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dimanche 20 septembre 2026

New York inconnu

 


Si DKR et Born Again sont mes références mainstream/super héros, ce livre est probablement ma bible, tous genres confondus

Jeune (je ne sais plus combien mais pas majeur) j'ai dévoré la version Glenat

Je ne saurais dire pourquoi, élevé à Lug, je me suis retrouvé pris par ce bouquin sans vraie action, sans super héros, sans rien d'extravagant, mais avec une observation (et une telle tendresse de celui qui observe), un sens du mouvement, une ambiance qui m'ont très durablement marqué

J'ai découvert dans ces pages ce qu'est la narration, l'ellipse, l'atomsphère et, surtout, le langage corporel

Des petits riens grouillants de vie





Ma vf était donc celle là


Et bien figurez vous qu'il y a quelques années, en achetant la vo, j'ai découvert une page que Glenat n'avais pas retenu dans son livre (!?) mais qui est dans les vf Delcourt plus récentes. 
Cette page


Et surtout, prétexte à cette entrée, j'ai trouvé sur le net, sans aucune idée de l'origine, une première version, pour moi complètement inédite


Même nombre de cases, découpage similaire, mais dans la version non retenue le musicien est moins mis en avant, la pantomime du vieux un peu plus caricaturale et la chute est plus fine dans la version finale, avec le musicien seul


19 commentaires:

Marsam a dit…

Un auteur qui a eu deux carrières bien distinctes, moteurs où il a comme rarement déployé ses ailes et tutoyé les sommets. Certains diront les cieux.

Décidément Will deux vies d'anges.

Philippe Cordier a dit…

3 carrières : le Spirit 1940/52. Les comics pour l'armée et pour la pub/com...Puis 1978 Contract with God qui ouvre la voie des, pour une fois bien nommés, Romans Graphiques

Philippe Cordier a dit…

et bon jeu de mots : )

Marsam a dit…

L'encrage du Eisner première époque (Spirit et autres) a beaucoup influencé les artistes philippins - Frank Godwin (Rusty Riley) aussi les a bien influencés. La qualité du trait d'encre dans les comics y a beaucoup gagné.

Marsam a dit…

Influencés, de mémoire, par les comics laissés par les GI americains. Résultat une effervescence incroyable, une crise de manque ensuite qui va induire une forte demande du lectorat et une grosse production locale au succès considérable.
Puis l'arrivée de ces artistes très productifs, de grande qualité, à forte personnalité, et surtout peu chers dans les comics comme on le sait.

Philippe Cordier a dit…

Intéressant, je n'ai jamais rien lu sur cette influence qui me renvoi à l'anecdote d'Eisner frimant en embauchant dans son "workshop" : il tracait un trait d'encre au pinceau et voyait si le candidat savait repasser dessus sans l'épaissir. Lou Fine l'a battu

Franck.Biancarelli a dit…

Chef d’œuvre total, absolu, magistral, pour quelqu'un qui, si il est un génie de la BD n'est pas un génie du dessin. le temps de ce bouquin il produit un résultat parfait. Seul Schulz me semble avoir fait mieux en terme d'imbrication Histoire/narration/dessin.

Philippe Cordier a dit…

Je ne connais pas assez Schultz donc Eisner restera devant pour moi (même devant Watterson pour rester dans les strips) Et qu'est ce qu'un génie du dessin? Ce n'est ni un piège ni une provoc au fait

Franck.Biancarelli a dit…

Kirby est selon moi un génie du dessin de bande dessinée. Il propose des formes à la fois personnelles et pertinentes. Son travail devient une écriture mais en faisant ça ne se fige pas comme chez bien d'autres. Son sens du design lui permet de trouver une harmonie entre les critères esthétiques (composition) et fonctionnels (en termes de narration) d'une image. Quels sont les formes graphiques inventées par Eisner ? Ces titres du Spirit ne sont pas de l'ordre de l'invention graphique mais de l'ordre de l'invention narrative. Comme Miller, ce n'est pas un créateur de forme. Il emprunte ses formes de départ puis les recycle intelligemment et finit même par en faire un truc perssonnel. Mais Schulz est capable de tout le temps inventer dans un registre extrêmement simple. Son Snoopy en vautour par exemple. Linus est quasiment à chaque fois un petit miracle. Bon bref.

Philippe Cordier a dit…

Ok très intéressante théorie merci. Je te suis, sauf sur Schultz où tu me perds un peu, mais c'est parce que je ne connais pas assez (et lui préfère Watterson)

Franck.Biancarelli a dit…

Tout ça est sujet à discussion mais Watterson emprunte beaucoup graphiquement à droite à gauche et parfois même a du mal à faire la synthèse. Le résultat est toujours un peu hétérogène, dans un style qui, historiquement, nécessite l'inverse. Il est très habile à imiter le style d'autres. Mais il est très fort quand même

Franck.Biancarelli a dit…

Tout ça ce sont des sentiments un peu étayés bien sûr mais là, pour faire vite, c'est balancé comme des vérités premières, alors qu'on en discuterait autour d'un verre mon admiration pour Eisner comme pour Watterson ne ferait aucun doute.

Marsam a dit…

Tout ceci est très intéressant, c'est vrai. Je me faufile dans la conversation et de mon côté, modestement, je vois plus Kirby -que j'adore, de plus en plus- comme un graphiste, puissant, que comme un pur dessinateur. Il a d'ailleurs assez vite inventé son dessin, sur une base académique, disons, perfectible. Tant mieux d'ailleurs. Il a dû se montrer inventif et réfléchir. Innover. Ça oui.
Du coup ses maîtres-mots au fil du temps, et on peut le comprendre : efficacité et rapidité d'exécution !
Il y a excellé.
Ça plus une imagination et une créativité hors norme. À laquelle on rajoute une qualité de narrateur séquentiel né.
C'est le King !
Mais, oui mais : à force d'esthétiser, en graphiste, remarquable, au cours des années.... Kirby a c'est sûr forcé l'intérêt, grandissant, des esthètes, ô combien... mais... à perdu celui des lecteurs !
Jusqu'à, du King, devenir "Jack the Hack" !
Pour diverses raisons, d'accord, mais un comble pour un narrateur BD si exceptionnel.

D'autres, excellents purs dessinateurs (Travis Charest) sont de piètres dessinateurs/narrateurs BD.

Tout ceci est à nuancer, bien sûr.

Philippe Cordier a dit…

si je comprends le rapprochement génie du dessin/inventeur de formes j'avoue qu'intuitivement je mets plus dans cette catégorie des dessinateurs au trait qui ME semble ultra naturel ou techniquement impressionnant ET qui me paraissent innover à bien des égards Et du coup je mets un Sienkiewicz très facilement dans cette catégorie. Je dis ça mais ce qui me parle vraiment ce sont les narrateurs plus que les virtuoses

Franck.Biancarelli a dit…

Je suis moi aussi attiré plus par les narrateurs même si j'adore Sienkiewicz.Toth fait les deux à un niveau assez bluffant. Par contre le problème de Toth c'est qu'il n'a pas vraiment créé une œuvre. Il a trop pris l'histoire comme un prétexte.

Philippe Cordier a dit…

C'est pour ça (et mon inculture de jeunesse) que je suis passé à côté de Toth durant mes années de "formation" Et c'est un peu le souci, aussi, pour Joe Kubert, même si dans une bien moindre mesure puisqu'il a fait quelques récits marquants (peu nombreux à mes yeux cela dit)

Gilles a dit…

Honte à moi, je ne l'ai pas encore lu..! Je suis passé à côté d'Eisner (accaparé par Crumb pendant un long moment) sauf le Spirit récemment gràce au chouette best-of de B&W notamment.Phil, tu conseilles la version Delcourt ? Merci.

Philippe Cordier a dit…

Je conseille avant tout, pour NY, la version us d'origine ,car c'est plus grand format. La version Delcourt que j'ai est plus petite, elle ajoute des dessins de liaison très dispensables car réalisés très longtemps après, pas encrés par Eisner, et qui dénotent, mais c'est un très beau livre qui, surtout, ajoute 2 bons récits à NY. Excellent pavé pour une vf

Gilles a dit…

Merci!