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mercredi 9 novembre 2016

Gaston

 Gaston Lagaffe va bientôt avoir 60 ans
Parmi les grands anciens, mythiques dessinateurs, j'ai redécouvert Uderzo et Morris, Hergé m'a assez vite laissé froid...mais Franquin m'a toujours fasciné,enfant et adulte. Une passion perceptible dans le trait, la vie du crayonné conservée à l'encrage...
Je suis tombé sur ce "tuto" de Franquin, amusant, anecdotique car incomplet mais forcément intéressant. 
Les textes qui vont avec sont sur le site d'où viennent les images, ici
 
 
 
 
 
 Notre gaffeur favori est apparu ainsi, du jour au lendemain
 
 Sur les premiers recueils, Franquin utilise une plume, et il est plus qu'aidé par Jidehem qui dessine une très grande partie des bandes d'un trait plus raide, et au final j'en ai retenu ça... la raideur
 Quand il va reprendre réellement la bande, Franquin va également passer au pinceau et son trait déjà vivant et lâché va encore gagner en souplesse et en vie
 On voit dans ses crayonnés la recherche du "bon trait". C'est le mouvement qui domine
 Un mélange de plume et de pinceau pour un dessin encore une fois vivant, aérien, souple. Un encrage qui ne fige rien et un lettrage génial
 Qui d'autre que Franquin aura su dessiner les chats de cette manière?
 mais il savait dessiner tous les animaux
 Pour terminer, une image qui a marqué l'enfant que j'étais à la lecture de cette histoire, et je ne dois pas être le seul
Le Spirou de Franquin ne m'intéressait pas (je le redécouvre un peu sur le tard) Modeste et Pompon encore moins. Ses Idées Noires sont un summum de la BD, mais Gaston a une place particulière, gagnant en intérêt et en maturité avec le temps, évoluant avec son créateur et ses névroses.
 Une œuvre à part

Edité : une entrée programmée qui fait, actualité pourrie oblige, contrepoids avec la morosité (euphémisme) et le pessimisme US

mardi 8 novembre 2016

Trumpkiewicz

Juste une image, pour, espérons le, conjurer le mauvais sort
Bill Sienkiewicz, pro Sanders d'assez longue date, ne ménage pas ses efforts, à son échelle, pour que Trump ne soit pas élu (et non pas pour que Clinton soit élue, c'est une nuance) 
Allez farfouiller sur le net et voir tout ce qu'il dessine et/ou dit sur le sujet. Je partage à peu près tout ce qu'il met. 
Cette couv est superbe (Bill S. est un génie du comics moderne, rappelons le) et tellement vraie

lundi 7 novembre 2016

St Malo et Mickey... des Bulles

 Encore une excellente édition de Quai des Bulles cette année (dernier week end d'octobre), pleine de rencontres et de bons moments.Côté dédicaces je ne peux pas en parler (organisation...) puisque je ne me suis pas approché des files ni des auteurs mais il me semble qu'il y avait beaucoup beaucoup de monde. Je n'ai vu qu'une conférence ('me suis gourré dans l'heure pour celle de Davodeau)
Quel plaisir de se balader dans et autour de la cité corsaire avec ce temps
 J'ai découvert l'oeuvre du Grand (et bavard) Jean Claude Fournier il y a peu (grâce à Nicoby et son livre "L"atelier de Fournier"). Le Monsieur est un trésor régional et national!
 Le prétexte à ma venue était la sortie en avant première de l'énOrme Art Book de et sur Thierry Martin. En dépit des "ça marchera pas" du Monsieur concerné, il s'est arraché sur le stand (le livre, pas Thierry) et fait l'admiration (non feinte) d'un paquet de ses pairs
Dès qu'il approchait du stand Black and White il ne levait presque plus la tête
 mais il levait le petit doigt
 Le bonheur à QdB, c'est aussi les expos.  Celle sur Billy Brouillard/Guillaume Bianco était d'une originalité folle (dans la pénombre, à visiter avec lampe de poche)
Celle sur "Nuit Noire sur Brest" révélait la richesse des planches de Damien Cuvillier, richesse malheureusement en grande partie perdue à l'impression

 Le clou, point d'orgue : Mickey. Les 3 livres sortis par Glénat sont magnifiques et l'expo avait également des planches du 4ème, à paraitre ce mois ci, par Régis Loisel. 
Magnifique!!!!
 Cosey est probablement le plus nostalgique, qui m'a le moins passionné, mais voir les planches est un plaisir, avec les repentirs, les aquarelles...


 Keramidas est un orfèvre. On pouvait voir ses roughs poussés/crayonnés, avec essais de couleurs, et la planche toute en finesse

 Du découpage de Trondheim (très drôle en conférence, au passage) à la couleur de son épouse sur le dessin de Keramidas
 Tebo a quitté son image "pipi caca" donnée par l'atelier Mastodonte/Spirou mag, pour montrer son talent. Un régal de minutie, de mouvement et de passion apparente



 Cette image vient de l'expo Bottaro (Pepito, son perso principal) mais je la mets car elle était bien et c'est là que j'ai croisé Loisel avec qui j'ai papoté 10 mn technique et...encrage
 Le Mickey de Loisel va être géant.  Cet auteur, que j'admire depuis des années, n'a rien perdu de sa passion du dessin. Je le considère comme l'un des meilleurs encreurs, en plus d’être un fabuleux dessinateur. Il est l'un des rares à ne pas perdre l'énergie de son crayonné, ou si peu, lors du passage à l'encre
Il m'a dit avoir voulu conserver ses crayonnés, qu'il a donc scannés, imprimés, et encrés par dessus
L'expo montrait donc de l'encrage, et du crayonné
 Dommage, me suis je permis de lui dire, de ne pas avoir mis de crayonné et encrage du même strip, en vis à vis, à aucun endroit
Amusant de voir que même s'il a encré sur "bleus" il a quand même gardé sa technique d'encrage "à l'ancienne", à l'instinct, avec retouches, rustines/collages...On en voit sur ce strip
 Mise en couleur par Loisel lui même
Dommage, là encore, que l'éditeur se sente obligé (avec aval de l'auteur) de scanner les planches pour "lisser" la couleur et effacer les aspérités, les coups de pinceaux!!!
 En parlant encrage avec lui, je regrettais que Magasin Général (9 tomes, avec Tripp) n'ait pas eu droit à sa version crayonnée en vis à vis des finitions de Tripp (qui n'était pas de l'encrage bien que nombreux étaient les commentateurs à faire cette erreur) sur les 9 tomes. Réponse de Loisel : "oui mais ça ne se vendait pas,  tu fais partie des 1%, les autres, ça ne les intéresse pas ce genre de cuisine interne";
Je pense qu'il se trompe, nous sommes au moins...5% non?
 A bientôt St Malo
PS: j'ai découvert également le livre des frères Maffre (qui sont, en plus, adorables), "Stern", et c'est de l'excellent boulot. Il faudra que j'en fasse une entrée à l'occasion

vendredi 4 novembre 2016

Bret's Blog

 Je suis fan du boulot de Bret Blevins! Aussi rare en nos comics qu'il est bon en tout
Il a un site!!!! Ici. Il y a de fort belles choses. J'ai pu ainsi admirer plein de pages, dont ces merveilles encrées par Al Williamson sur l'un de ses plus jolis boulots (Inhumans)
 
 Il est également excellent encreur
 C'est, étonnamment, le dessinateur Val Mayerik qui l'encrait sur cet épisode des New Mutants. Plutôt bien d’ailleurs. Je me souviens très bien de cette page d'intro en vf dans un Titans
 Terry Austin avait "baissé" depuis sont boulot avec Byrne, mais restait très bon, et son encrage cassant, épuré, passait bien, même s'il enlevait de la souplesse au dessin (aucun souvenir de cet épisode par contre)
 Amusant : cette page vient d'un épisode de Marvel Fanfare, tout premier boulot de Blevins pour Marvel. Paru bien après sa réalisation, le dessinateur ne l'assumait pas, d'où le crédit (A. Novice!) Je le trouve bon, avec un côté Dave Stevens pas désagréable du tout
 Sur son site, Blevins propose des dessins de commande/Commissions. TRES abordables. Il illustre la section "crayon" avec le dessin qu'il m'a fait il y a quelques années

mercredi 2 novembre 2016

Luxueuse mise en abyme

 En Bande Dessinée le "beau pour le beau" ne me passionne pas vraiment. Je regarde, j’admire même parfois, mais j'achète peu et lis encore moins. Emmanuel Lepage est un artiste dont le trait me plait depuis assez longtemps (Névé) surtout en raison de son évolution régulière, mais dont les sujets ou les approches me touchent de façon assez diverses. Bref, je n'ai pas tout lu mais graphiquement c'est souvent magnifique

Ce livre m'a appelé, depuis sa librairie Lyonnaise, et j'ai obéi, avant tout en raison du travail d'un maitre de Lepage, hors du commun, René Follet!
Que c'est beau!!!
Cette forme d’adaptation de l'Odyssée est bien menée même si je n'ai pas toujours accroché au lyrisme. Le sujet est habilement traité, sous différents angles, le principal, pour moi, étant bien sur le voyage tant intérieur qu'extérieur... la quête. 
Les planches de Lepage sont magnifiques
 Sur ce genre de très beau livres,j'ai souvent deux réserves, et c’est le cas ici : Le lettrage, aussi bon soit il, sort un peu le lecteur de la lecture par un aspect froid, mécanique, au regard de planches chaudes, charnelles. Inévitable? Je l'ignore. Et beaucoup de pages sont des doubles planches, que j'imagine spectaculaires en galerie (l'éditeur, le galeriste Daniel Maghen, en a d'ailleurs fait une exposition) or la "pliure" centrale du livre casse un peu les images sur ces doubles pages et là encore l'effet peut être une légère sortie du livre

 Ces réserves mises à part, je me répète, les planches sont souvent splendides
 Sans textes le verdict est sans appel
 Salomé et Jules, dessinateur, cherchent les œuvres d'un peintre. René Follet prête sa main, et ses toiles, à ce peintre inconnu. Le travail d'intégration des œuvres de Follet dans celles de Lepage est superbe, sans faille.
Follet, 85 ans, a réalisé des dessins spécialement pour l'occasion, comme celui ci.

mais tous sont intégrés dans les pages, dans le livre, sans rupture. Certaines planches sont presque à 100% de sa main, comme celle ci
 Ici vous avez une répartition Lepage/Follet (moderne)
 Cette intégration touche à une forme de perfection sur ce style d'ambiance. Lepage, au trait naturellement assez proche de celui de Follet, se rapproche encore davantage du modèle. Il en devient presque dur de dire qui fait quoi (a priori Lepage sur la case 1 seulement)
L'intérêt pour ce livre monte encore d'un cran lorsque l'on découvre que Lepage a également utilisé des peintures de Follet datant de 1971 (ainsi qu'un carnet de croquis, superbe, mis en fin de livre, datant de 68 et jamais vu avant). De fait, la nuance Lepage/Follet est alors plus grande, volontaire et assumée, comme ici
 
 En résumé, même pour ceux qui, comme moi, ont une absence de romantisme assez marqué (ou une forme...différente de romantisme :) ce livre est sublime. Les parties du récit qui pourraient vous laisser de marbre (il y en a) sont compensées par une histoire portée, habitée, par Sophie Michel et Emmanuel Lepage, et le dessin polymorphe de Lepage. La présence, TRES loin de l'anecdote, de René Follet fait de l'ensemble un incontournable
Follet...Lepage, deux artistes à l'âme jeune et au regard qui brille

Une déclaration d'amour à une œuvre (l'Odyssée), à un genre (le récit initiatique), à une ambiance (maritime), à la création, et à un artiste trop peu reconnu