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mercredi 19 février 2014

Recoloriser...ou pas


Soif de connaitre ce que présentaient les vieux comics? Volonté de tout rééditer en format compilé, plus durable? Qu'importe, toujours est il qu'aujourd'hui les USA et les autres pays rééditent une très grande partie du patrimoine comics. Tant mieux. Mais que faire lorsque des couleurs sont jugées datées? Parfois on ne touche à rien (bonne philosophie) Problème : les coloristes de l'époque savaient que le papier buvait la couleur, et choisissaient leur palette en conséquence. La preuve ci dessus avec une page tirée d'un comics, et sa réimpression sur beau papier. C'est très criard. Trop.
Je ne sais plus d'où je tiens ces exemples mais il sont clairs
Voici, sur du Simonson, le comics d'origine, la réimpression qui ne change rien sauf le papier, et l'omnibus qui a refait les couleurs. Question de goût?
Quand le budget suit, chez l'éditeur, la tentation est forte de refaire totalement les couleurs. Si le nouveau coloriste respecte le travail, et l'esprit d'origine, ca peut être acceptable (je crois qu'il s'agit ici de Steve Oliff)
les changements ne sont pas toujours des plus heureux mais ça peut passer(Simonson toujours)
C'est parfois une question de goût
Je peux me tromper mais il me semble que Brian Bolland n'était pas fan de la couleur d'origine de Killing Joke et que celle ci lui parait plus fidèle à ses intentions
Plus sobre en effet, mais pourquoi refaire le "logo" de Batman à cette occasion?
On pourrait penser que la recolorisation est forcément meilleure si l'artiste d'origine s'en charge. Erreur! Le très bon Neal Adams, par exemple, estime qu'il lui faut utiliser toutes les techniques modernes pour rendre les pages "actuelles". / C'est un choix...discutable
 Quel est l'intérêt de texturer à ce point la cape de Batman, le faisant ainsi ressortir excessivement sur un décor qui ne s'y prête pas
 
Barry W Smith a également eu droit à son colorisation "modernisée"; Pas sur qu'il apprécie cette nouvelle clarté d'image (et la transformation de l'eau, avec pont, en herbe, sans pont)
clôturons cette entrée avec une image qui, je pense, mettra tout le monde d'accord : Photoshop est un outil, et il faut savoir utiliser cet outil sans se contenter de cliquer sur tout ce que le logiciel propose.
BWS se chargeait de la 1, avec les moyens de l'époque mais un sens artistique. Quant à la 2...argh

17 commentaires:

Laurent Lefeuvre a dit…

Brillant plaidoyer, Phil... et tellement juste !
En effet, lors de la réédition de Weapon X, Barry W. Smith a précisément relevé que les couleurs d'une époque tenaient compte du papier qui allaient "manger" la saturation. Elles étaient donc choisies excessivement criardes à dessein lors de laur première édition (Marvel Comics Présents). Il a donc indiqué qu'il fallait changer ça pour s'adapter aux nouveau papier plus blanc, et aux nouvelles techniques d'impression. Autant pisser dans un violon, puisqu'il n'a jamais été ni écouté, ni compris. Le détail est lisible quelque part dans son copieux site internet.

Le résultat de cette politique, il est visible dans à peu près chaque réédition du patrimoine Marvel vintage, en France dans nles multiples rééditions Panini.

'Nuff said, comme dit l'autre.

Idem pour Batman, et les histoires de textures. Batman avec cette cape toute en brillance latex dans un marais, c'est enlever le mimétisme du personnage avec son environnement.

Idem pour Spidey : les applats lisses et criards qui habillent les immeubles de pierre ou de brique, autant que les tissus des costumes, en font un monde plastique, toc, digne d'un plateau de lego. Pas étonnant que la transposition actuelle des univers DC et Marvel dans ces briques de couleur se fasse aussi naturellement. Toujours dans l'exemple de la page de Spidey par Romita, la vieille version, le grain de la couleur sur mauvais papier évoque spontanément les matières auxquelles ils correspondent - même si c'était à l'époque moins une volonté qu'une contrainte.

Philippe Cordier a dit…

et j'avoue que ces couleurs saturées, + le "beau" papier glacé, est ce qui me freine dans 99% des achats que j'aurais pu faire sur des rééditions Panini/Kiosque
Dommage
'toutes façons moi j'attends le moment où un éditeur nous sortira des rééditions sur le MEME papier que Lug (je sens que je peux attendre)

Vinc a dit…

Finalement c'est ce que fait Urban !

Philippe Cordier a dit…

t'as raison en fait, c'est un vrai plus
Maintenant pour moi ca reste trop cher car cartonné, épais...et j'aime bien l'idée d'un produit cheap, dans l'esprit d'époque
mais c'est vrai que le papier Urban est bien

Vinc a dit…

C'est vrai qu'un comics en cartonné luxueux ça ne cadre pas avec l'idée même du produit que ce soit du comics d'antan ou d'aujourd'hui. Enfin à quelques exception près !

Philippe Cordier a dit…

on a peut être été "déformés" par des années de Lug mais moi même les tpb actuels, en papier glacé, me "gêne" un peu
il y a des exceptions, genre le punk rock jesus en vo, pas mal de tpb vertigo vo...

Vinc a dit…

Tu sais, même mon fils qui s'est vaguement intéressé à Batman avant de définitivement retourner vers les mangas, qui donc a une culture comics très réduite, m'a dit que ce qui le gênais dans les comics c'étais que le papier était trop brillant.Je lui montrais la version du long halloween édition Panini (et je ne lui ai rien soufflé, je le jure), donc avec un papier fait pour prendre sa douche ;)

Philippe Cordier a dit…

j'adore ton fils!!! :-)
Le genre humain, ou plutôt non, la future génération d'adultes lecteurs de comics, n'est donc pas perdue

Anonyme a dit…

ah les intégrales panini de spider-man avec ses couleurs et surtout ses impressions incroyables.... j'avais commencé à les acheter, histoire d'avoir tout dans le même volume et à la suite, mais l'impression (souvent la couleur est décalé) et les couleurs criardes m'ont vite fait arrêter; le dernier que j'ai du acheter, il y avait une dominante jaune partout, à croire qu'on avait écrasé un poussin entre chaque pages.

re-faire les couleurs , c'est à peu près le même combat que de coloriser des vieux films à mon sens. Les dessinateurs ont fait à l'époque avec ce qui était possible. Bref j'espère ne jamais voir de mes yeux une nouvelle colorisation de born again.

Par contre, chapeau pour le coloriste qui a refait les couleurs de la page de conan. C'était un étudiant ? un exercice d'école ?
j'ai beaucoup aimé sa volonté de faire avec la couleur des volumes différents de ceux indiqué par BWS.
C'est lui aussi qui s'est amusé à changer les cadrages ou à l'époque l'éditeur avait choisi de re-cadrer à sa guise ?
C'est simplement à vomir et je n'arrive même pas à comprendre comment il a été possible de laisser passer ça.
Thomas.

Philippe Cordier a dit…

l'approche de la couleur est un autre débat, intéressant mais je connais bien moins : ce que je sais est que sur un époque, les années Images (92/94) l'arrivée de possibilités techniques a permis à des techniciens sans aucun (ou peu) sens artistique, de s'éclater et à faire de "jolies" choses bourrées d'effets, de filtres...sans le moindre intérêt artistique, souvent même à contre sens de l'intention du trait Une horreur.
J'ai souvenir d'un comics de Silvestri période débuts d'Image avec une colo bof bof mais qui restait dans le trait, et au milieu un verre (de bière?) sans traitet à la limite de ultralibéralisme. Ridicule mais dans le comics shop des gars s’extasiaient ("comment ça fait trop vrai" :-)
On ne le redira jamais assez : l'informatique est un outil, ce qui compte est la main qui gère

laurent Pelloussat a dit…

Ultralibéralisme ? Tu ne voulais pas plutôt dire ultraréalisme ? C'est la politique d'Image à l'époque qui te fait commettre ce lapsus ?

Philippe Cordier a dit…

excellent Je me revois utiliser le correcteur auto de word et il m'a mis ce mot à la place
Très bon

Anonyme a dit…

je m'en souviens de ce comics et de ce verre, c'était sur cyber force et je crois même que ça devait être dans les 2,3 premiers volumes. C'était simplement ridicule ce verre. De toute manière, j'ai vite décroché de la période image, il y avait trop à mes goûts ce côté illustration et ça n'était plus trop de la narration et de l'histoire sur les quelques séries que je pouvais suivre.

Anonyme a dit…

( j'ai oublié de signer : thomas)

Philippe Cordier a dit…

oui Cyberforce ça me parle, ça doit être ça
Oliff avait fait école mais que l'on aime ou pas il avait un sens artistique que n'avaient pas la majorité de ses suiveurs
Ces couleurs over the top + papier glacé+ pas de scénar + style de dessin maison répétitif, j'ai vite assez lâché la quasi totalité des série, gardant the Maxx un temps
Image est devenu quelque chose de tellement mieux aujourd'hui (et non ce n'est pas ironique:-)

Laurent Sieurac a dit…

Je confirme sur Cyber force, j'ai l'exacte image en tête!

De toute façon, concernant les holdies j'ai fait mon deuil de la couleur et je me fais essentials. Le dessin de l'époque se tient très en N&B et je n'ai pas la gène d'une couleur criarde voire retouchée comme sur le conan de BWS!

Philippe Cordier a dit…

clair que les Essentials c'est le trait pur, et pas cher en +
Même si y a forcément des choses qui se perdent car prévues pour la couleur, les + sont tellement supérieurs au -