentes éditions.
Tout ça pour dire que j'ai encore craqué...pour l'édition Urban limited et sans regret !!
Et surtout pour le DK2 en grandes pages !! Ne me jetez pas des pierres...
Après une longue pose, je m'étais relancé dans les comics en 2002 grâce à lui (et surtout grâce à mes premiers vrais salaires fixes) pour ne plus arrêter par la suite et franchement malgré tous ses défauts, j'adore ce récit (aïe, encore une pierre) et il y a vraiment des pages qui claquent (Aïïïe...tant pis j'assume).
Il y a des livres qui font histoire de vie.
Merci beaucoup pour le partage de cette passionante histoire Michael. J'ai une petite partie de ma famille liée à un livre un peu connu des férus d'histoire (Montaillou village occitan) et sans aucune raison rationnelle je me suis toujours refusé à le terminer tant que les personnes concernées étaient encore de ce monde. Alors je ne risque pas de te juger sur Maus :) Les souvenirs marquants que nous avons de certaines BD sont la preuve de l'intérêt gigantesque de notre passion commune, et de la puissance de certaines oeuvres et je pense que nous sommes nombreux ici à avoir énormément de souvenirs précis de l'endroit où nous avons lu tel ou tel livre. Je trouve ça extra
Pas de jugement non plus concernant la suite de dkr car je trouve moi aussi qu'il y a des pages saisissantes surtout dans la version noir et blanc bien sûr
J’attend toujours cette version N et B...et French. Ce sera je l’espere mon dernier achat DK (il faudra quand meme que je me raisonne un jour).
Mais je vais de ce pas voir les prix de ce qui existe en Vo.
Se raisonner ? A nos âges ? C'est foutu
L'autobiographie de miller sort bientôt en vo je crois ? Des éditeurs vf sur les rangs ?
Juillet je crois en vo. Et je n'ai rien lui sur une version française . J'aurais aimé une vraie grosse autibio Mais je crois que c'est plus une série de "leçons" . Je prends quand même
Ah, je ne me suis pas renseigné sur le contenu... mouais moyen 🫤
J'ai lu Maus adolescent, à un moment où je n'avais clairement pas la capacité de l'appréhender. J'avais été un eu déçu d'ailleurs de la double narration, celle du père et celle du fils. J'ai complètement adhéré à ce "procédé" ensuite, qui n'en est pas un d'ailleurs puisqu'il retranscrit le réel. Mais la Shoah, malgré tout ce qu'on a pu lire et voir, ne pourra jamais être perçue dans son horreur absolue de la même manière que par ses témoins (
et victimes) directs. Le "filtre" du père a aussi tout son sens de ce point de vue, à mon avis, puisque d'une certaine manière il valide l'honnêteté du récit (en tant que récit de quelque chose qui est difficilement transmissible). J'avoue que je ne connaissais pas Meta Maus, que je vais me procurer de ce pas. Sur la forme, mon édition est celle de Flammarion, en 2 volumes dans un coffret en carton. Elle est un peu petite pour apprécier le dessin.
Désolé, j'ai commis une mauvaise manip' en tapant le commentaire, qui est coupé en 2...
L'intégrale et meta Maus sont au même format que ce que tu as je pense. Je trouve que ça colle assez avec le dessin un peu rough
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