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lundi 7 août 2017

Mon Fatalis

 Je crois bien que, de mes lectures d'enfant/ado, seuls deux super vilains sortent du lot à mes yeux : Magneto, et ce bon Docteur Fatalis/Doom, alors je profite de cette période estivale pour montrer les artistes qui sont, pour moi, les seuls à avoir vraiment compté pour la représentation du grand Victor
Sienkiewicz est à part, je me sers juste du prétexte de sa récente contribution au livre Kirby and Me pour montrer, sa peinture qui résume bien le personnage : majesté et une forme de folie
 Les origines en 3 cases
 Kirby est bien sur LE dessinateur du personnage, difficile à égaler
 Sinnott, à l'encrage, magnifie la grandeur Kirbyenne
 Probablement LA représentation,pour moi, par le King
 Walter Simonson, sur son excellent run FF, approchait de près cette majesté façon Kirby
 Mignola, avec Badger à l'encrage/colo m'avait également impressionné (avec Roger Stern, l'un de ses meilleurs scénaristes)
 
 Je me souviens avoir été captivé par la destruction de Fatalis, par le Beyonder dans les (seules et uniques) Guerres Secrètes dessinées par Zeck
 mais sa "reconstruction du visage" m'avait laissé indifférent par contre
 Le digne héritier de Kirby, sur ce perso (et d'autres) John Byrne!
 Quelle claque que cet épisode (en vf dans Nova pour moi)
Byrne dominait la grandeur, et la puissance
 
 
 Enfin, mon chouchou, John Romita jr, ne donnait absolument pas cette impression "larger than life" lors de son premier passage sur Iron man. Juste un gars dans une armure
 Tandis que que des années plus tard il livrait l'essence du personnage dans les pages de Spider-Man
 Doom est un manipulateur, impressionnant. Tout est là dans cette couv made in JRjr/Janson
 La grosse polémique vint après le 11 09 2001, dans Spider-Man 36 avec 3 "grands vilains" sur les ruines du WTC. Des gars responsables de tant de morts "fictifs", y compris "innocents" pouvaient ils compatir à ce tragique évènement réel?
 Je crois avoir lu que JMS, au scénario, disait qu'il n'avait pas demandé à ce que Fatalis pleure. L’initiative en reviendrait elle à Romita Jr. Je ne lui ai jamais demandé. Une image forte, mais est elle cohérente?
 En tout cas, Fatalis est un être à part. Tout le monde ne peut pas enfiler l'armure et être le maitre de la Latvérie
 Enfin, il y a cette version. Je n'aimais pas l'armure mais il a quand même bien dérouillé avec moi dans les années 80

12 commentaires:

jimmyraker a dit…

Tu devrais aussi faire un post sur le visage de fatalis

Philippe Cordier a dit…

il me faudrait mon biais fétiche :es artistes, et je n'ai pas en tête qui a bien traité ce sujet (à part Byrne et Bogdanove je crois)

jimmyraker a dit…

les frères bogdanov ont parlé de fatalis ????

RDB a dit…

La question du méchant favori... Vaste question ! Tu connais la phrase de Hitchcock : "meilleur est le méchant, meilleur est le fils". Hé bien, cette citation m'a toujours interrogé parce que son sens est équivoque : s'agit-il d'inventer un méchant redoutable, et haïssable, pour valoriser le héros ? Ou bien de créer un méchant qui en étant meilleur est donc quelque part aussi bon, pas seulement à faire le mal, mais qui serait en quelque sorte de héros ayant dérapé ou d'un héros incompris, au sens moral déviant (ce qui nous questionne alors sur la nature même du Bien) ? Fatalis est, comme Magnéto, fascinant à ces égards puisque Fatalis règne sur la Latvérie mais comment considérer sa gouvernance : est-ce un tyran à la Bachar El-Assad ou Kim Jong-Un, qui terrifie ses sujets et donc est méprisable ? Ou est-ce un bon régent, dont les citoyens sont contents (comme ça a été parfois raconté quand il a disparu, arrêté, forcé de fuir, envoyé dans une dimension parallèle, que sais-je) ?
Magnéto idem : d'un côté, il déclare la guerre aux homo sapiens pour protéger les mutants et préparer leur avènement. D'un autre, c'est un ancien déporté, qui a subi des expériences, qui a remplacé Xavier auprès de ses X-Men régulièrement en se comportant bravement. Il n'est pas réductible à un simple méchant.

Actuellement, Bendis écrit la série "Infamous Iron Man" dans laquelle on voit Fatalis succéder à Tony Stark (qui, entre temps, à la fin de "Civil War II", pour survivre au combat contre Carol Danvers, s'est placé en animation suspendue et confié son armure à une jeune prodige, Riri Williams, qui agit sous le pseudo de Iron Heart, dans l'armure rouge et or). Fatalis, lui, a rencontré Stark avant son duel contre Danvers : durant "Secret Wars", il a fait l'expérience d'être Dieu et veut désormais s'imposer comme un héros. Ne reconnaissant que Stark comme son égal (puisque Reed Richards n'est plus là), il s'approprie le nom d'Iron Man quand Stark n'est plus disponible. Mais les héros qu'il croise sont circonspects évidemment...
La série est inégale, avec de bons épisodes et d'autres moins inspirés, mais Bendis explore cette idée intéressante : après tout, Fatalis est lui aussi depuis longtemps un Iron Man, maintenant il le revendique en se rebaptisant ainsi. Comme c'est à la fois un scientifique génial et un sorcier, l'intrigue montre Fatalis employant à la fois la technologie de l'armure (comme Iron Man) et la magie (retrouvant notamment sa mère, une gitane déjà ensorceleuse). Par ailleurs, c'est superbement dessiné par Maleev, qui a épuré son trait (tout en offrant quelquefois de somptueuses doubles pages non encrées, dans le style de gravures).
Le titre joue sur cette ambivalence propre à Fatalis, à la fois "Infamous" et "Iron Man", tout en restant maître de la Latvérie (un vilain en quête de rédemption et chef d'Etat, ce n'est pas banal), et dont le vrai défi est en fait non pas de se coltiner des super-vilains (ses anciens collègues en quelque sorte) mais de convaincre les héros qu'il est des leurs désormais. Il ne manque vraiment que les FF pour que le traitement du sujet de la série soit complet (même si Ben Grimm, désormais agent du SHIELD, passe par là).
Même si je te sais peu client de Bendis et de Maleev, essaie quand même d'y jeter un oeil, ne serait-ce que pour compléter ton entrée.

OmacSpyder a dit…

De très bons choix d'illustrations pour illustrer ce personnage particulier : Doom! Ça n'est pas rien comme nom...
Kirby et Byrne forment en effet à mes yeux ceux qui ont réussi à traduire le caractère hors norme de Fatalis.
Plus récemment, Esad Ribic dans Secret Wars a dessiné un Fatalis intéressant, divin et mélancolique.
Ce que RDB écrit du titre Infamous Iron Man pique ma curiosité... J'ai écrit un article de Collants sur le Divan où Fatalis allait consulter un psy. Cela permettait d'éclairer notamment sa relation avec Reed Richards et son rapport à l'échec : une névrose de destinée! Voici le lien
http://www.brucetringale.com/collants-sur-le-divan-4-dr-doom-doom-chez-le-psy/
C'est un personnage complexe dont j'avais envisagé le changement à partir du moment où son alter ego serait absent de la scène. Un personnage décidément magnétique..! (Oui, lui aussi)

OmacSpyder a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Philippe Cordier a dit…

Intéressant tout ça
Oui c'est vrai que Bendis et Maleev j'ai un peu lâché mais je n'ai pas d'a priori, si j'ai l'occasion de lire ça un jour en recueil...en attendant mon entrée restera périmée :)
Iron Doom? Ben agent du Shield?...je suis définitivement largué (mais j'ai vu le Doom de Ribic, pas inintéressant en effet, contrairement à la narration de cet event qui m'ait tombé des mains)

Franck Jammes a dit…

Doom représenté par Wally Wood, ça avait aussi de la classe.

Mais à quoi lui sert un pistolet à la ceinture ? Avec tout son armement...

Lionel Garcia a dit…

Kirby et Byrne restent aussi, à mes yeux, les deux artistes qui ont traduit le mieux, avec Roger Stern,la psychologie de Fatalis. Le numéro de Spiderman concernant le 11 septembre m'est tombé des mains. Un traitement de Fatalis et du Caid totalement inapproprié.

Des personnages comme Galactus ou Thanos, entre les mains de bons auteurs, sont également des antagonistes aussi intéressants que Fatalis et Magnéto. Pour en revenir au maître de Latvérie, je garde un très bon souvenir, d'un récit écrit par Dixon dans lequel Manco dessinait un Doom à la sauce Mad Max.

jimmyraker a dit…

Pour en revenir au visage de Fatalis, je me souviens d'avoir lu une histoire où pour battre Fatalis, les Vengeurs ont démasqué publiquement Fatalis l'humiliant. J'ai trouvé ça choquant que les Vengeurs arrivent à une telle extrémité. Finalement ils ne valent pas mieux que les méchants qu'ils combattent. Tous les coups ne sont pas permis dans un combat.

Philippe Cordier a dit…

je n'ai pas du lire cette histoire
Galactus et Thanos surement oui Lionel, mais mon "aversion" pour le cosmique fait que je ne me suis que TRES rarement intéressé à ces gars : quasi jamais pour Thanos (à peine pour le récit de Starlin/Perez) et Galactus uniquement par Kirby et Byrne car ils jouaient presque plus sur l'humain que sur le cosmique
le coup du pistolet à la ceinture de Fatalis c'est vrai, je me souvient avoir trouvé ça un peu ridicule

Lionel Garcia a dit…

Tout à fait d'accord concernant l'angle de travail de Kirby et Byrne. Concernant Thanos, je trouve que Starlin joue également avec la palette des sentiments humains mais il les décuple pour traduire une démesure souvent tragique, pathétique ou burlesque.

J'ai regardé quelques planches de Maleev sur Infamous Iron Man, très agréable. Mais je déteste trop Bendis. Dommage.