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lundi 11 juin 2018

Dans le placard de Windsor Smith!


 Je ne suis pas passionné par tout ce qu'a fait Barry Windsor Smith (Chez Valiant, tout me tombe des mains par exemple) mais je suis admiratif d'une vaste majorité de son travail et rien que des Conan ainsi que ses fill in X-Men avec, apothéose, son Wolverine, lui valent une place très haute dans mes artistes favoris.
De caractère très fort, et exigeant, il s'est souvent pris le bec avec ses editors et scénaristes.
En 84, Bill Mantlo a scénarisé un épisode de Hulk (dessiné par un jeune et maladroit Mignola) qui mit BWS hors de lui. Smith avait fait, un peu avant, une proposition d'histoire sur le perso (Bruce et un père violent, trauma repris dans le film interminable de Ang Lee), propo restée sans suite et il estimait que Mantlo lui avait volé son idée. Vrai ou faux, ce qui importe est que ce récit fut abandonné, puis BWS l'a envisagé, sous une autre forme, chez Vertigo. Heurts avec Karen Berger et Paul Levitz qui refusèrent des dialogues trop durs. Résultat : BWS envisagea encore une autre forme, sous le nom de Monsters, une pagination énorme (+ de 300 p) mais cette histoire reste inédite/non finie à ce jour.
Et pourtant, qu'est ce que cela fait saliver!!!

Voici 3 pages qui circulèrent dans les locaux de Marvel il y a bien des années...

 
 
 et des bouts de pages (strips) que l'artiste montrait il y a longtemps sur son site
 
 
 
 Croisons les doigts pour une sortie avant 30 ans.

Ce n'est pas la première fois que BWS recycle du matériel mainstream refusé, tel son récit de Storm qui devint Adastra
 
 Enfin, toujours en inédit, une histoire de The Thing promettait d’être somptueuse, mais ne vit jamais le jour.
En voici une page
L'ensemble des pages dessinées fit surface il y a peu, et sont visibles, sur ce blog
Magique Windsor Smith!

29 commentaires:

Laurent Sieurac a dit…

Je passe sporadiquement sur son site pour avoir des infos sur son Monster mais c'est vrai que ça n'avance pas beaucoup à mon grand dam.

Philippe Cordier a dit…

et qu'est que c'est beau!!!
De quoi vit-il le gars en attendant d'ailleurs?

Laurent Lefeuvre a dit…

Le roseau ou le chêne ?

On dit qu'il faut plier, comme le roseau, pour durer face au vent, et se multiplier.

BWS nous dit : "Les roseaux sont des cons. Je ne plierai pas. Je préfère être un chêne abattu qu'un roseau debout."

Moi aussi, je guette un retour sur la scène de BWS, sans trop y croire.

Qui se souviendra du roseau ?

Philippe Cordier a dit…

c'est vrai, quand le talent derrière permet de justifier cette attitude bien sur (ce qui est clairement le cas de Mister BWS)

Lionel Garcia a dit…

Incroyable ! Je connaissais le projet de BWS sur la Chose mais je n'avais quasiment rien vu. 48 PAGES de BWS sur THE THING. Et la Marvel ne publie pas. Y compris ce MONSTER/HULK. Certains se sont trompés de métier en faisant éditeurs. Quel gâchis.

Concernant les roseaux, je comprend la réaction de BWS et sa volonté de rester sur sa position. Après tout, s'il peut se permettre la chose, pourquoi pas. Mais beaucoup des artistes que nous connaissons ont essayé/su utiliser les diktats de l'industrie des comics comme autant de contraintes créatives. Et je pense qu'il n'y rien de dégradant humainement à vouloir essayer de concilier créations et obligations éditoriales. L'une des premières influences de BWS, Jack Kirby a passé sa vie professionnelle à faire une oeuvre personnelle, à travers certains thèmes, dans un cadre éditorial pour lequel la notion artistique s'apparentait à une abstraction de l'esprit. Du coup, je trouve pour le moins déplacé de traiter les roseaux de cons.

On peut critiquer, rejeter, l'industrie dans laquelle on travaille tout respectant l'ensemble des acteurs qui permettent à cette industrie de vivre, quelque soit le degré de leur talent.

Pour revenir à des projets inaboutis, je pense au Silver Surfer de José Ladronn. Un bijou graphique condamné par les raisonnements alambiqués (restons polis) des éditeurs.

Laurent Lefeuvre a dit…

Ah mais je me suis mal fait comprendre : Ce métier n'est quasiment QUE négociations entre envie d'histoires, et contraintes.

L'expression "Le roseau est un con" n'est pas de moi. Je la reprends telle quelle car elle dit mon dépit(et puis je la trouve juste - habitués que nous sommes, moi le premier, à souvent renoncer).

C'est précisément pour ça que les comics de super-héros ont ma préférence : C'est à pas mal d'égard, le sous-genre (super-héros), d'un sous-genre (les comics), dans un sous-genre (la bande dessinée).

Nous sommes bizarrement, dans une époque où l'on peut semble fier de faire ce métier (des histoires de bonshommes en slip multicolores), alors que j'en tire une perpétuelle petite honte. Car ils ne sont pas si nombreux, ceux qui en tirent des récits VRAIMENT valables.

J'ai un infini respect pour des dizaines d'auteurs, scénaristes, gribouilleurs, encreurs, coloristes, lettreurs, qui font de leur mieux pour amuser des enfants (jusqu'à 177 ans), et de se plier pour ça, à long terme, à toutes formes de contraintes (deadline, paye souvent catastrophique, mépris, démission à l'insu de son plein gré, dépossession de sa création, etc.).

Je trouve absolument miraculeux qu'un artiste (ceux qui me connaissent savent à quel point je ne prononce quasiment jamais ce mot) comme Barry Windsor Smith n'ait pas choisi la facilité, après avoir avalé autant de couleuvres (à ce stade, des boas constrictor) tout au long d'une incroyable carrière.

Il y a tellement d'exemples, comme par exemple, la réédition de Weapon-X, recolorisé au fusil de paint-ball par un total débutant, ou ses premiers Conan (il y a un article quelque part sur la toile, par Tom Scioli, qui décortique le désastre).

Je tiens BWS comme le tout meilleur auteur/dessinateur à avoir œuvré sur ma franchise préférée, les X-Men, et ce, en seulement quelques épisodes (liés à Tornade et Wolverine).

Qu'il donne des pages aussi dingues, une vision aussi humaine, pour se faire jeter comme un simple prestataire, c'est juste fou !

Alors que celui-là dise (comme Bob De Niro à Trump : "Fuck You !"

Moi je trouve que c'est d'une classe impériale.

D'autres ont un statut bien plus grand que le sien, et ne rueront jamais dans les brancards.

Alors OUI, le chêne ne passera pas le siècle, mais je me souviendrai de lui.


(Tiens, ça me donne envie de revoir Phantom of the Paradise, sur le même sujet).

Lionel Garcia a dit…

Autant pour moi! Merci d'avoir précisé.

Laurent Lefeuvre a dit…

Oh ben de rien !

(je suis souvent excessif, je dis parfois des bêtises aussi, mais toujours sincèrement ! =;o) )

Philippe Cordier a dit…

et c'est aussi pour ça qu'on t'aime

Laurent Lefeuvre a dit…

T'es mignon !

Revenons au sujet (l'arrivée de plus de 40 pages du Graphic Novel de la Chose par BWS, la semaine dernière) C'est seulement moi, ou c'est très tentant de se bricoler une édition Pirate ?

Il se trouve qu'il en figurera une case, dans le bouquin que je finis de maquetter, dans la partie où j'essaie du mieux que je peux, d'expliquer comment les auteurs nous précédant influencent notre approche/perception d'un personnage.

Je mets le lien en toute lettres :

http://bronzeageofblogs.blogspot.com/2018/05/barry-windsor-smiths-unpublished-thing.html



Philippe Cordier a dit…

je n'en ferai rien mais si quelqu'un bricole ce pirate je lui filerai mon adresse bien volontiers

Lionel Garcia a dit…

Je reste stupéfait devant le manque de clairvoyance des éditeurs. Je veux bien qu'une compagnie soit tributaire de certaines obligations mais refuser de tels projets me consterne. Je ne comprendrai jamais ce qui peut motiver de telles décisions.

Philippe Cordier a dit…

C'est le moins que l'on puisse dire
sauf à développer un côté blasé qui consisterait à dire, pour un éditor, "m'en fout c'est un taff comme un autre si le projet n'est pas dans les clous je le vire, grand nom/talent ou pas"
Ca recoupe une autre réflexion sur les "inventory stories", c'est histoires commandées par les éditeurs mainstream pour avoir des "bouches trous" dispo facilement en cas de retard de l'équipe. c'était à l'époque où un comics mensuel ne pouvait souffrir aucun retour et ces "bouches trous" étaient prévus en cas d'urgence; Et bien des tas d'histoires géniales dormaient des années dans les tiroirs, sans être publiées. Al Milgrom, en homme/editor, de goût obtint de Marvel le droit d'en publier dans ce fleuron que fut Marvel Fanfare, mais il est évident qu'à ce jour il reste forcément encore des tas d’inédits que personne ne songe à publier

Lionel Garcia a dit…

A croire que les éditeurs ne sont plus que des gestionnaires de licences pour Hollywood.

Marvel Fanfare a compté combien de numéros?

Philippe Cordier a dit…

60 si je ne me trompe

jarvis69 a dit…

Les pages de the Thing sont celles publiées sur FB ? C'est vrai que ça donne envie :)

Lionel Garcia a dit…

Pour revenir à Marvel Fanfare, j'ai lu dans la collection Marvel Hachette la mini-série dessinée par Charles Vess sur les Trois Guerriers, un régal visuel et emplit d'un humour trop rare dans les comics.

Philippe Cordier a dit…

Jarvis se sont les pages dans le lien de Laurent plus haut
Lionel je crois que je n'ai jamais rien lu et apprécié de Vess :-( (à part un peu le Gn Spidey en écosse)

Lionel Garcia a dit…

Pour quelle raison? Ses influences? Il me semble que nous avions déjà discuté avec entrain d'une histoire mettant en scène le monte-en-l'air dans un rc intitulé Wendigo paru dans Strange, non?

Philippe Cordier a dit…

je ne sais pas, probablement une sensibilité, que je n'ai pas
Il est comme Kaluta (et Zulli) pour moi : trop poète :) En vrai, une sensibilité, une finesse, qui lorgne vers de la sensiblerie à mes yeux (à tort)une forme de préciosité.
Etrange car BWS est un ami à lui/eux et un grand poèteaussi mais il y a chez Smith une puissance, cachée sous la finesse, qui me fait le préférer, très largement

Anonyme a dit…

Je ne voudrais pas rajouter à la consternation collective concernant les oeuvres de BWS au placard, mais, hélas, n'oublions pas qu'une GN de Superman inachevée est aussi dans le même état chez DC... Je n'en connais que peu de planches mais le peu que j'avais vu m'avait alléché tout autant...

Quand à la perspective de voir tout ce matériel publié un jour, je n'y crois pas.
Je m'explique.

Pour les oeuvres en les mains des éditeurs : la pratique générale aux USA, est, si je ne m'abuse, de faire achever le travail dans une forme consolidée afin qu'il soit publiable. Nos amis américains ne sont en effet pas vraiment des fans des publications "en l'état" du type "Tintin et l'Alph-Art"... Quelques exemples : Pérez qui refit son JLA/Avengers avec un nouveau compère scénariste ; Pérez qui termina sa GN des Teen Titans ; la dernière histoire du Manhunter de Goodwin et Simonson qui devint une histoire sans parole à la mort d'Archie Goodwin ; Bob Layton publiant une version papier de la GN Colony à la mort de Dick Giordano car Giordano avait achevé l'ensemble des dessins, sauf ceux de l'épilogue, etc... etc... Dans un passé récent, Marvel a eu justement une collection dédiée au déterrage : "From the Marvel Vault", où 4 one-shots furent publiés, et des contacts justement repris à cette occasion. Alors qu'il ne travaillait plus guère chez Marvel, Fabian Nicieza aida ainsi à ce que l'histoire des Defenders et celle des Thunderbolts soient achevées. Et l'editor du team-up Hulk/Human torch n'hésita pas à envoyer, une fois l'encrage de Karl Kesel achevé, le comic fini à son dessinateur de l'époque : Steve Ditko (je doute cependant que Ditko ait porté un quelconque intérêt, à réception, à ce travail alimentaire comme il en réalisait souvent pour Marvel dans les années 80, mais passons...)
Prenons donc un editor Marvel même jeune et plein de sève, il tombe sur les magnifiques planches de BWS sur "The Thing". Il se lance. Il va renseigner car il ne connait pas BWS. Un ancien de la maison lui parlera du personnage, et tout ce qui va avec, de ses déclarations sur les majors qui exploitent les jeunes auteurs jusqu'à la clause RETRANSFER de ses originaux. Devant l'Everest qui l'attend, il abandonnera alors certainement, car n'est pas Robin Snyder qui veut.

Pour les planches en les mains de BWS, comme celles de "Monster", le temps joue contre nous, les vieux fans qui savons qu'il vit encore... Techniquement, il n'a certes pas encore 70 ans, mais sa santé pour le moins délicate n'est un secret pour personne...
Et soyons clair : "Monster", c'est une oeuvre immense (dans tous les sens du terme) mais en chantier depuis 20 ans... Pour moins de planches et d'ambition, BWS Storyteller ne fut jamais achevé et Opus 3 n'est resté qu'un voeu. Aucune nouvelle publication chez Gorblimey Press, même, n'a vu le jour depuis 25 ans...
Je fais donc le pari que "Monster", cette oeuvre trop immense restera inachevée elle-aussi.


J'espère me tromper.

Philippe Cordier a dit…

Merci pour ces infos (et j'ignorais la situation "délicate" de santé de BWS!)
il est vrai que malheureusement les us n'aiment pas publier des choses non finies et c'est terriblement dommage tant bien pages doivent être intéressantes

JP Nguyen a dit…

Merci pour le lien vers les planches de la Chose. Je connaissais le projet inachevé mais j'ignorais qu'autant de planches avaient été mises en ligne.
Pour se consoler, on peut toujours évoquer une histoire complète de the Thing par BWS, parue dans un Marvel Fanfare aussi , je crois... Celle où Ben essuie les farces de la Torche pour le 1er avril...

Anonyme a dit…

Concernant le point "délicat", juste ceci et parce que, en son temps, il avait pris position publiquement :

http://www.barrywindsor-smith.com/studio2/nhs4.html

Philippe Cordier a dit…

Ah oui en effet!

Oui JP cette histoire était bien top, de mémoire, mais on en veut plus!!!!!!!

Nolegz a dit…

Magnifiques planches de "Monsters". Et on sent bien l'influence du Swamp Thing de Bernie Wrightson, là dedans.
Clairement, BWS a couru toute sa vie derrière cette ambition qu'ils avaient eu en créant The Studio dans les années 70, à savoir s'affranchir totalement des majors et créer leurs propres univers, sans concessions.
Je fais parti de ceux qui l'ont découvert dans les années 80 sur quelques one-shots (DD, X-Men, ado le Machine Man publié par LUG a été une vraie claque,...) et les rééditions de ses Conan, qui ont été subjugués par la grâce de son trait et de ses persos, la finesse de son encrage, la classe de ses planches qui le plaçait largement au-dessus du lot, qui ont cru avec Weapon X qu'on allait enfin avoir régulièrement des chefs d'oeuvre de BWS dans le mainstream, qui ont patiemment collectionné ses oeuvres et compils indés (Adastra, Opus I & II, Storyteller...) en attendant le Masterpiece...
J'ai, au sujet de BWS, un sentiment d'inachevé. Combien d'histoires, du niveau de Weapon X, aurait-il pu nous sortir ? Monster était pourtant une sacrée promesse.

Philippe Cordier a dit…

je fais miens chacun de tes mots

Anonyme a dit…

Une question concernant BWS qui n'a rien à voir avec le sujet...


Pourquoi cette grosse marmotte sur l'original de la cover de DD #217 ???

http://1.bp.blogspot.com/-DMaVZPD6ESc/UdBeeZHq7eI/AAAAAAAAOjw/gsgcv5TifGg/s640/dd217A.jpg (source, ici : http://marvel1980s.blogspot.com/2014/09/ )

Et accessoirement, saurais-tu où trouver un scan en haute résolution de cette couverture ?

Philippe Cordier a dit…

Je me suis souvent posé la question à part le délire de l'artiste probablement un private joke
et malheureusement non, pas de bonne def connue