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lundi 11 juillet 2016

Frank vs Andy

A l'occasion d'un épisode de Dark Knight III, Azzarello (sur une idée de Miller?) s'est amusé à permettre à Andy Kubert de faire des clins d'oeil à l'oeuvre originale
Même le coloriste a tenté de "faire du Lynn Varley" 
Le fait d'avoir le même encreur, Klaus Janson évidemment, sur les 2 livres, est un clin d'oeil supplémentaire bien sur
Sur celle ci, pour moi DKR l'emporte haut la main, du fait de sa puissance statique que je retrouve moins avec ce char en mouvement de DK III. Puissance un peu atténuée également par les inserts de cases
 
 Le choix d'Andy Kubert, sur celle ci, de centrer le personnage et de jouer sur la verticalité, est intéressant mais là encore je trouve les inserts moins judicieux, surtout celui de l'oeil de Batman, trop centré et qui attire trop...l'oeil
 
Un bel hommage, mais qui reste cela... un hommage. En dessous de l'original donc, forcément
Pour finir, puisqu'il est l’élément commun à l'ensemble, voici le n et b de la couv variant made in Janson

13 commentaires:

Laurent Lefeuvre a dit…

Bigre.
Ce DK3 semble de plus en plus le constat que le feu sacré est derrière nous.

Reprendre les mêmes (Miller/Janson) pour adouber les nouveaux (Azzarello/Kubert) est une chose. Une sorte de parrainage bienveillant pour passer le relais, et (quelque part) aider ces nouveaux joueurs à "tuer le père".

Cette association peut être intéressante, et permettre à une nouvelle génération (même si Andy Kubert et Miller ont quasiment le même âge) de trouver leur propre vision de Batman "post-Dark-Knight".

En clair, je demandais à voir.

D'ailleurs, cette configuration me fait penser ce matin à une autre, tout à fait similaire, mais dans un tout autre domaine (Phil va hurler !) :

Hier soir, Didier Deschamps, ancien capitaine de l'Équipe de France, a emmené une toute nouvelle génération aux portes de la gloire, 18 ans après la Coupe du Monde 1998. Des "jeunôts" qui étaient à peine ados, à l'époque du match France-Brésil, et à qui on laisse aujourd'hui la place, et le flambeau, pour rentrer dans l'histoire. Parcours impeccable, de nouvelles têtes, de nouveaux styles, et des joueurs qui explosent match après match.

Dans un sens, on leur demandait moins de "réinventer" le jeu (car le but est après tout toujours le même : Marquer) que de réitérer un exploit.

Pourtant, alors que les comics sont censés être quelque chose un miminum artistique (des histoires, des auteurs, du dessin), on a l'impression de devoir se passionner pour un (mauvais) relookage de logo.

Puisqu'il semble acquis que Azzarello et Kubert n'ont pas grand chose à dire de neuf (en ont-ils la latitude ?), on convoque à la barre les bons vieux codes de DK3, jusqu'à l'auto-citation.

Ça a commencé par des citations thématiques : Vieux Batman "bad-ass", affrontement avec Superman dans un modernité sociale toujours plus implacable , avec jeux sur les médias, etc. Les ingrédients qu'on a aimés découvrir dans DKR en 1986, quoi.

Les "pages-hommages" que tu montres, sont pour moi un signe plus inquiétant pour mes espoirs : Cette absence de propos, ou de vision nouvelle, témoigne d'une incapacité à projeter une réelle vision propre, et contraint (constat d'échec) à solliciter des "effets DKR". Après les variant cover, où tout le gratin de la profession est venu rééditer un moment de gloire du premier cycle, c'est désormais les auteurs du nouveau cycle qui semblent complètement prisonnier de la légende.

Comme si Zidane était monté sur le terrain hier soir, pour reprendre les choses en main.

"Don't be a second rate Frazetta, be a first rate yourself", disait Burne Hogarth à ses élèves, transis d'admiration pour le maître.

Il me semble qu'il vaut mieux échouer en étant soi-même... que tenter un coup de force en se déguisant.



Lionel Garcia a dit…

Entièrement d'accord avec Laurent. Un exercice particulièrement creux qui démontre l'absence de fond. Finalement, je ne suis même pas sur d'acheter l'intégrale qu'Urban finira par sortir.

En quatrième de couverture du tome 1 du DKR, chez Zenda, on peut lire la question suivante: les légendes peuvent elles mourir? A défaut de mourir, leurs éclats peuvent s'en trouver largement ternit. Espérons, que le travail de John Romita Jr redonne un peu de lustre à tout ça.

Philippe Cordier a dit…

Si ce blog devient un forum de foot je le ferme :-) (non mais en + je suis d'accord avec Laurent même sur ce point, c'est dire!!)
DKIII fait très consanguin en effet maaaaais il y a de jolies choses, et je ne parle pas que des dessins.
Je pense qu'il faut le lire en un seul volume (en 2024 donc) et qu'il y a un apport malgré tout. A voir
Quant à Romita jr, j'ai été très agréablement surpris par The Last Crusade lu ce WE. Au lieu de faire une préquel gratuite, ce que certains continueront à penser qu'est ce livre, Miller choppe un point évoqué dans DKR brièvement, la mort de Jason, et décide de mettre un coup de projo rétroactif dessus. Certes un poil anecdotique vous verrez, si vous ne l'avez pas lu, que le scénar est malin, il montre sans montrer. Très malin j'insiste
La narration de Jr est excellente, ses dessins très bons, et pas mal de pages avec colo directe des crayonnés rendent plutôt bien (même si un n et b en niveau de gris eut été de bien meilleur goût)

Lionel Garcia a dit…

Miller aurait donc plus contribué à cette histoire que sur DKIII? Vivement l'édition d'Urban.

Philippe Cordier a dit…

Yes sir

Philippe Cordier a dit…

Et si j'ai bien lu entre les lignes le plot est principalement, voire intégralement, de Miller et Azzarello serait aux dialogues. Ce qui est certain est que, enfin, JRjr a bossé Marvel way.

Lionel Garcia a dit…

Ce qui doit expliquer les magnifiques planches sur lesquelles nous avons échangé. Il est quand même regrettable que les éditeurs de DC ne se rendent pas compte de l'indéniable qualité du travail de Romita Jr quand on le laisse travailler "seul".

Laurent Lefeuvre a dit…

... Et de l'immense champs de possibilités que donne la méthode Marvel, pour peu qu'on aie des story-tellers comme John Romita et Klaus Janson.

S'il a fallu passer par Superman pour que DC change enfin son fusil d'épaule, j'ai plus que jamais hâte de voir le Batman par Snyder et JRjr.

Philippe Cordier a dit…

j'ai bien peur que d'épaule le fusil n'ait point changé, la méthode DC reste celle des script détaillés, et des scénaristes rois
Il me semble, même si je n'ai pas tous les éléments, que JRjr a bénéficié d'un cafouillage éditorial et d'un gros merdier sur Last Crusade, emberlificoté dans les retards de DK III, les plans d'encrage, changés, par Sienkiewicz puis Miller...Et au final il s'est retrouvé avec un plot de Miller de quelques pages, qu'il a entièrement découpé seul en 57 pages
Les cols blanc de Dc verront ils à quel point c 'est là qu'il fait son meilleur travail? je doute. Je pense, par exemple, que Snyder lui fourni actuellement des scénar détaillés. Je suis persuadé que s'il veut pousser les meubles, John en a la possibilité, mais ce n'est pas la même chose que de découper lui même

Lionel Garcia a dit…

A défaut des éditeurs, les scénaristes pourraient avoir conscience que cette méthode de travail ne peut que valoriser leurs écrits quand elle est appliquée par Romita Jr. Non?

Philippe Cordier a dit…

Déjà je pense que la nouvelle génération de dessinateurs et de scénaristes n'a quasi connu que cette méthode DC et donc ne cherche pas forcément à en changer, et puis sinon tu as raison, je suis toujours étonné de lire qqun comme Snyder dire qu'il est RAVI de bosser avec John jr, mais sans forcément lui donner trop de liberté. Maintenant je sais qu'ils sympathisent et donc le duo va se former et s'organiser
Le plus "drôle" était le tout jeune scénariste de Superman (Yang)qui était halluciné de bosser avec une légende qu'il lisait enfant, et qui lui a fourni (heureusement peu de temps) des scénar ultra découpé
Misère

Lionel Garcia a dit…

N'y a t'il pas dans ce rejet de la méthode Lee, parfois, des problèmes d'égo?

Philippe Cordier a dit…

Historiquement non. Stan Lee a créé ça de façon empirique, essentiellement (voire exclusivement) pour gagner du temps, alors que DC était plus "corporate" de longue date et souhaitait garder une main mise éditoriale qui passait par un contrôle des scripts
Maintenant cela n’empêche pas nombre de scénaristes "vedettes" actels de sa la péter et de considérer en effet qu'il ne faut pas toucher à leurs brillants scripts