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lundi 9 mars 2015

Akin et Garvey

 Peu de chances que le nom de cette entrée ne parle aux moins de 30 ans, même si lecteurs de comics.
 Ian Akin et Brian Garvey ont sévi dans les années 80 puis ont disparu du paysage comics (pour bosser essentiellement dans l'animation) Depuis quelques années ils ont recrée un studio, à en croire leur site, ici,  mais j'avoue ne pas les avoir croisé aux hasards de pages de comics.
Il s'agit d'un duo d'encreurs. Ils ont œuvré aussi séparément, mais peu et ne furent connus qu'en duo.
Soyons clairs ils n'ont pas bonne presse. Sans aller jusqu'aux critiques assassines qui ont concerné Vince Coletta ils furent souvent méprisés car synonymes de produit final aseptisé et vite réalisé. Ce qui a joué contre eux est le fait que celui avec qui ils ont le plus travaillé, Sal Buscema, n'a jamais caché qu'il n'aimait pas leur encrage
Je ne veux pas forcément les réhabiliter, mais en tout cas relativiser cette réputation
Ils sont essentiellement connus pour leur très long travail sur Rom avec donc Sal Buscema
La nostalgie aidant cette boite de conserve issue d'un jouet tire aujourd'hui des larmes de bonheur à bien des quadra lecteurs de Strange. J'avoue pour ma part que cette série me déplaisait au plus haut point et continue aujourd'hui à me laisser, au mieux, indifférent
Mais ce genre de page ne me parait pas spécialement mal encrée
 Ici ont retrouve Sal Buscema, clairement, seulement avec une finition légèrement empattée, un peu comme le plus ordinaire des encreurs Philippins sur le Conan du frère Buscema (le pied en dernière page par contre, argh)
 Sur cette splash ont est loin de certains bâclages de Coletta, même si les textures commencent à nous apparaitre assez vite relativement identiques. Ils étaient forts sur les cheveux (comme Coletta d'ailleurs) mais tout pouvait facilement se transformer...en cheveux
 Je me souviens de cette page et je la trouve très réussie en terme de finition
 Sur Iron Man ils n'ont pas du tout abimé celui qui était mon favori à l'époque, Mark Bright. Je les trouvais même supérieurs à Bob Layton pour ce qui n'était pas métallique
 J'ai également un souvenir plutôt pas désagréable de leur encrage sur Luke Mcdonnell
 Un tout petit côté Joe Sinnott sur Ron Wilson
 Bon ok là le Butch/ Jackson Guice faut le reconnaitre mais le dessinateur était jeune et l'encrage plutôt agréable
Leonardi était également très jeune sur ce qui fut repris chez Lug en RCM mais je pense que le duo A et G ne contribuait pas à le faire briller, ou en tout cas atténuait la moindre originalité que pouvait/devait déjà avoir le grand Rick
 Que dire de ces dessins de ...Adam Kubert!? Mais il est évident qu'il était très très jeune sur Warlord et que ce dessin sans personnalité ne peut pas venir que des encreurs
 Un boulot venant de Continuity, la boite de Neal Adams/ Dick Giordano. Ce visage de droite dessiné par Adams est TRES bien encré par le duo, dans un respect total du trait du dessinateur (et je ne pense pas qu'ils soient responsables de la drôle de perspective sur les "dents du fond")
Reverront nous Akin et Garvey sur du comics mainstream? Peu probable mais...à surveiller, un verre de Rom à la main

13 commentaires:

Laurent Lefeuvre a dit…

C'est fou : J'ai exactement le même ressenti que toi sur ROM : A l'époque bénie des premiers Alpha Flight, et encore DD par Miller/janson, si je n'avais eu peur d'abîmer l'intégrité de mes Strange, j'aurais à l'époque volontiers amputé ma collec, de tous les épisodes de Rom au cutter... SAUF : ceux encrés par Akin et Garvey !

Merci pour cette réhabilitation méritée.

Philippe Cordier a dit…

je sentais que cette entrée te parlerait

Rom fut vraiment pour Moi,l’intrus de Strange, mais les encreurs ne sont pas responsables

Cromosome a dit…

Bravo pour cette petite entrée sur ces 2 noms du comics indissociable de mes années Strange. Pour moi, je les ai d'abord honni sur Iron Man dans Nova pour toute une série d'épisodes plus nuls les uns que les autres (tony alcolo, Rodey reprend l'armure et se bat contre des vilains de 8ème zone style une espèce d'homme taupe/foreur...beuarkkk ! Puis, j'ai compris que leur boulot pouvait être bien , notamment sur ROM. Il faut dire qu'il n'ont pas eu trop de chance de briller quand on vous donne à encrer du Luke Mac Donnell ou Sal "la photocopieuse" Buscema (élu plus mauvais dessinateur de comics par les fans de Scarce dans les 90'). Pour moi, ROM est une série atypique, c'est à dire pas spécialement typée "super héros classique" comme il en existait parfois dans Titans (Dazzler, Machine Man, Puissance 4), Spidey ou même Nova (Spider Woman : NDLR : mes exemples ne sont pas très bien choisis mais vous voyez ce que je veux dire ! J'aurais plutôt du citer des séries Aredit telles 2001, Devil Dinosaur, Killraven...). Bien sûr, ces séries n'étaient pas mes préférées à l'époque et réveillaient surtout mon intérêt quand un "vrai" super héros croisait leur route (Hulk pour Dazzler, Les super héros soviétiques pour ROM). Pourtant, lorsque je repense avec une bienveillante nostalgie à mes BDs des 80', c'est bien l'image de Sal Buscema qui revient à moi avec ses histoires maladroites notamment dans Arédit (Hulk, les Défenseurs, Captain America...) et son image récurrente du coup de poing et du méchant qui vole vers le lecteur les 4 fers en l'air). Encore une fois, Phil a bien raison dans son excellent article de dire qu'Akin & Garvey ne parleront pas au moins de 3à ans car...c'est aujourd'hui que je fête mes 40 ans ! Long live the super-heroes, and special kisses to Fox Boy ;)

Laurent Lefeuvre a dit…

Alors bon anniversaire, "Mister Mountain" ! De moi, et de c epetit von de Fox-Boy qui traîne sur de nouvelles planches de mon bureau (comprenne qui voudra ;) )

Je rejoins ce que tu écris, jusqu'à Hulk sur Dazzler. Du coup, j'en relativise mon rejet pour ses héros locaux, comme des "élus locaux" face aux "grosses pointures politiques". Rom entre l'infini de l'espace, et une petite bourgade étasunienne...

Je vais finir par refeuilleter tout ça !

Philippe Cordier a dit…

ah mais oui Bon anniversaire à toi

la nostalgie pourrait aussi me faire relativiser certains "rejets" comme Puissance 4 qui ne m'emballait pas et que je reconnais aujourd'hui comme une série fraiche, fun et bien faite, mais pour Rom décidément non, je n'en garde qu'un souvenir de rejet. A relire?
Sal Buscema c'est un autre débat et à l'occasion je m'y collerai aussi sur ce blog mais en très gros il a beaucoup souffert, dans mon jugement d'ado d'alors, de la comparaison avec son frère, et du coup il me paraissait "has been" même quand j'étais jeune (Thor en VI Semic Argh, quel choc après le magistral Simonson) Mais avec le recul il y a vraiment quelque chose

Cromosome 40 a dit…

Merci, merci ! Big John a souvent été comparé à un "artisan" du comics, par opposition à un artiste (BWS, par exemple). Aujourd'hui Big John a atteint l'Olympe des dessinateurs, au sens propre, comme au figuré (RIP). Du coup, c'est Sal qui se retrouve élevé de rang de tacheron à celui d'honorable "artisan" : les angles de vue sont toujours un peu les mêmes, c'est fait proprement, rapidement, à la chaîne. Bref, ca fait un peu parfois penser à du fast food (cf les épisodes de Spiderman dans Nova) mais, mais...il est indéniable que Sal a une patte à lui, que l'on reconnaît au premier coup d'oeil, quelque soit l'encreur (même Sienkwicz, sur Pidey justement) : n'est ce pas là l'apanage des Grands, finalement ?

Philippe Cordier a dit…

je suis d'accord avec tout
Même si je regrette qu'il n'ait ps été souvent encré par des gars qui le boostaient, comem Sienkiewicz, Janson, Von Valjenburg...mais ca me donnera un prétexte pour une future entrée

RDB a dit…

J'aimai beaucoup "Rom" et les encreurs Akin & Garvey - ces deux-noms avaient quelque chose d'étrange, un peu comme les Bogdanof à la télé. J'étais bien conscient que, niveau design, ce n'était pas le top du top, mais la série avait un mélange de bizarrerie (avec ce héros, les spectres noirs) et d'énergie qui me séduisait.
Pour dire à quel point j'étais mordu, c'est qu'avec mon meilleur ami, nous avions écrit un synopsis des "nouvelles aventures de Rom" (je demande l'indulgence du jury : nous étions jeunes et convaincus de devenir des stars des comics, "Rom" serait notre passeport pour la gloire).
Mais il n'empêche, j'aimai bien le rendu de leur encrage sur le dessin de Sal Buscema. J'ai été très surpris en apprenant bien plus tard que le dessinateur détestait ces collaborateurs.

Sal Buscema m'a toujours amusé : évidemment, il n'avait pas la classe de son génial frangin, un artiste tellement imposant (plus jeune, là aussi, je ne comprenais même pas qu'on puisse trouver Kirby meilleur que Big John. Aujourd'hui, je suis plus nuancé évidemment).
Mais j'ai toujours trouvé au style de Sal un dynamisme incroyable, avec des tas de tics, de facilités, mais une vrai tonus. Je vais peut-être faire un rapprochement inattendu, mais quand j'ai découvert Immonen (avec "Nextwave"), il me faisait penser à son héritier, avec plus de folie, de technique. Encore aujourd'hui, sur des plans de "All-New Cap", je retrouve chez Immonen des trucs "à la Sal Buscema" (des personnages avec des expressions outrancières, bouches ouvertes, yeux écarquillés, des coups portés avec une force exagérée - en fait, ce sont des "trucs" hérités de Kirby, qui ont contaminé un tas d'artistes). Ce qui distingue Stuart de Sal, c'est qu'il a trouvé avec Von Grawbadger un partenaire à sa mesure, il n'y a pas de malentendu possible, on voit qu'ils sont sur la même fréquence. Et puis Immonen possède une palette bien plus étendue que Sal Buscema (l'expressivité de ses personnages, la variété de ses découpages, son aisance à passer d'un style à un autre, etc).

Après, qu'aurait donné du Sal Buscema avec un vrai grand encreur ? Peut-être y aurait-il gagné en finesse, en nuances ? Mais je trouve que c'est aussi le charme de certains dessinateurs d'être moyens mais réguliers, on savoure leurs dessins pour ça : ce n'est jamais génial, mais c'est le plus souvent efficace, avec cet aspect "oldie but goldie" qui ravit les vieux lecteurs comme nous.
A l'image de "Rom" en fait : je ne sais pas si ce serait bien de le revoir un jour dans une série car, là où on l'a laissé, il garde le charme de ces vieux machins improbables auxquels on est intimement attachés.

JP Nguyen a dit…

Un autre dessinateur encré par Akin et Garvey : Mike Docherty sur Savage Sword of Conan : pas mal du tout.

JP Nguyen a dit…

J'ai trop galéré à rentrer le message précédent because déplacement et bug smart phone, je rajouterai juste : vive ROM et rendons justice à Sal Buscema ainsi qu'à Akin et Garvey.

Philippe Cordier a dit…

merci pour la découvert JP, je ne connaissais pas ce Mike Docherty je vais jeter un oeil
RDB ta comparaison avec Immonen est un peu surprenante mais en fait je pense que les points communs est probablement la lisibilité et la simplicité (simplicité vraie pour Buscema, et fausse pour Immonen)

Anonyme a dit…

Bonjour. J'ai eu l'impression que vous faisiez de l'ironie sur les encreurs Akin & Garvey lorsque vous commentiez leur travail réalisé sur Rom, puis sur la mini-série "Vision et Sorcière Rouge", pourquoi choisir ces boulots de jeunesse si ce n'est parce qu'ils sont remarquables. Je dois dire que je les avais ensuite perdus de vue, et pour cause, ils se sont moulés dans l'immonde style "Image" qui a suscité la "bulle" fatale des comics dans les années 90. Je ne pouvais plus avoir le moindre doute lorsque vous avez comparé leur travail au "plus banal des encreurs philippins", ces derniers étant des maîtres inégalés, à commencer par Alcala, mais il y en avait d'autres qui n'étaient pas manchots non plus - leur travail se savoure dans le noir et blanc qui le met en valeur, en particulier dans les histoires d'épouvante des années 70.

Philippe Cordier a dit…

pas d'ironie dans cette entrée, sauf l'allusion à des textures de cheveux qui e retrouvent; Je fais même des compliments sur l'encrage de Rom et certes des critiques (mais sans ironie) de pas mal d'autres boulots
Quant au "plus ordinaire des encreurs philippins" ce dernier, quel qu'il soit, reste techniquement supérieur à bien des encreurs de l'époque (et des modernes)