Rechercher dans ce blog

vendredi 16 décembre 2016

Rob et Mike

 C'est Noël avant l'heure!! Ne me demandez pas comment je suis tombé sur un site de Rob Liefeld, mais j'ai trouvé cette entrée
Je suis ravi!!!
1991. Hellboy est encore une graine (de destruction?) dans le cerveau de Mike Mignola. Je suis avec assiduité absolument tout ce qu'il dessine. Et quand j'apprends qu'il fait un fill in du titre dont le chef est le dessinateur que j'exècre alors le plus dans le monde du comics, je sais que je vais le prendre mais ça me fait tout bizarre quand même.
Pas du grand Mignola mais très intéressant quand même
Aujourd'hui, Liefeld lève le voile sur cet ovni. Allez sur le site mais, en deux mots, c'est le pire editor de chez Marvel , Bob Harras (un peu l'anti Ralph Macchio pour moi) qui lui dit que Mignola va faire un fill in pour lui permettre de souffler un peu (on croit rêver) mais il lui demande de faire la page d'intro (arg) et le découpage complet (re argh) 
Passons vite sur l'horrible page d'intro
 Arrive le choc visuel. C'est bien du Mignola, pas forcément bien inspiré mais intéressant, et correctement encré par Bob Wiacek
 Liefeld était mauvais (je dis étais car je ne me suis pas penché sur ses dessins depuis des années) essentiellement en terme de finitions de crayonnés, proportions...mais sur du découpage il n'est pas pire qu'un autre (de la même école)
 Mignola suis le découpage (sauf 2 cases en une à la fin) mais il refait les choses clairement à sa sauce
 Sur celle ci c'est encore plus flagrant. Tout est amélioré, "Mignolatisé", mais Liefeld précise que MM lui a dit ne jamais dessiner de plans vus du dessus (!!??) donc il change l'angle de vue de la case 3!
 
 Mis côte à côté c'est la classe. Encore un découpage respecté mais Mignola tord tout (dans le bon sens) avec son style, projetant des ombres sur les 2 premières cases et modelant le perso principal à sa main. Il rectifie au passage bien sur
 Je me demande si Mignola s'est amusé de cette récréation en travaillant sur un découpage/base, ou s'il fut frustré de ne pas choisir tout lui même (je pense plutôt à la solution 1) mais en tout cas la comparaison est passionnante
 Une pin up termine le comics. Du Mignola comme il en faisait alors souvent en terme de posture et d'ombres (cf des illues Ff et Wolverine de cette période)
Si on m'avait dit que j’ouvrirais une entrée avec une couv et une page de Liefeld...

17 commentaires:

Laurent Lefeuvre a dit…

Magique !

J'avais (un peu bêtement) acheté la première dizaine de numéro d'X-Force, dont le 6 (cross-over, en format paysage, avec Spider-Man et dessiné par Todd McFarlane).

Ce numéro dessiné par Mignola est le seul qui reste dans ma bibliothèque.

Jamais je ne me serai douté que Rob Liefeld en eût fait les roughs !

Ça me revalorise le bonhomme, car pour le coup, je trouve que ça tient bien la route.

La preuve ? Mignola n'a rien révolutionné, même s'il en fait quelque chose de très fluide, très efficace.

Belle trouvaille, m'sieur !

Franck Jammes a dit…

Ce doit être le seul numéro d'X-Force que j'aie en français (j'ai le sentiment qu'à l'époque, on était à marée basse question livraisons de comics de qualité.) Ces pages valent sûrement mieux que l'ensemble de la série.

Philippe Cordier a dit…

oui c'est là qu'on voit que le Rob "raconte" assez bien; Il ne devrait juste jamais terminer ses dessins
Moi j'avais pris le X Force dont tu parles, Laurent, du Toddler, et celui ci qui a rejoint direct ma pile de comics Mignola

julien a dit…

C'est ce qui est fascinant avec liefeld, c 'est qu'il est techniquement mauvais mais pourtant toujours là 30 ans après, on ne cesse jamais d'en parler et tout le monde le connait. Une sorte de Van Damme du comics.

Le gars a forcément quelque chose de spécial, d'unique.

Pour moi, l'âge d'or de Mignola, c est le cycle des épées, le wolverine, ce x-force et le aliens salvation (ainsi qu'ironwolf mais qui est lourd à la lecture).
j'aime beaucoup hellboy, mais il y a un coté elististe (peut etre) qui instaure une distance.

Philippe Cordier a dit…

Liefeld mériterait une grosse entrée
Moi je déteste mais il représente la rencontre entre un style et un public, au bon moment
Il a forcément apporté quelque chose, un clinquant, une nouveauté, du...cool?

Mignola pour moi c'est Metropol, Gotham by Gaslight, Fafhrd, Wolverine, Ironwolf, Triumph and Torment...

Francis a dit…

Et c'est intéressant de voir ce qu'on pu faire des scénaristes talentueux avec ses personnages médiocres (Macan pour Cable, Peter David pour Shatterstar, Moore pour Supreme).

Laurent Sieurac a dit…

Je connaissais ça, ça avait été posté sur Buzz à une époque et je continue à trouver que la première page montrée fonctionne bien mieux en board qu'une fois passée par les petits crayons de Mignola. Sur les autres Mignola respectant le découpage, ça fonctionne pas mal du tout en effet.

Un de ces 4 je mettrais la main sur cet # ;)

Philippe Cordier a dit…

La 1ère page montrée ici Laurent? Bof, je la trouve proche, il a juste enlevé le fait que l'on voit l'écran en case 3, mais le rappel est évident avec le visage
J'avais raté ça sur buzz, mais faut dire que j'y vais assez peu, en tout cas je suis carrément ravi de comparer ces roughs/pages

Lionel Garcia a dit…

Mignola sur Cable! A l'époque où je l'ai découvert dans une VI SEMIC, il me semble, j'ai cru rêver. Découvrir et voir le story board de Liefeld aussi bien respecté par Mignola est vraiment étonnant.

Je pense que Liefeld, malgré tous les défauts que l'on peut trouver à son dessin, a apporté un enthousiasme. Et si son dessin est plus que limité, le gars à quand même embauché Alan Moore.

Malgré la réputation de Bob Harras, je garde un excellent souvenir de ses Vengeurs avec Epting et Palmer. Y compris sa collaboration avec Jae Lee sur Namor.

Philippe Cordier a dit…

Mouais, moi je ne suivais quasi pas Epting mais Palmer le faisait tellement ressembler à Buscema que ça m'allait quand même, mais aucun souvenir des scénar
Joe Lee sur namor mériterait, là encore une entrée tant il était impressionnant de voir la copie de Sienkiewicz mixée de mini copies de Mignola justement, le jeune Lee s'abreuvait bien

Laurent Sieurac a dit…

Phil, sur la page 1, case deux tu as un fauteuil qui parle alors que dans le board ça passe bien mieux et le côté frontal systématique du Sam de Mignola plombe le peu de dynamisme qu'aurait pu avoir cette page de dialogue ;)


Philippe Cordier a dit…

Ok, il aurait du faire dépasser une mèche grise de cheveux, du fauteuil :)
Mignola a toujours préféré les compo statiques cela dit

Laurent Lefeuvre a dit…

C'est un Sam sur écran, Laurent.
Comme lorsqu'on regarde un présentateur de JT : de face, même si on regarde la télé de côté.

Mais Liefeld n'a pas réfléchi à ça, Mignola si.

Logique que Sam soit vu de face, et pas de 3/, comme un étrange champs/contrechamps, comme si Cable et lui faisaient un Skype.

Pas besoin non plus de dessiner Cable dans TOUS les plans : on sait bien que c'est lui dans le fauteuil.

Moi je trouve la version de Mignola, bien fois plus limpide : Avec pourtant de fins changements pa rapport au rough, il nous montre que Cable réfléchit face à une image, qu'il est circonspect, comme un flic devant la photo d'un suspect.

Dans la version Liefeld (pas si nulle, pourtant), on ne le comprendrais pas.

Raconter, c'est se poser les bonnes questions, et organiser les effets, le style, autour de ça.

Chez Liefeld, c'est l'inverse : Plier le sens (quand il y en a, et il prouve ici que oui) au style.

Ça ne marche pas toujours.

Laurent Sieurac a dit…

Bah on n'est pas d'accord alors sur cette planche ;)

Laurent Lefeuvre a dit…

Oui.
C'est ça qui est bien en BD : on n'est pas dans les maths, avec un seul bon résultat.

Philippe Cordier a dit…

mince, je voulais voir un duel amical plus long entre Lolos :)

Franck Jammes a dit…

Ce qu'a apporté Liefield aux comics ?
- le sourire à 64 dents en contre-jour,
- les poitrines féminines sur taille de guêpe défiant les lois de la physique,
- les petites sacoches sur les ceintures,
- les tirages de tronches de six pieds de long,
- les gros flingues à canons rectangulaires,
- les starlettes du comic books à gros melon et
- les éditions chromium silver golden cover holographiques dans leur sac plastoc hermétique qui s’auto-dévaluent en cas de décapsulage...
Bref, tout ce qui fait le charme des comics grim and gritty des 90's.