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mercredi 25 avril 2018

Interim de DD

  Mauvaise manip de programmation, vous aurez donc deux entrées en un seul jour, tant pis pour vous


William Johnson fait partie des ces auteurs dont j'ignore à peu près tout de la carrière, si ce n'est qu'il fut des gars, au sort peu enviable, qui eurent à assurer la partie graphique de Daredevil après le départ de Frank Miller/Klaus Janson (mais avant son retour sur Born Again avec Mazzucchelli)
J'ai un agréable souvenir de lecture des histoires, en vf, de O'Neil, et des dessin, majoritairement encrés par Danny Bulanadi
Sauf cette page issue d'un épisode encrée par un débutant qui ne se croyait pas bon au dessin et qui en fait n’était pas bien bon en tant qu'encreur : Mike Mignola
Ce sont les flèches de sens de lecture qui m'interpellent. J'ai toujours trouvé ce procédé idiot, ou bien signe d'un mauvais narrateur. Pour le coup Shooter, qui gérait alors Marvel d'une poigne de fer, ne jurait justement que par la narration, et je comprends sa position, car la logique voudrait qu'après la case 1 puis la 2, on descende sur la case du dessous avant d'aller sur celle de droite. Il a donc bien fait de "préciser"
 3 flèches pour celle ci! Le doute vient essentiellement d'une case 1 plus longue que les 2 et 3 à côté, + la compo avec le corps en bas de la case 1 qui attire le regard vers la case du dessous
 Ces épisodes de Johnson, je les suivais dans Strange, comme celui ci
 la couv originale de Carl Potts
 J'aimais assez que le dessinateur nous fasse ressentir le poids des perso, même si son DD était un peu trop musculeux par moments
 et j'ai un excellent souvenir de cette scène, avec DD qui évite une bombe sous le plancher, juste en entendant le cœur de la Veuve Noire, bâillonnée, s'emballer
Denny O'Neil faisait de très bonnes, très solides histoires en fait

12 commentaires:

Franck Jammes a dit…

Denny O'Niel était un bon éditor mais ses scénarios n'étaient pas très bons : il avait souvent de très bonnes idées mais le traitement laissait à désirer - question de rythme, de dialogues aussi, souvent caricaturaux - et certaines idées par contre étaient parfois carrément ridicules ! Ses runs sur Iron Man et Daredevil m'ont paru interminables<; La manie de Lug de tronçonner les épisode n'a certainement pas aidé.

Philippe Cordier a dit…

marrant car si je ne les ai jamais relues, les souvenirs que j'ai de ses histoires, dans Strange, sont tous très bons
J'aimais assez être bousculés par les déBOIREs de Tony Stark
et les DD me plaisaient,tous, surtout quand il a bossé avec Mazzucchelli
Est-ce le prisme de la nostalgie? pas sur car il a évidemment été servi par le dessin génial de Mazzucchelli mais quand même, des histoires du niveau de Fog sont à mettre aussi à son crédit de scénariste

Lionel Garcia a dit…

Concernant les épisodes de Johnson, je ne conserve que le vague souvenir d'une histoire avec une femme japonaise portant un tatouage (?) sur le visage. Mettre des flèches pour expliquer le sens de lecture traduit pour moi un échec du dessinateur.

Je ne connaissais pas le travail de Johnson avant DD et il ne me semble plus avoir revu son nom par la suite.

Comme pour toi Phil, je garde un excellent souvenir du travail de Denny O'Neil sur Iron Man et son association avec Mazzucchelli. Idem pour ses Batman avec Kelly Jones et son duo avec Neal Adams. Je crois me souvenir qu'Alan Davis, dans un entretien, traitait O'Neil d'incompétent ou de con.

Philippe Cordier a dit…

les flêches symbolisent soit un raté du dessinateur (partiel dans mes exemples) soit un editeur/editor qui prend le lecteur pour un con (ce que j'ai déjà vu sur du franco belge)
Pour Batman et Kelley Jones ne confondrais tu pas avec Doug Moench? Et que Davis ne l'aime pas (O'neil) est possible mais surprenant car je ne crois pas qu'ils aient jamais bossé ensemble!

Franck Jammes a dit…

C'est peut-être à cause de ce jugement qu'ils n'ont jamais bossé ensemble.

En matière de flèches, John Buscema y a eu recours sur une planche de Silver Surfer#3, lorsque Mephisto tente le surfeur avec de jolies danseuses...

Philippe Cordier a dit…

jamais lu
oops

bon cela dit en général c'est la prod qui l’ajoute, à la demande des chefs, je ne pense pas qu'un dessinateur se dise "mince je ne suis pas clair je vais mettre des flèches)

RDB a dit…

O'Neil sur "DD" avait une idée que j'ai toujours trouvé audacieuse, tellement qu'elle n'a jamais été reprise (à ma connaissance) ensuite : il en parlait dans une itw de l'époque, reproduite dans "Strange" il me semble, et disait que DD n'avait pas de "sens radar" (en tout cas, lui n'y croyait pas et ne voulait pas s'en servir à l'image). S'il se mouvait aussi bien dans New York, c'est parce qu'en quelque sorte il ne faisait qu'un avec la ville, une sorte d'osmose. Bref, c'était Jack Hawksmoor de The Authority" avec des années d'avance !

Dans un n° récent de "Spirou", Pascal Jousselin, le génial créateur d' "Imbattable", explique que les origines des pouvoirs des super-héros le font toujours sourire. Il comprend qu'il s'agit d'une convention mais est-elle nécessaire, faut-il vraiment tout expliquer des pouvoirs des héros ? N'est-ce pas une limite que de vouloir justifier "scientifiquement" les pouvoirs ?
Lui préfère, même si le contexte est différent et le traitement aussi, ne pas évoquer la provenance des pouvoirs de son héros, tout il refuse de le montrer en civil (mais là, c'est pour souligner l'absurdité de certaines situations).
Cela dit, le "sens radar" a inspiré des dessinateurs des astuces graphiques superbes. Mais l'idée de O'Neil m'a toujours laissé un fort souvenir.

En ce qui concerne les flèches, il s'agit évidemment d'une maladresse de dessinateur. Mais je pense aussi qu'il faut la situer historiquement. Jusqu'à une époque récente, on réclamait (editors et lecteurs) d'un artiste qu'il fournisse des pages remplies, les cases devaient remplir la page, et même déborder des marges. Cela oblige donc à statuer sur la dimension et la disposition des cases, à partir de scripts qui (suivant la "marvel's way") ne devaient pas tous comporter un découpage précis. Le dessinateur était livré à lui-même (Carl Potts en a causé dans "Comic Box" quand il racontait comment il a pré-découpé des planches pour Jim Lee par ex).
Parfois, on a une idée globale de la page où tout s'imbrique pas mal, d'autres fois c'est juste une succession de plans plus ou moins bien agencés et il faut bien alors guider l'oeil du lecteur pour lui indiquer l'itinéraire à suivre. C'est maladroit mais un peu d'indulgence aussi.
Et donc, aujourd'hui, on voit des artistes jouer avec des espaces dans la page qu'ils laissent volontairement blancs, sans finir la bande horizontalement ou verticalement, afin de produire un effet visuel (insister sur une case précise, la distribution des plans, la composition de la planches entière qui devient un dessin en soi). Aja a utilisé ce procédé dans "Hawkeye" par ex, et on ne peut pas dire qu'il arnaque le lecteur en ne remplissant pas tous les blancs de la page (simplement il compose son découpage en jouant avec des vides). Sean Phillips enchaîne aussi des pages où le dessin et le texte en voix-off sont distinctement placés (l'image d'un côté, le texte à côté sur fond blanc : c'est presque plus de l'illustration que de l'art séquentiel, mais surtout ça colle avec l'écriture de Brubaker).

Philippe Cordier a dit…

Oui cette histoire d'osmose avec la ville m'évoque un vague souvenir en effet
Concernant la "non définition" des origines des pouvoirs (j'ai lu ce texte de Jousselin, dont je concède ne pas être fan du travail mais c'est un autre débat) et je pense que ça dépend clairement des perso : si rien n'avait été dit sur les origines d'un Spidey, ou DD ou autre grand, ca passerait pour de la négligence; par contre décider qu'un perso apparu plus tard, comme Wolverine, doit garder une part de mystère/non dit, je suis bien d'accord
Quant aux flêches et à l'approche d'une page et de sa compo, au final un bon narrateur reste un bon narrateur. Il joue avec des codes communs comme la lecture de gauche à droite...et s'il faut des flêche c'est qu'il a raté son boulot. Point. Eisner faisait des pages blindées d'infos, sans un seul bord de cases droits et jamais l'oeil ne se trompait de direction
Si tu mets une infos importante, visuellement, en bas d'une case, amenant ainsi le regard vers la case du dessous alors que tu sais qu'il faut que le lecteur aille à droite, tu as merdé (cela dit je tiens aussi compte du rythme et une erreur de ce type, légère, sur un mensuel n'a pas la même importance que sur un bouquin sur lequel le dessinateur a passé 1 an)

Lionel Garcia a dit…

Tu as raison Phil, j'ai confondu avec Doug Moench.

Sauf erreur de mémoire, les propos de Davis sont parus dans un numéro de Black Out. O'Neil a été l'editor de Davis sur ses numéros de Batman and the Outsiders.

Pour la perception d'O'Neil concernant le sens radar de DD, c'était dans Strange 200 : "... le mot radar est employé à tort. Le radar émet des ondes sonores qui, réfléchies par les objets, permettent de les localiser. Or, DD est en osmose avec la ville, il la sent comme à travers une transe et il peut ainsi se situer par rapport à son environnement..."

Philippe Cordier a dit…

ca se tient alors car O'Neil devait être assez dirigiste en tant qu'editor, et Davis une forte tête
Je me souviens, du coup, plus en détail de ce texte de O'Neil avec,de mémoire en illue une page du Mazz sur DD, sans cases, avec un flingue géant,le sens radar...Tout me revient car ce Strange 200 je l'ai vénéré

Lionel Garcia a dit…

Exactement! Un magnifique épisode que nous avons déjà évoqué. Je viens de relire ce Strange 200 (l'occasion fait le larron). Byrne sur Alpha Flight, De Falco et Frenz sur Amazing Spiderman, DD et la Veuve Noire par Mazz et un entretien de... John Romita Jr. Une lisibilité parfaite pour tous les épisodes. Un régal!

Philippe Cordier a dit…

et la couv de Mitton, et les What if, et...et...
Pas besoin de le refeuilleter il est en mémoire (pas pour rien qu'il est en gros sur mon "papier peint de blog"