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mercredi 11 octobre 2017

Le Serval d'Alan Davis

 Ce récit est une petite merveille des années 90 (précisément 1990 d'ailleurs)
J'ai tendance à préférer un Alan Davis scénariste plus britannique/ironique (cf les bijoux que sont ses Excalibur) mais cette histoire, sombre et 1er degré est une perle malgré tout
Pour moi ce livre, c'est une vf, celle là
 A l’époque il était avec le premier de ses 2 grands encreurs (avant Mark Farmer, Paul Neary) mais ce qui me plait, surtout au regard de ce que deviendra vite cette partie du travail, c'est la colorisation
Elle fut editor (par exemple de l'histoire courte Alan Moore/ Perkins, de Marvel uk, évoquée ce lundi)  et je ne sais pas quel autre boulot de colo elle a fait, mais le rendu de Bernie Jaye est impeccable. Fin, sensible,  en accord avec le trait...

 
 Ceci est une juxtaposition du trait noir (calque) sur l'original peint (B Jaye a travaillé à l'ancienne, sur des bleus)
 Des pages imprimées. Superbe travail de découpage et de dessin de Davis, d'encrage de Neary et de colo de Jaye. Que demander de plus?
 
 Un coucou à Carpenter en passant (et l'un des avantages d'être son propre scénariste, tout en se faisant confiance en tant que dessinateur : pas de textes inutiles pour des scènes qui se suffisent au dessin)
 Bien des années plus tard il reprendra le dessin du perso, sans le scénariser, mais le feu sacré a disparu 
Voir un rough (pas le crayonné) à comparer à l page encrée (par Farmer) reste intéressant
 

29 commentaires:

Laurent Lefeuvre a dit…

Toujours fan de Alan Davis.

C'est chouette de voir les pages originales de BloodLust, surtout la première (avec le haut de la tête de Serval.

Plus globalement, Alan Davis a renoncé à donner de la confiture pour les cochons.

Je m'explique.

Pour en avoir (un peu) causé avec lui (Paris Comics Expo 2014) et entendu répéter dans des interviews, ce qui compte le plus pour lui c'est la nar-ra-tion !

L'enchevêtrement des cases les unes après les autres, les expressions des personnages, le langage corporel, les placements des masses, etc.

Tout ce dont ce foutent à mon avis assez royalement le gros du lectorat comics aujourd'hui, et donc une grosse partie de la prefession (quand elle n'ignore pas totalement les enjeux que ce sens de la narration recoupe).

Le test est simple : regardez une BD sans en lire les textes. Si vous ne lisez pas d'autre émotion que "content", "pas content", "vénère" dans l'histoire, vous y êtes.

L'histoire démontre que ce sont ceux-là qui dominent aujourd'hui (Jim Lee en est à mon avis l'actuel parangon).

Alors quand je dis que Davis a renoncé à donner de la confiture pour des cochons, c'est qu'il n'est pas moins bon qu'avant, juste qu'il a acté que ça ne servait plus à rien de se casser la tête à construire des planches avec en moyenne 6-7 cases (comptez celles dans les planches de la période jusqu'au milieu des années 90 - Bloddlust inclus), et celles qu'il fait ces dernières années (entre 3 et 4).

Sa dernière grande œuvre (en solo, là où il est toujours le meilleur), c'est Fantastic Four : The End.

Alors il reste le style Davis, imparable, de belles pages pas honteuses du tout (malgré une tendance très nette à la "latexisation des corps" (plus de squelette, ils ont l'air en gelée), mais toutes ces petites séquences où l'on triple un plan, en changeant 2-3 détails pour donner un plan fixe et un jeu d'humour muet (typique de Diablo et/ou Kitty).

Bref, du gâchis... avec de beaux restes !

Philippe Cordier a dit…

en te lisant je pensais de suite à son jeu d'acteur donné à Diablo oui. Une finesse d'expressionS inégalée qui compensait une légère facilité à mettre en avant des corps toujours parfait (Davis, sur le sujet des corps féminins est un anti Hermmann; Aujourd'hui il reste ces corps mais en effet le jeu d'acteur est moins travaillé, et c'est bien sur lié à la narration
Dommage

Lionel Garcia a dit…

Quel régal !!! Pour le retour de Davis sur Wolverine et la plupart de ses dernières productions, je ne pense pas qu'il soit question d'un feu sacré éteint. Mais bien de scénarios de piètre qualité. Et s'il est évident que la narration devient le parent pauvre de la BD -un comble- un auteur comme Samnee privilégie encore cette exigence narrative.

Je partage votre avis,FF THE END représente l'une des dernières pièces maîtresses de Davis. Après tant d'années, celui-ci devrait peut être se retirer des majors et profiter d'une retraite pour réaliser un récit qui lui tienne vraiment à cœur. Mais un Davis fatigué- résigné (rayer la mention inutile) reste toujours supérieur à la plupart de ceux qui commettent nos comics actuels.

Vinc a dit…

J'ai adoré Davis dès que je l'ai découvert dans les 80's, mais rétrospectivement, tout ça était très "en devenir"… Son wolverine de 90 était bien en deça de ses travaux à venir. FF the end, un must, certe, mais ses annual FF, DD, Wolverine, récent, étaient top aussi. Son dernier wolverine était pas mal je trouve… franchement Philippe, tu montres peut-être la plus vilaine planche ;)
Il a développé une liberté de trait et de rythme de découpage absolument jouissive (pour moi). Il a toujours collé à son temps. Enfin…
Davis est incroyable, parce que son feu sacré, vient juste de s'éteindre selon moi (après son run sur Hulk) !
Ses derniers boulots semblent inachevés. Il n'y a "que" le découpage, mais pas de finitions. Quel dommage. Serait-ce un problème de scenar ou tout simplement la lassitude de dessiner des gonzes en slip ?
Jer.

Philippe Cordier a dit…

moi je le trouve bien mou son Wolverine récent, à toutes les pages, comme le dit laurent : très peu de cases, et moins inventivité/recherche
Ff the end est très bien mais pour moi son sommet je le mets, scénario ET dessin, sur ses Excalibur : excellents avec Claremont, et encore un can au dessus tout seul
Il mettait du second degré, de la recherche, de l'émotion...
les scénar sur lesquels il bossent aujourd’hui, de ce que j'en ai lu, ne peuvent que le démotiver

RDB a dit…

Ces derniers mois, j'ai eu l'occasion de lire ou relire du Davis (pour le plaisir d'abord, puis des rédactions de critiques ensuite). J'avais un peu lâché l'affaire depuis "FF : The End".
J'ai donc pu constater s'il en avait encore sous le crayon et je pense qu'il n'est pas en panne. Son run sur "Wolverine", écrit par Paul Cornell, est bref (10-12 épisodes quand même), l'histoire n'est pas renversante (il s'agissait de préparer la mort de Logan), et le découpage est plus sommaire (moins de cases). Mais tout de même quelle classe, quelle fluidité, quelle énergie !
Il a aussi illustré une excellente mini-série écrite par Bendis, juste après la saga "Siege" : "Avengers Prime", et la trinité Captain America-Iron Man-Thor. Du sur-mesure, écrit par un fan , et où on assiste à un vrai festival, des dessins puissants, débordant d'invention (avec des splash et des doubles pages fabuleuses, mais aussi des séquences excellemment découpées).
Enfin, les trois Annuals - DD, FF, Wolverine avec le ClanDestine en guest - étaient remarquables, foisonnants - l'occasion pour lui de placer ses créations au coeur d'une commande.

Il n'est pas toujours bien servi par les autres scénaristes qu'on lui octroie - Ewing, Starlin. Mais il ne bâcle jamais.

Malgré tout, il est indéniable, et depuis un moment, que le bonhomme a perdu le feu sacré, qu'il s'est résigné à être sous-exploité ou à ne plus pouvoir animer ses créations. Son scénariste préféré n'est plus actif (Claremont), il a avoué se désintéresser totalement des events, de la continuité, détester le ton général des comics actuels (lui souhaiterait pouvoir raconter des histoires tous publics et accessibles aux fans comme aux néophytes).
Et, en même temps (comme dit l'autre...), lorsqu'il a été interrogé sur l'opportunité de travailler pour éditeur français par exemple ou se lancer dans un creator-owned (chez Image ou ailleurs), il a clairement dit que ce ne serait pas possible pour lui. Pourtant, je suis certain que si un Millar ou un cador de chez Image (Vaughan, Brubaker, Remender, Kirkman...) lui donnait un script, il pourrait y aller sans crainte financière (dans le cas de Millar, ce serait même certain puisque le scénariste paie ses dessinateurs à l'avance et négocie des contrats 50-50 sur toute l'affaire, comics et produits dérivés + droits d'adaptation ciné).

C'est donc un peu de sa faute aussi. Davis est respecté, admiré même, sauf qu'il n'est pas "bankable", et peu arrangeant (en itw, il ne cache pas le mépris que lui inspire l'industrie actuelle et la production de plusieurs confrères : il ne doit donc pas être dans les petits papiers de beaucoup d'auteurs et d'editors). C'est insoluble : entre son manque évident de motivation et son refus des compromis ou de prise de risque, sa position le condamne à une marginalisation de plus en plus forte (un peu comme Byrne en fait).

Lionel Garcia a dit…

C'est vrai que son Hulk est un régal. Et justement son approche très nostalgique avec les x-men en guest star, de la mini-série, montre que le problème est liée à des thèmes, des tendances actuelles... Etonnant que Claremont ne lui ait jamais proposé une association "indépendante".

Philippe Cordier a dit…

Oui rdb je suis d'accord, en gros, et le résumé est que c'est un beau gâchis car même s'il grogne moins que Byrne, sa marginalisation est un peu apparente/en route
En effet je pense qu'un Millar ne peut pas être insensible à son trait (il a fait exploser les ventes de Hitch, sous mega influence initiale de Davis)et s'il lui faisait du sur mesure ca serait grandiose
mais j'ai peur que Millar représente une bonne partie de ce que n'aime pas Davis (surtout le côté "adulte" et bling bling)

Lionel Garcia a dit…

Est ce que être critique avec son milieu professionnel doit condamner à la marginalisation systématique? Je trouve que le trait de Hitch déjà à l'époque des Ultimates avait beaucoup perdu de l'influence de Davis. On voyait des dessins résolument tournés vers un réalisme prononcé.

philcordier a dit…

oui je suis d'accord, c'est juste que je liais son influence d'origine/Davis au fait que, du coup, Millar doit aimer cette approche

Lionel Garcia a dit…


Sans vouloir faire un procès d'intention à Millar ou être cynique, je crois que celui-ci cherche surtout à s'attacher la collaboration d'artistes qui ont déjà une renommée. Et il se trouve que la plupart de ses collaborateurs sont également doués, voire, très talentueux pour certains.

Pour en revenir aux auteurs qui critiquent le milieu, j'ai souvenir d'entretiens des frères Buscema ou de Mike Wieringo qui n'étaient pas tendres avec le milieu. Et je n'ai pas l'impression que leurs propos généraient les mêmes réactions que celles d'un Byrne ou d'un Davis. Des commentaires sur la question?

Anonyme a dit…

https://www.bleedingcool.com/2017/10/11/excalibur-returns-januarys-x-men-gold-annual-cover-alan-davis/
Quelle fausse joie ! Excalibur revient brièvement mais Davis s'occupe uniquement de la couverture.
Ce type de projet est pourtant taillé pour lui, au scénario comme au dessin, et c'est pas non plus comme si le papa de ClanDestine a des tonnes de séries en cours actuellement chez Marvel...

Lionel Garcia a dit…

Jim Shooter avec tous les reproches qu'on lui a fait -justifiés ou pas- savait initier des projets avec les auteurs. Il semblerait que ce "professionnalisme éditorial" ne soit plus d'actualité. Dommage pour nous et pour la Bande Dessinée.

Philippe Cordier a dit…

selon moi c'est un mixe entre carafon marqué et "grande gueule"+ être "à la mode"+ se plier aux exigences editoriales du moment (c'est à dire aux films en gros)...donc le cynisme et le côté désabusé de Davis ne font pas tout
Shooter avait un très fort caractère mais il avait une vision. Après il a eu une tache plus simple que les gars d'aujourd'hui, qui, encore une fois, doivent composer avec les dictats des films (Un Tom Breevort n'est pas inintéressant mais que peut il faire)

Lionel Garcia a dit…

Je suis d'accord, le contexte n'est plus le même. Mais Shooter faisait en sorte de vendre des comics. Et il me semble que c'est le rôle principal d'un éditeur : essayer de faire découvrir au plus grand nombre ses personnages. Et sur papier...

Philippe Cordier a dit…

c'est vrai, mais le papier se vendait encore à l'époque. les gros titres d'aujourd'hui ont des ventes qui provoquaient la fin d'un titre pour mauvaises ventes dans les années 70/80
Bon après c'est un cercle vicieux certes : ca ne vend pas donc ils ne ciblent pas les jeunes (juste les vieux, "acquis") et du coup ca ne renouvelle pas le lectorat donc ca ne vend pas...

Lionel Garcia a dit…

Et la suite est connue. Si ça ne vend pas, on augmente les prix et on se coupe de la frange de lecteurs la plus "désargentée" et la baisse continue...

Philippe Cordier a dit…

c'est ça
et l'"avenir" devient les compil ponctuellement vendues en librairies, aux us et ailleurs,
mais le marché du mensuel est probablement agonisant, or c'est lui qui draine en grande partie les fans de demain

RDB a dit…

Je ne pense pas que Davis serait forcément rebuté par une offre de Millar et son style. Au sein de son "Millarworld" il écrit à la fois encore des histoires fidèles à celles qui l'ont rendu célèbre (des trucs un peu provocs, genre "Kick-Ass", "Super Crooks") mais désormais tout un pan de sa prose tend vers des comics "feel-good", où il rend des hommages aux BD qu'il a lues gamin, à des classiques (Flash Gordon pour "Starlight" et "Empress", les buddy-stories avec "Chrononauts", l'héroic fantasy avec "Reborn").
Donc, je suis sûr que s'il proposait un script fun à Davis, voire le co-écrivait avec lui (comme quand il a co-écrit "Kingsman" avec le réalisateur Matthew Vaughn), ça donnerait quelque chose de chouette.
Et le deal financier qu'il conclut avec ses artistes fait qu'ils peuvent embarquer avec lui sans craintes.
Millar sait ce qu'il doit aux vedettes qu'il attire dans ses BD, mais je crois que les artistes qui le suivent (même si c'est juste le temps de quelques épisodes) peuvent aussi le remercier des conditions de travail qu'il leur offre.
Artistiquement, rien de ce qu'écrit Millar n'est renversant, mais c'est souvent divertissant, bien produit, du sur-mesure pour ses partenaires. Et bon, mine de rien, sa petite affaire est devenue assez solide et attractive pour être achetée par Netflix (qui va certainement y puiser de quoi produire des films et séries télé maintenant que Marvel-Disney veut lancer sa propre plateforme de streaming).

Un autre point sur lequel je rebondis : l'influence des films sur les comics. D'abord, je ne suis pas totalement persuadé que les auteurs et artistes de comics soient aux ordres pour coller aux films (Mark Waid, par exemple, a certifié que depuis l'achat de Marvel par Disney, il n'y avait aucune interférence, c'était un partenariat semblable à celui entre Pixar et Disney). C'est plutôt tout ce qui n'appartient pas à Disney au cinéma qui est impacté (cf. l'absence des FF en comics à cause des caprices de Ike Permulter par rapport à la Fox qui en détient les droits pour le grand écran).

En revanche, la direction (ou plutôt la non-direction) de Brevoort est de plus en plus manifeste. Quoi qu'ait pu faire Quesada quand il était à ce poste, c'était tout de même moins bordélique. Depuis que Brevoort et Alonso sont aux commandes, les relaunchs se sont multipliés, maintenant ils reviennent aux numérotations historiques, pour inaugurer ça ils éditent un one-shot qui n'est rien d'autre qu'une grosse bande-annonce, il y a des gens solides et prometteurs qui n'ont plus de séries (quand ils ne se barrent pas chez Image ou retournent chez DC)... (En comparaison, DC avec son "Rebirth", après 5 ans d'expérimentations inégales sur les "New 52", a imprimé à toutes ses marques importantes une ligne claire, forte, à laquelle on adhère ou pas mais qui est nette, avec des équipes créatives souvent balèzes, des projets alléchants.)

Il n'y a pas si longtemps, Marvel avait désigné des "architectes". Aujourd'hui, Jason Aaron semble être devenu l'auteur le plus côté de Marvel (sans pourtant avoir l'air de vouloir assumer ce rôle). Bref, ça manque d'un chef, qu'il soit editor ou creator, un mec (ou une fille d'ailleurs) responsable aussi bien du succès de la ligne globale que de ses ratés (l'équivalent d'un Geoff Johns chez DC, qui, lui, a vraiment voulu être aux commandes).

Philippe Cordier a dit…

cen'est pas tant que les comics soient officiellement "aux ordres" des studios ciné,mais l'influence est manifeste, probablement parce que l'editor ou les auteurs eux même estiment que ca attirera le fan des films
Mais heureusement qu'il reste du manistream "hors Hollywood" (moi je ne vois que Waid/Samnee mais je suis tellement peu ce qui se fait en ce moment...)

Anonyme a dit…

Pour être un simple acheteur de tout les comics dessinés par Alan Davis dès leur sortie en comic-shop depuis presque 20 ans (et pour avoir acheté depuis ceux d'avant...), je plussoie totalement l'analyse de RDB sur l'auteur et sa situation dans le monde des comics actuels. Il en a fait de toute façon part plusieurs fois sans détour dans différentes interviews.

L'isolement progressif ? La perte de foi dans le comic-book ? Bien sûr.
Sa retraite n'est plus très loin maintenant et, jusqu'à celle-ci, il alternera les travaux de commandes et les travaux plus personnels, probablement uniquement chez Marvel.
La flamme ? Il peut l'avoir encore et je suis totalement d'accord sur les exemples mentionnés, le cross-over Hulk/X-Men en étant un bel exemple. On lui retrouve dedans un engouement de vieux fan, le même type de punch ravageur qui pouvait survolter jadis John Byrne quand il reprenait un personnage (ou lui faire tout saccager, diront certains, dans le cas unique de Byrne).
De la lecture des travaux "commerciaux" de Davis (le dernier en date sur les Gardiens de la Galaxie), je ressors souvent assez content, mais derrière un métier évident, presque de façade au vu du talent du bonhomme devrais-je dire, se cache aussi une lassitude presque aussi évidente, sans étincelles. Mais comment lui en vouloir ? Il n'y avait pas, par exemple, de quoi être stimulé par les scénarii des arcs de la nouvelle série Wolverine, à des années lumières de Bloodlust, justement, qui était magique au propre comme au figuré...

Je regrette que ces dernières années, la part du commercial dans les projets d'Alan Davis semble prendre de plus en plus le pas sur les oeuvres personnelles, et du coup, le bon temps de Killraven, the Nail et d'autres semble d'éloigner à vue d'oeil... alors que ce n'est pas si lointain pourtant.

Un Alan Davis proche du bâclé ? Oui, si, ca existe : un fill-in "à l'ancienne" qu'on lui avait demandé pour Shield #3. Un numéro tellement anecdotique qu'il a dû passer sous le radar de beaucoup... Au-delà des quelques splashs et de la cover, regardez bien les planches, c'est très très creux... N'espérez pas, par exemple, un Sanctum Sanctorum vintage à couper le souffle, truffé d'artefacts ramenés des époques Ditko, Colan ou Brunner. Rien ! Voilà le genre de production d'art-robot Marvel que j'espère que je ne reverrai pas. Cela me fait trop de peine...

Philippe Cordier a dit…

Tout à fait
Son Shield était creux, j'ai acheté le tpb des Gardians et je l'ai déjà oublié (faut dire que le thème+ Starlin, ce n'est pas pour moi) Beau, lisse, sans la flamme
Il en a encore sous le pied pourtant, c'est certain
Killraven c'est mort (aucune ventes à l’époque, et pourtant quel pied) mais rendez lui Excalibur !

Vinc a dit…

j'ai voulu me remettre à jour et donc, j'ai regardé ses Wolverine récents et oui, c'est vrai c'est pas top. Il y a quand même des cover iconique très chouettes. Le découpage est pauvre mais le trait tient encore la route.
Par contre son Guardians avec Starlin est franchement décevant. Le dessin n'est pas abouti et Farmer ne rattrape rien… C'est le rendu qu'il nous offre depuis 2, 3 ans.
Il y a ses Uncanny X-Men travaillé sur le tard avec Claremont qui sont très étonnant (444 à 458). On reconnait bien son travail, mais le graphisme est très aboutit. Je me suis même demandé s'il avait collaboré avec quelques assistants ou si Farmer s'était investi différemment !!
Jer

Philippe Cordier a dit…

oui moi aussi je trouve que ses X-Men avaient une bonne tenue
Pas sur que Farmer apporte bien plus, je mettrais plus ça sur le compte de Davis

Anonyme a dit…

Je ne sais pas si Davis pourrait se refaire une santé avec Excalibur...
Les personnages l'intéressent-ils encore ?

Tout le monde n'a pas la chance de s'appeler Walter Simonson...
Travailler sur un titre iconique, et 30 ans plus tard, pouvoir emporter l'essentiel, ailleurs, pour en concocter une vrai formule de jouvence, à plus de 70 ans...
Je ne me suis toujours pas remis de ses premiers numéros, et au moins de toutes les planches parues depuis - à défaut du scénario qui n'avance pas très vite (vivement que le titre reprenne !).

Philippe Cordier a dit…

tu parles de quel titre du grand Walt?

Anonyme a dit…

Ragnarök, qui paraît chez IDW de manière assez régulière.

La publication est un peu en stand-by en ce moment à cause d'autres petits travaux que Simonson assure ici ou là (un back-up dans American Gods, un excellent retour sur les New Gods - pour un autre back-up - sur un one-shot et sa participation sur un numéro entier, que j'attends impatiemment, sur le Kamandi Challenge).

Philippe Cordier a dit…

ah oui j'ai vu des bouts, mais je n'accroche pas au thème
Il semble tjs super bon aux dessins par contre

Anonyme a dit…

Bien sûr, c'est une question de goût, mais j'avoue que la passion de Simonson pour la mythologie nordique offre beaucoup à ce comic. L'énergie y est palpable. Quelque part, c'est bien sûr une reprise de Thor qui ne dit pas son nom, avec tout ce que Marvel ne pourrait lui laisser faire - ex : un Thor version cadavre et Gueule cassée - et un apport personnel dû à l'âge de son auteur qui ne me laisse pas indifférent : le terme du héros vieux, affaibli, hors de son temps, sa quête du passé, son affaiblissement avec des soubresauts périodiques de vigueur qui laissent présager de sa disparition inéluctable. Même la petite fille de Simonson est une inspiration sous les traits de la petite Drifa. Ragnarök, c'est le comic crépusculaire de Simonson, dans tous les sens positifs du terme, qui doit se savourer dès maintenant à parution.