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mercredi 15 février 2017

Les X-Men et les Micronautes...émoi émoi émoi

 J'ai un souvenir très très vague de ce RCM Lug, à part la très belle couv de Jean-Yves Mitton.
Déjà parce que c'est vieux et que je ne l'ai pas relu depuis l'époque, et puis parce que je n'étais pas fan de Butch/Jackson Guice ni, encore moins, des Micronautes
Mais je suis tombé sur le net sur des images qui m'ont...travaillé
Claremont et Mantlo titillaient TRES clairement la libido du jeune lecteur
 Le pire vient avec cette scène, pour laquelle on se demande comment le prude comics code de l'époque a pu laisser passer la chose, tant celui a qui pris la place de Xavier joue nettement avec l'ado de l'école, dans ce qui s’apparente à un viol "psychique"
 
 Même le vrai Xavier joue avec elle, soit disant à son cœur/corps défendant, mais quand même...
 Etrange, et quelque peu dérangeant. Je ne sais plus si Lug avaient édulcoré les scènes, mais je ne pense pas. Heureusement qu'il y avait ce bon vieux Colossus pour nous ramener de la bonne violence comme on l'aimait chez nos mutants

10 commentaires:

RDB a dit…

Ce bon vieux Charlie Xavier a toujours été assez ambigu avec ses jeunes élèves : déjà, il affichait une attirance assez évidente pour Jean Grey (objet de désir pour bien des X-Men, de Cyclops à Wolverine en passant par Angel jusqu'au Fauve). Quant à Kitty Pryde, c'était plus suggéré (peut-être que le professeur se retenait davantage à cause de Colossus), mais je me souviens effectivement de ce crossover X-Men/Micronautes (une lecture mémorable de mon adolescence) et, sans réussir à l'époque à pointer exactement d'où ça venait, j'avais ressenti l'ambiance spéciale de certaines scènes.

C'est assez drôle que tu proposes cette entrée aujourd'hui parce que, pas plus tard qu'hier, je relisais un article dans "Comic Box" au sujet des héroïnes de plus en plus nombreuses dans les comics Marvel : aujourd'hui Thor, Captain Marvel sont des femmes, il y a eu cette série "A-Force" qui est une version exclusivement féminine des Vengeurs (après l'équipe "X-Men" elle aussi 100 % féminine écrite par Brian Wood). La nouvelle série "Hawkeye" a pour vedette Kate Bishop. Etc.

Tout ça s'accompagne de nouveaux designs beaucoup moins sexys des héroïnes, parfois aussi avec plus de diversité ethnique (voir la nouvelle "Ms Marvel" d'origine pakistanaise). L'article de "CB" souligne bien que ce n'est pas si nouveau (déjà dans les 80's, un mouvement similaire s'était produit), par contre maintenant c'est plus installé (accepté ?), durable. Et du coup ça "désérotise" les relations entre hommes et femmes (et a fortiori entre mentors et élèves : Carol Danvers a transmis son pseudo de Ms Marvel à une jeune fille). Plus d'ambiguïté comme là avec Xavier et Kitty.

Philippe Cordier a dit…

C'est tout à fait ça pour moi aussi, je sentais une chose étrange à la lecture, sans pointer quoi précisément

Quant à ta remarque sur les héroïnes actuelles, je te crois sur paroles ne lisant quasi plus rien de nouveau (même si je vais acheter le 1er volume vf de Black Widow, Samnee oblige)

Marty a dit…

Ah ce bon vieux Claremont, le chantre des personnages de femmes fortes, des séquences oniriques cauchemardesques, des subplots à gogos, du soap opera à n'en plus finir, des pointes de fétichisme BDSM baignant dans les sous-entendus (Xavier qui se réveille chez les Morlocks dans une tenue digne du Cruising de Friedkin, ou encore le costume bien moulant de Rachel), et des possessions mentales avec tous les parallèles possibles et imaginables (le Chaos king qui contrôle le corps de Karma, et qui à force la rend obèse, ça aussi c'était bien dérangeant).
Et puis c'est aussi le style narratif verbeux, l'utilisation des joujoux des collègues (Power Pack, Loki, Longshot), cette façon de rebondir sur les oeuvres des autres médiums (Alien/Broods, Days of Future Past/Terminator, Chapeau melon et bottes de cuir/Club des damnés), le lien avec le réel et la parabole sociale sans chercher le réalisme à tout crin comme les auteurs actuels.
Il a également su innover avec par exemple la déconstruction progressive du genre (la passionnante période australienne, plus d'école, de moins en moins de costumes, plus de mentor pour incarner leur idéal, des pouvoirs qui déconnent, et à la fin du seuil du péril une équipe qui implose avec pertes et fracas), sans oublier la prise en compte des qualités propres des dessinateurs sur le plan du storytelling et des genres abordés (horreur, science-fiction, cadre intimiste pour le sublime Lifedeath de BWS).
Toute une époque...

Avec les années, il a conservé un quota sympathie inversement proportionnel à celui de son ancien compère canadien, à l'égo assez développé et au comportement de star caractérielle à l'époque où il était au firmament sur le plan graphique.
Malgré ses retours successifs globalement assez décevants sur les mutants, je lui serait éternellement reconnaissant pour son long run de 17 ans sur la franchise, avec ses hauts et ses bas.

Philippe Cordier a dit…

Chouette commentaire, que je partage en grande partie
Bémol : il ne prenait pas toujours en compte les qualités de storytelling des auteurs justement. Il avait parfois tendance à jouer les démiurges et à imposer sa vision (cf des scripts plus longs que le comics final). C'est ce que dit le râleur canadien qui peut être taxé de non objectivité, mais il me semble que Paul Smith l'évoquait à demi mot et Romita jr le confirme. Cela dit quand il était fan du dessinateur il se pliait à son style/apport (Cockrum) et quand en plus le dessinateur était un gars à l'ego démesuré et talentueux (et qu'il se foutait du script) il n'avait guère le choix Claremont, et c'est ainsi que son boulot avec BW Smith est intergalactiquement superbe

Marty a dit…

J'aime beaucoup ce qu'il a pu faire avec John Bolton sur les X-Men (je n'ai pas lu Marada), dont le style plus "classique" et élégant n'est pas sans me rappeler, un peu comme pour Charles Vess, une influence des grands dessinateurs de comics strip des années 40 (Hal Foster & co).

Philippe Cordier a dit…

total hermétisme de ma part, en tout cas au moins à l'époque, surtout sur Marada que je n'ai jamais réussi à lire
Sur les histoires old school des X-Men c'était nettement plus sympa à mes yeux malgré tout

RDB a dit…

@PHIL : jette-toi sur "Black Widow" de Waid + Samnee (lequel est désormais co-scénariste à part entière), c'est réellement jubilatoire, un concentré d'action, de rythme et avec une intrigue qui dévoile sa richesse progressivement (le premier arc s'achève au #12, qui sort le mois prochain - mais j'espère que la série va continuer après ça). Visuellement, Samnee est très impressionnant, on retrouve ses influences (Caniff, Toth, Mazz', toute cette école "less is more") mais il a encore franchi un palier (dans les compositions de plans, le découpage, les jeux d'ombres et de lumière). Et il est évident qu'il s'éclate en dessinant (divinement) la veuve noire.

Pour en revenir à Claremont, il est vrai que son style reste sujet à discussion. Je ne suis pas très objectif, je lui garde de l'affection car c'est avec lui que j'ai pris goût aux super-héros, la grande époque des "X-Men", bien avant Miller, Moore... Sa relation avec Byrne était compliquée (pour rester sobre), mais en même temps je crois que c'était aussi pour ça que leurs histoires étaient si efficaces, chacun donnait le meilleur pour dépasser l'autre.
A côté, tu as Alan Davis qui a loué ses qualités non seulement de narrateur mais aussi de "gentleman" (je me rappelle de ce terme utilisé dans une itw à "Comic Box" où le dessinateur n'était pas aussi flatteur pour tous ses partenaires, Moore compris). Qu'il soit revenu avec des fortunes diverses sur la franchise mutante après son âge d'or, évidemment (même si je n'ai pas tout lu, loin s'en faut), mais quand même, respect. Il fait partie des rares auteurs à avoir autant marqué une génération de lecteurs.

Philippe Cordier a dit…

Oui le duo/duel Claremont/ Byrne fut étincelant, en partie du fait de cet antagonisme je crois

Pour Samnee, j'ai raté la vf hier en magasin, mais je me rattraperai et j'ai quand même pris le gros pavé intégrale Hawkeye (hâte de l'attaquer)

Lionel Garcia a dit…

J'ai quasiment toujours été déçu des retours de Claremont sur la franchise X-men. Mais je me demande souvent si Claremont est le seul fautif de ces échecs répétés. Comme on l'a dit, son travail était le résultat d'un échange avec de grands artistes (Cockrum, Byrne, Smith,Davis, BSW...). Et on ne peut pas dire que ses dernières prestations l'on vu associer avec des talents d'un tel niveau. Je me répète surement, mais si sa reprise de Diablo s'était faite avec Alan Davis, peut être que la sérié existerait encore... A une époque, le travail des éditeurs consistaient à trouver des duos d'artistes capables de se compléter. Il me semble que ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui.

Pour en revenir sur le sujet du Professeur Xavier et de son attirance pour Jean Grey, je me souviens de ma première lecture de la série dans Spidey. J'avais été vraiment perturbé par cette attirance. Plus tard, j'ai regretté qu'une telle idée narrative ne soit pas réutilisée. Même si je l'ai retrouvée, dans l'Escadron Suprême avec le personnage de Power Princess.

Mais l'exemple le plus frappant de héros ayant des relations ambiguës avec des jeunes filles reste quand même Wolverine avec Jubile et Kitty Pryde... Je pense au numéro 75 de sa série par exemple.

Philippe Cordier a dit…

Marrant ça car autant mon jeune esprit (d'alors) était étonné, dérangé par des attitudes du prof comme vues ici, autant j'ai toujours vu Logan comme seulement paternaliste/protecteur